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First City Bank : remise à flot et conséquences?
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First City Bank : remise à flot et conséquences?
Une initiative aussi bonne soit-elle peut avoir des conséquences fâcheuses. La défense des intérêts des uns peut desservir ceux des autres. Une série de développements récents dans l?industrie du textile-habillement le démontre.
Plusieurs entreprises de ce secteur ont effectivement subi les contrecoups d?un processus d?assainissement financier au niveau de la First City Bank (FCB). Sous la pression de la Banque de Maurice, la FCB a effectivement commencé à déployer les grands moyens pour récupérer l?argent qu?elle a prêté à de mauvais payeurs.
Résultat de l?opération : Southern Textiles a été contrainte de mettre la clé sous le paillasson et Bentley Apparel et Bourgeon Garments ont été placées sous administration judiciaire. La liste risque de s?allonger.
Les employés des entreprises concernées ont été ou risquent d?être les victimes collatérales de la détermination de la FCB à mettre de l?ordre dans ses comptes. Le patron de Southern Textiles, Mukesh Gopal, accuse la FCB de ne pas avoir joué le jeu et d?être responsable de la fermeture de son entreprise. Du côté de Bentley Apparel, on laisse entendre que l?entreprise allait être rentable cette année.
A la décharge de la FCB et de la Banque centrale, on peut néanmoins avancer que les entreprises concernées étaient déjà en difficulté et ne pouvaient dégager suffisamment de revenus pour honorer les dettes accumulées. Au niveau de la Banque de Maurice, on soutient qu?il y a des clients de la FCB qui ont beaucoup trop emprunté. Et la FCB s?est aussi rendue coupable en continuant à prêter à des clients qui ne remboursaient pas.
Chiffres contestés
A la FCB, on rétorque que dans certains cas elle a hérité d?ardoises datant du temps de l?ex-Delphis Bank. Dans le cadre de sa supervision des opérations des banques commerciales, le régulateur attache une grande importance au montant des prêts non performants. L?accumulation de prêts non remboursés peut effectivement couler une banque comme on l?a vu dans le passé.
Une des responsabilités de la Banque de Maurice est de veiller à la solidité et à l?intégrité du système financier. Elle doit aussi veiller aux intérêts des déposants. Le régulateur doit donc agir pour éviter qu?une banque ne se retrouve en difficulté. La Banque de Maurice s?est inquiétée du niveau atteint par les non-performing loans à la FCB. A un certain moment, le régulateur, estimant que ces prêts non performants s?élevaient à Rs 630 millions, avait exigé que les actionnaires de la FCB injectent des capitaux frais pour rétablir l?équilibre financier de la banque.
La FCB a contesté ces chiffres et un auditeur indépendant a été nommé pour une nouvelle évaluation qui a depuis été agréée par les deux parties. La récupération des créances douteuses est, pour la FCB, un exercice crucial. Si elle arrive à recouvrer suffisamment de dettes impayées, ses actionnaires pourraient éviter d?avoir à puiser dans leurs poches pour renflouer la banque.
La FCB a pu récupérer une partie de l?argent et le montant des prêts non performants a diminué. Mais si cela ne suffit pas, les actionnaires auront à injecter des capitaux frais, commente un responsable du dossier. Autrement dit, plus elle récupère d?argent moins les actionnaires auront à en mettre sur la table.
C?est en juin prochain qu?on sera en mesure de dire si les actionnaires auront à mettre de l?argent ou pas, indique un membre de la direction de la FCB. La banque explique qu?un recovery committee a été institué depuis un an et demi environ pour récupérer les prêts non remboursés. Ce comité est présidé par Seleindra Gokool, directeur general de la State Investement Corporation, qui est un des plus importants actionnaires de la banque. Ce comité épluche les comptes des clients mauvais payeurs et décide de la marche à suivre. A la FCB, on déclare que tous les moyens sont étudiés pour aider les clients à rembourser leurs emprunts. En échange de garanties supplémentaires, la dette, ou une partie de la dette, peut être restructurée et rééchelonnée. Néanmoins, si rien ne marche, la FCB prend alors des actions légales, et si la situation l?exige, place directement la compagnie concernée sous administration judiciaire. Le processus d?étude des dossiers et de consultations avec les clients concernés arrive dans sa phase finale, d?où les actions décisives de ces dernières semaines contre certaines entreprises.
?Nous sommes désolés pour les conséquences de notre action mais nous ne pouvons accepter que les revenus de la banque restent bloqués chez les mauvais payeurs. Nous croyons dans la solidité de la FCB et nous devons donc prendre des actions solides?, déclare un responsable.
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