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Fonds et réformes
Rien n?est gratuit pour les bailleurs de fonds, qui sont adeptes de la politique du donnant donnant. Et ils n?hésitent pas à le faire savoir. Mais la réception des consignes nordiques, contrairement aux enveloppes d?aide, ne fait jamais sourire les dirigeants locaux. Qui s?empressent alors de rappeler leur indépendance politique, même si sur le plan économique, les liens sont toujours aussi puissants.
A Maurice, c?est avec grand peine que la réforme sucrière a été entreprise. Entre Port-Louis et Bruxelles, au plus fort de la tension, le langage diplomatique, plutôt sucré en temps normal, avait été mis de coté. Mais finalement, en raison des impératifs commerciaux, la situation a connu une embellie. Et la «coopération» a été rétablie avec l?Europe, qui, par ailleurs, sentait poindre le danger asiatique. Car la Chine et l?Inde n?arrivent plus à cacher leur désir d?investir l?Afrique et l?océan Indien, auparavant chasses gardées des Européens.
Dans la Grande île, l?Union européenne insiste de plus en plus pour que la réforme électorale passe de la parole politicienne aux actes concrets. Elle rappelle que pas moins d?un quart de son enveloppe d?aide doit normalement aller a l?item «bonne gouvernance», dont fait partie la réforme électorale promise par Ravalomanana .
En filigrane, au souhait diplomatique est brandie l?hypothèse d?un gel des fonds, qui doivent être décaissés. Madagascar, qui tisse des liens avec les Etats-Unis et les géants asiatiques va-t-elle trouver le moment «opportun» pour réformer son système électoral ? Attendons voir?
Dans la région toujours, quelques jours après les élus de la Guadeloupe et ceux de la Martinique, c?est au tour de nos voisins réunionnais ? qui ont, une fois n?est pas coutume, décidé d?ignorer leurs divergences politiques internes ? de dire non au projet de loi-programme pour l?Outre-mer. Ce qui a contraint l?équipe de François Fillon, le Premier ministre français, de geler ses propositions.
Si Paris espère engranger, grâce à cette future loi-programme, environ 100 millions d?euros de crédits supplémentaires par an, les voix de l?Outre-mer font valoir des arguments autres que financiers. «L?intervention d?une nouvelle loi-programme modifiant des dispositions existantes n?a de sens que si elle se traduit par des améliorations et qu?elle s?inscrit dans le cadre d?une approche globale», rappelle Paul Vergès, le président régional de La Réunion, qui a su faire abstraction des orientations idéologiques pour faire entendre la position réunionnaise.
«Les responsabilités d?un homme d?Etat ne s?achèvent pas avec ses mandats publics». C?est par ces mots que Jacques Chirac a entamé son allocution lors du lancement de sa fondation a Paris. Sauf que les responsabilités de ces hommes varient souvent en fonction de leur positionnement sur la mappemonde... A chacun sa réforme.
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