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Flou sur le sort de Cunningham

21 août 2008, 00:00

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Journée pour le moins angoissante pour l?ancien directeur des douanes, Bert Cunningham, hier, la police lui ayant clairement fait comprendre qu?elle le soupçonnait de diffamation criminelle. Un délit qu?il aurait commis à l?encontre du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP). Après un interrogatoire qui a duré presque trois heures au bureau du Central Criminal Investigation Department (CCID) au quartier-général de la police aux Casernes centrales, Bert Cunningham a toutefois été autorisé à rentrer chez lui. Mais ce n?est pas la fin du suspense pour Cunningham.

Car de leur côté, les enquêteurs ont étudié le contenu de la déposition de l?ancien directeur des douanes hier soir. Ils doivent également rencontrer le commissaire de police, Dhun Iswar Ramparsad, ce matin. Ce n?est qu?à partir de là qu?ils décideront si une accusation provisoire devra être logée contre Cunningham.

Et si les enquêteurs estiment qu?il existe suffisamment de preuves pour que ce dernier soit inculpé sous l?article 280 du code pénal, une accusation provisoire devrait être retenue contre lui. Il sera ainsi présenté devant le tribunal de Port-Louis et la police, tout en n?objectant pas à ce qu?il soit libéré sous caution, demandera qu?il ne puisse quitter le pays jusqu?à la fin de l?enquête.

Les propos jugés diffamatoires dont il est question dans cette affaire auraient été tenus par Bert Cunningham dans un entretien accordé à l?express dans l?édition du 18 août. C?est le DPP Gérard Angoh qui a demandé au CP d?ouvrir une enquête sur cette affaire qu?il considère relever de la diffamation. Selon le DPP, Bert Cunningham aurait fait des allégations de corruption contre des officiers de ce bureau dans une affaire d?importation de whisky.

C?est vers 10 heures hier que des policiers des Casernes centrales ont informé Bert Cunningham que sa présence était nécessaire au bureau du CCID pour les besoins de l?enquête sur cette affaire. Selon les informations de l?express, l?ancien directeur des douanes aurait fait comprendre à un officier de police qu?il ne pourrait le faire le jour-même, ayant d?autres engagements. L?officier de police aurait insisté, sans résultat. Un peu plus tard, Bert Cunningham aurait été injoignable.

Sous-facturation

C?est ainsi qu?à 11 heures, le numéro un du CCID, l?assistant commissaire de police Clifford Parsad, accompagné de son adjoint, Suthchidanund Lollbeeharry se rendent au bureau du CP pour un briefing. Des instructions leur sont données : si Bert Cunningham ne vient pas, il faudra aller à sa rencontre. Vers 13 heures, six officiers du CCID débarquent au domicile de Cunningham à Grand-Baie.

C?est sur le coup de 14 heures que ce dernier arrive au bureau du CCID. Durant presque trois heures, il a été confronté à l?entretien accordé à l?express. Bert Cunningham a alors confirmé avoir fait état de fraude sur l?importation de 7 000 caisses de whisky. Il affirme toutefois n?avoir jamais critiqué le bureau du DPP dans cette affaire.

Il est 16 h 50 lorsque Bert Cunningham sort, en compagnie de son homme de loi, Me Hervé Duval Jr. Le visage fatigué, il est pressé de questions par des journalistes, mais il ne répond pas. Avant de s?engouffrer dans sa voiture, il laissera toutefois échapper : «The intimidation is still there.»

En début de soirée hier, l?express a sollicité une autre réaction de l?ancien directeur des douanes. Ce dernier a déclaré : «I don?t think that I should say anything more. I am just so sick. I have been crucified here by agents of the state and this because I have done a good job.»

Répondant aux allégations de Naimduth Bissessur, assistant directeur du département recherche et planning à la MRA (voir ci-contre) selon lesquelles sa famille et lui auraient voyagé aux frais d?une compagnie étrangère pour se rendre en Chine, Bert Cunningham lâchera simplement : «False». Il niera de la même façon être intervenu dans le cas d?une compagnie qui aurait fait de la sous-facturation pour l?importation des passeports en disant : «Absolutely nonsense.»

L?enquête initiée dans cette affaire depuis lundi a débuté avec l?interrogatoire du chef inspecteur Seeballuck qui s?occupait, à l?époque, de ce dossier d?importation frauduleuse de whisky à la Police Fiscal Unit. L?Acting Parliamentary Counsel, Iqbal Maghooa, et le Principal State Law Officer, Girisha Tupsy, qui suivaient cette affaire ont aussi donné des explications.

Tôt mardi, une équipe d?enquêteurs du CCID est venue à l?express pour interroger l?auteur de l?article, le journaliste Bernard Saminaden. Il leur a déclaré «qu?à aucun moment l?article en question ne cite des propos de Bert Cunningham mettant en cause directement le DPP. Il a seulement impliqué des officiers dans l?entourage du DPP».

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