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?Fossé entre déclarations et actions?

4 juillet 2007, 00:00

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● <B>Le positif : </B>

En tant que mouvement de réflexion politique et citoyenne non-alignée, ORAF félicite le ministre des Finances pour l?ensemble des valeurs(avec quelques exceptions flagrantes) qu?il a énoncées dans son budget et dans l?ensemble, nous le soutenons. Tout le monde était conscient que le ministre des Finances n?avait pas une grande marge de man?uvre, visant un taux de croissance encore plus fort pour assurer le plein emploi d?ici l?échéance électorale de 2010 et réduire l?inflation galopante, le tout dans un contexte d?une gouvernance équitable et moderne du pays. Pourtant, les 23 mesures sociales énoncées ne représentent en fait que Rs 400 millions, alors que la ?Corporate Tax? représente quelque Rs 4 milliards. Nous sommes intéressés par la mise en pratique de la philosophie de ce budget de ?démocratisation de l?économie?. M. Sithanen a laissé entendre qu?il est un ?technocrate et pas un ministre des Finances comme les autres?, et de rappeler à la population qu?il n?est pas là uniquement ?pour faire leker content. I will go by my word.? Le Premier ministre vient préciser à l?Assemblée que ?démocratiser ce n?est pas déposséder?, ce qui est une excellente déclaration ! Toutefois, il nous faut préciser à notre tour que ?déposséder? n?est pas un choix disponible, étant à la fois anticonstitutionnel et injuste et qui, s?il est appliqué, conduirait le pays droit dans le clan des régimes hors la loi. Où est une politique sociale de logements et où sont donc les fonds dans ce budget pour l?acquisition de 3x2000 arpents pour ces besoins sociaux ?

● <B>Recrutement incontrôlé

ORAF souscrit à l?effort des gouvernements de contrôler les dépenses publiques, par exemple la mise sur pied des ?Audits Committees in ten Ministries?, mesure que le ministre des Finances déclare a commencé à porter ses fruits. Nous trouvons bonne l?idée du grand argentier : ?To assist ministries to take ownership of their projects and to appoint on a contract basis, a project manager for each one of the large project.?

Nous souhaitons que cela mette un terme au recrutement incontrôlé d?un nombre trop important de ?Advisers/Personal Counsellors? dont la compétence de certains reste à prouver et qui pèse lourd dans le budget de l?Etat. L?initiative du ministère des Finances de collaborer avec le ministère des Infrastructures publiques et l?Audit Monitoring Committee en vue de développer un ?Capital Budget Process Manuel? est en soi fort louable. Le ministère des Finances a touché ici au c?ur même du problème : le gaspillage dans le secteur public que dénonce chaque année le directeur de l?Audit dans son rapport annuel. ORAF est sur la même longueur d?onde que le ministre ithanen : Nous constatons trop souvent jusqu?ici que certains projets d?infrastructures gouvernementales prennent du retard et coûtent finalement plus cher à la trésorerie publique en termes d?intérêts, alors que l?Etat prévoit pour l?exercice financier 2007-2008 des dépenses dépassant les Rs 12 milliards uniquement pour les infrastructures publiques.

Reste la question de ?recurrent expenditure? en termes des heures supplémentaires, l?utilisation abusive du téléphone par les fonctionnaires qui fait grossir les charges, etc. C?est bien que le ministre des Finances veuille mettre de l?ordre en vue de rationaliser la méthode de travail dans la fonction publique. A l?item 119 M. Sithanen (comme presque tous les ministres des Finances avant lui!) parle de revoir les méthodes de travail et ?élimination of overlapping and duplication? et pour cela, il envisage de mettre dans le coup le personnel et les stakeholders. Pourtant les exemples vivant de ?overlapping and duplication? ne manquent pas.

Aux items No.131 à 136 M. Sithanen évoque l?idée de ?uphauling the Parastatal sector?. ?We will also re-engineer our parastatal sector to improve performance and reduce contingent liabilities.? Nous savons que ces organismes parapublics sont au nombre de quelque 150 et pèsent lourd en termes de produit intérieur brut (PIB). Le ministre Sithanen a raison de vouloir rendre ceux qui sont des ?canards boiteux? plus performants à l?avenir : ?We must align the management of our parastatal with our policy to eliminate waste in Government, to focus on output and outcomes rather than on inputs, and bring them in line with the new exigencies of our economy and society.? Ici le ministre a énuméré six façons pour atteindre l?objectif visé par le gouvernement : la mise sur pied de ?key performance indicators? où seules comptent l?efficience et l?efficacité ; libéralisation du monopole d?Etat pour encourager la compétition ; possibilité de ?outsource some activities in particular to small and medium enterprises?; soutien gouvernemental en vue de rationaliser leurs activités par le biais de fusions ; et enfin revoir le fonctionnement de ces organismes parapublics sans que l?Etat intervienne en cas de fermeture pour non-viabilité. Reste à voir l?usage qui sera fait des données recueillies sous la forme de ces indicateurs! Toutes ces mesures sonnent joli à l?oreille. Reste la question : ?Who will bell the cat?? Le gouvernement s?est empêtré dans ses contradictions de création de sinécures pour ses partisans en raison des lobbies. Il y a nécessité d?établir des paramètres équitableset transparents.

● <B>Incompétence</B>

Il ne faut pas oublier que des organismes parapublics servent le plus souvent à caser les proches du pouvoir. Ils sont souvent des ?colleurs d?affiche? et des personnes qui, à la dernière minute, n?ont pas eu de ticket pour être candidats à la députation et à qui on a promis un job sans tenir compte de leur compétence et qualification. Néanmoins on reconnaît à ce gouvernement d?avoir tenu ferme, malgré les pressions de l?opinion publique et des syndicats, en ordonnant la fermeture de la DWC qui n?était plus performante? L?Etat contribue annuellement Rs 20 milliards aux organismes parapublics, par le biais des allocations et autres subventions.

Le consultant en ressources humaines, Dan Bundhoo, a diagnostiqué le mal dont souffrent certains de nos corps parapublics : incompétence à leur tête et gaspillage de ressources humaines. Dans le budget 2007-2008 le ministre des Finances a fait une dotation de Rs 25 millions uniquement pour le paiement des honoraires des présidents et membres des conseils d?Administration de ces corps para étatiques. Il s?agit des salaires payés aux fonctionnaires et nominés qui y siègent. Selon M. Bundhoo, que l?hebdomadaire a interrogé, il est inconcevable qu?un petit pays comme Maurice ait quelque 150 institutions parapubliques. Cela représente une perte énorme en termes de ressources humaines et financières, Il estime que 30% de ces organismes n?ont pas leur raison d?être. Pire, des 70% restants, une majorité demande à être fusionnée en raison de leur duplicité de tâche et ce, afin d?apporter une synergie et les rendre plus efficaces. M. Bundhoo a cité l?exemple de l?Industrial and Vocational Training Board (IVTB) qui au départ agissait comme facilitateur, régulateur et prestataire. Aujourd?hui elle n?a que le rôle de prestataire, celui du régulateur est assumé par la Mauritius Qualifications Authority (MQA) et celui de facilitateur par le Human Resources Development Council (HRDC).

● <B> Le négatif : </B>

Reste d?autres points noirs, comme le NRPT, mieux que la première ébauche de 2006-07, mais néanmoins pas encore au point comme devrait être toute taxe- juste envers tous et payable selon la valeur des biens. Et payé par non pas seulement 15 000 contribuables(au lieu de 30 000 comme prévu dans le précédant budget), mais par l?ensemble des 325 000 propriétaires terriens, chacun selon ses revenues et la valeur de son terrain. Cela aurait été un vrai exemple de démocratisation ! Et la Campement Site Tax qui, dans une certaine mesure, émule ce chef d?Etat dont les mesures ont ruiné l?économie de son pays, là ou l?inflation est de 4500%, là ou les prix sont ajustés à la hausse 2 fois par jours, là ou les sportifs achètent et consomment des boissons avant les matchs car ces boissons risquent de coûter plus cher après, là ou le ?rule of law?a été remplacé par le ?rule of Mugabe?. Personne a Maurice n?a intérêt a y penser comme méthode de ?democratisation de l?économie?, une insulte a ce concept. Mais quid des cas Desbro et Cateau Vert, qui font fi de toutes les déclarations et d?invitations a tous d?investir et de développer ? Quid des lourdes augmentations de prix pendant ces 2 dernières années, prix parfois échappant au contrôle de la petite Ile Maurice mais aussi comme ceux du fer de construction, résultats directs d?actions irréfléchies (ou trop bien réfléchies !) de ce gouvernement. Ce qui ne rassure pas dans la déclaration du Premier ministre sur le sens de démocratisation de l?économie, c?est bien le fossé qui s?est souvent creusé entre ses bonnes ou même très bonnes déclarations dans le passé ET les actions prises subséquemment, dans la réalité.

<B>Old Royals and Friends (ORAF) </B>

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