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France : enquête après le fiasco de la flamme

10 avril 2008, 00:00

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Après des incidents sur le passage chaotique de la flamme olympique à Paris, où elle a s?est momentanément éteinte, des enquêtes administratives ont été ouvertes, tandis que l?opposition dénonçait le rôle accordé aux autorités chinoises dans la gestion du cortège.

«Que la Chine régente la police, c?est un peu inquiétant, c?est inquiétant pour notre démocratie. C?est d?autant plus inquiétant quand on anticipe sur ce qui va se passer en Chine lors des Jeux olympiques», a déclaré sur France 2 Aurélie Filipetti, porte-parole du groupe PS à l?Assemblée.

Le chef de l?Etat français a de son côté estimé que les déboires de la flamme renforçaient la pertinence de sa position. «C?est un spectacle un peu triste pour chacun et ça ne rend que plus nécessaire ce que j?ai demandé en écrivant au président chinois (NdlR : Hu Jintao ) en demandant la reprise du dialogue entre la Chine et le Tibet pour trouver une solution politique», a-t-il déclaré.

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a pour sa part estimé lors d?un point de presse que les incidents «compliquaient la tâche» de Nicolas Sarkozy. «Mais honnêtement, c?est pas ça le problème. Le problème, c?est pourquoi n?y a-t-il pas de dialogue entre le Dalaï-lama et les autorites chinoises ? Est-ce impossible ?», a-t-il dit.

Les 20 manifestants pro-Tibet interpellés lundi ont tous été remis en liberté. Dix-neuf ne sont pas poursuivis, «aucune infraction ne pouvant leur être reprochée», dit-on au parquet. Le dernier, qui aurait reconnu des faits de violence légères sur un policier et portait un petit couteau, est convoqué le 8 juillet pour une procédure de «plaider-coupable», où le parquet lui proposera une peine transactionnelle.

L?Inspection générale des services (IGS, la «police des polices») a par ailleurs auditionné un cameraman de France 2 molesté par des CRS, comme le montre ses propres images, a annoncé le syndicat SNJ de la chaîne, qui souhaite que la direction porte plainte.

Transporté à l?hôpital Pompidou, le cameraman en est sorti dans la soirée de lundi, indique le SNJ. D?autres manifestants pro-Tibet qui tentaient de s?en prendre au cortège ont aussi été molestés. Des images de Reuters télévision montrent un homme le visage en sang, sur les quais de Seine, aux mains des policiers.

Les journalistes ayant par ailleurs pu constater que les policiers français arrachaient des mains des manifestants les drapeaux tibétains, la ministre de l?Intérieur Michèle Alliot-Marie a diligenté une autre enquête. «Il n?y a eu aucune consigne en ce sens. J?ai demandé qu?il y ait une enquête administrative interne pour savoir dans quelles conditions et pourquoi ? parce qu?il peut y avoir des raisons que j?ignore - des drapeaux ont été arrachés comme on l?a vu sur certains images», a-t-elle déclaré.

L?opposition socialiste et écologiste s?est déclarée surprise de voir que les officiels chinois présents sur le cortège de la flamme étaient intervenus à plusieurs reprises, pour ordonner la suppression de l?arrêt à l?Hôtel de ville, pour éteindre la flamme dans les mains du judoka David Douillet ou interrompre le relais et terminer le parcours en autocar. L?ancien champion olympique de judo s?est déclaré sur plusieurs médias indigné de l?intervention qu?il juge offensante et déplacée.

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