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Footballeuses et sans complexes

19 juin 2005, 00:00

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«Qu?est-ce que les femmes peuvent bien comprendre au foot ? » Ce commentaire et d?autres « délicatesses » du même genre ont fusé quand on a parlé d?écrire un article sur des footballeuses. Et pourtant, cela fait des années qu?elles jouent. De plus, il existe à Maurice plusieurs équipes féminines. Certaines ont été formées depuis longtemps, et, n?en déplaisent aux machos, ces dames se débrouillent très bien sur le terrain.

Chantal Maleco, qui participe à un festival de football féminin aujourd?hui à La Gaulette, nous a donné rendez-vous sur le terrain cette semaine. Elle est venue, accompagnée de ses s?urs, ses nièces et une amie, toutes des mordues du ballon rond. Pas des suiveuses qui accompagnent leurs pères ou leurs frères sur les gradins, mais de vraies joueuses. Ce jour-là, au moment de la rencontre, elles avaient fière allure dans leurs maillots jaunes, leurs stockings verts et leurs chaussures à la main. (Pas question de marcher avec et d?avoir de l?eau jusqu?aux genoux).

Cela fait dix ans que l?équipe de foot de Coteau-Raffin a vu le jour. Chantal a été la première sollicitée, mais elle n?a pas pu en faire partie. « Mo mari pas ti dakor. Mo ti pe zis get bann la zoue leker fer mal. Apre enn zour de kamarad ine al get mo mari ek inn konvink li. Linn dire moi o. k me kan to lipie kasse dire bann la ki zot pou bizin vinn fer to louvraz », raconte la jeune femme.

Aujourd?hui, elle est en quelque sorte la meneuse et a entraîné avec elle toute sa famille. Entre son boulot de cleaner, ses séances d?entraînement trois fois par semaine et les corvées à la maison, Chantal ne compte pas pour autant s?arrêter de courir après le ballon.

Des sportives qui aiment tout ce qui est physique

Sa s?ur, Dorine Olivier, troquerait, quant à elle, n?importe quelle fête contre un match de foot. Pourtant rien ne la prédestinait à ce sport. Il y a juste eu ce jour où une joueuse manquait à l?appel et où on lui a proposé de la remplacer. La fièvre du ballon l?a alors gagnée.

« Pa nek zis tape enn boul, football, ou bizin konn reye, sarie ou boul, dezoue ou ladverser. » Cette mère de quatre enfants n?a pas de complexes. Elle le dit haut et fort à qui veut entendre que son rêve c?est : « Mett boukou goal dan mo lavi. Gaigne tit meyer biter. »

Marjorie Philogène et Shirly Chichot sont les plus jeunes. On sent qu?avec elles, le football est un loisir, mais aussi une attitude. Ce sont des sportives qui aiment tout ce qui est physique. Elles ont du mal à tenir en place et n?aiment pas trop les cancans. Elles aiment le foot et c?est tout. « Nou finn trouv sa serie, nounn anvi zoue nou isi. »

Pour Manuella Carpenen, ça a été la croix et la bannière. Elle aussi a dû livrer combat avant de jouer. Elle a affronté ses parents qui profitaient du moindre bobo pour lui dire : « Trouvé, ti dire toi. » Mais la jeune femme est déterminée parce que le foot est « top net ». Et aujourd?hui, elle est bien décidée à gagner. « Nou ale pou gaigne. kouma nou antrener dir, nou bizin met lespri pou gaigne. »

La compétition d?aujourd?hui organisée avec le National Youth Council Mauri-tius a pour but d?encourager le sport chez les habitants de Rivière-Noire mais aussi d?apporter un peu de loisir dans ce coin de l?île.

Gageons que l?équipe de Coteau-Raffin jouera jusqu?au bout. Il faut dire que l?interview et la séance de photos ont duré au maximum 45 minutes, on a en quelque sorte eu droit à une mi-temps seulement. Et puis, entre une joueuse occupée à ses lacets, une autre qui s?amuse à faire valser le ballon dans sa main, et une troisième qui fait des petits galops sur place, les mots ont souvent cédé la place à l?action.

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