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Florence Aubenas raconte son éprouvante captivité
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Florence Aubenas raconte son éprouvante captivité
Libérée samedi après 157 jours de captivité en Irak, Florence Aubenas a raconté, lors d’une conférence de presse à Paris, ses cinq mois de détention aux mains de “moudjahidine” aux obscures motivations. La voix cassée d’avoir recommencé à parler après cinq mois de silence quasi absolu, la journaliste de 44 ans a dit avoir survécu dans un cachot “de quatre mètres de long, deux mètres de large et un mètre cinquante de haut”. Dans un récit à l’humour parfois caustique, elle a pudiquement raconté avoir été “malade un jour sur deux”, “battue” par intimidation, “punie” pour avoir trop remué sur son matelas où elle est restée allongée les yeux bandés par 50°C, vêtue d’un survêtement marqué du mot “Titanic”.
“C’était assez encadré comme stage”, a lancé l’ex-otage avec malice, racontant aussi comment, au moment de partir, elle a eu du mal à “laisser un cadeau” à ses ravisseurs, comme Hussein Hanoun, son guide irakien capturé avec elle, le lui suggérait. “80 dollars (ce qu’elle avait dans son sac à main qu’on venait de lui rendre), ça fait cher, l’hôtellerie ne valait pas ça !” Dans ce cachot sans lumière, où elle gardait les yeux bandés, Florence Aubenas a beaucoup “compté”. Elle a eu droit a une douche par mois, “24 pas par jour pour aller aux toilettes”, “80 mots” échangés avec ses geôliers, deux repas quotidien – un sandwich et un oeuf le matin, une assiette de riz le midi. Elle a perdu 12 kg.
à la question de savoir si elle retournerait un jour en Irak, Florence Aubenas a dit qu’elle ne pouvait répondre à cette question pour l’instant mais que son amour pour ce pays était intact. “Je l’ai aimé avant, je l’aime après”, a-t-elle dit à une journaliste irakienne lui présentant ses excuses et exprimant le voeu que Florence Aubenas retourne “un jour, inch Allah, à Bagdad”.
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