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Folklorique
On refait le monde. Le dos collé à un mur, cherchant l?ombre, rare à la place Edward VII à midi. Les orateurs chauffés à blanc conjurent des images de 1982. Avec autant de souvenirs, on étouffe très vite dans ce coin de coaltar. Malgré la sueur, on tient bon sous les drapeaux.
Mères de famille avec sur les bras des enfants, petites vieilles qui ont pris la précaution de porter une chaise pliable. Les moins prévoyantes squattent un coin de trottoir. Une tente bien garnie à côté d?elles. La journée finira à Albion pour certaines. On se pousse, on joue des coudes, on écrase des orteils. On se taquine. Plus loin on critique l?organisation. Celle de régionale qui devait coordonner leurs arrangements. Récriminations oubliées au moment du climax. L?orateur principal enchaîne sur le lâcher de ballons. Sa voix assurée impose un silence étonnant. Les partisans avachis retrouvent leur vigueur. Ponctuant le discours du leader de ?vre mem sa?. Pendant ce temps, les marchands ambulants font de bonnes affaires. Glaçon râpé, pistaches, glaces multicolores. Ils font partie du folklore. Partout des mandibules travaillent. Il faut de l?énergie pour ?lev pavyon?. Pour s?indigner du sort des ?pauvres travailleurs?. De son propre sort. Du ressort pour accueillir les ?nouveaux aux cheveux blancs?, rire des sous-entendus à peine voilés dès que la question de sodomie est abordée. Sentir un pincement quand Vishnu Lutchmeenaraidoo tire sur la corde de l?émotion. De l?énergie pour suivre l?exemple de Vijay Makhan quand, à la fin, il se déchaîne sur une ravanne.
Après du Cassiya à tue-tête, place à l?indispensable ?Soldat lalit militant?. Cette chanson n?a pas pris une ride. C?est la fête des travailleurs. On a allégrement délaissé le sien. Pour le meeting, pour l?ambiance. Pour aller à la plage après. Chacun sa priorité.
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