Publicité

Fin de cycle à Highbury

17 juillet 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?Vieira, oh-oh-oh !?</B>

Toutes les bonnes choses ont une fin, mais l?épilogue est toujours très douloureux. Les supporters d?Arsenal sont toujours inconsolables ce matin, trois jours après avoir appris le départ de leur indestructible capitaine Patrick Vieira à la Juventus de Turin.

Après neuf ans d?une liaison passionnée et de batailles épiques en Premier League, le grand Pat s?est lassé du train train du football anglais et des luttes interminables pour la première ou la seconde place du championnat. Neuf ans c?est long. Les adieux n?en seront que plus déchirants.

Les fondations de l?Arsenal Football Club sont ébranlées, la perte est immense, sportivement et affectivement. Les fans des Gunners sont meurtris dans leur chair. Les puissants hymnes d?Highbury vont changer de refrain : adieu les « Vieira ! oh-oh-oh, Vieira ! oh-oh-oh? », sur l?air de Volare. Sauf pour lui rendre hommage, de temps en temps, lorsque la nostalgie gagnera les coeurs.

Outre l?impact et l?aura de « Paddy » chez les Gunners, le capitaine des Bleus a beaucoup contribué au développement du football anglais, encore assez primitif quand Eric Cantona l?a découvert, beaucoup plus continental aujourd?hui avec l?arrivée massive des stars et des managers étrangers. Avec Canto, Henry ou Zola, Vieira peut se targuer d?avoir tiré la Premier League vers le haut au bon moment.

Palmarès en béton

C?est certainement le plus grand joueur qu?Arsenal perd depuis l?emblématique Tony Adams, garant du « famous Back four » de George Graham. Vieira est avant tout une grosse perte sur le terrain. Ses coups de gueule et son autorité dans les vestiaires étaient indiscutables.

C?est un joueur qui avait la gagne dans le sang, qui suait corps et âme pour ses couleurs et collectionnait aussi les avertissements et les cartons rouges tant il avait l?Arsenal FC chevillé au corps et défendait son maillot avec ferveur. Parfois à la limite du régulier?

Vieira, c?était un collectionneur de trophées, le symbole de la génération dorée de l?équipe de France, qui a gagné la Coupe du monde 1998 et l?Euro 2000. Le pendant d?Arsène Wenger sur le terrain, son plus fidèle relais et aussi la base sur lequel le coach alsacien a construit ses succès. Résultat ? Trois championnats et quatre FA Cups ! C?est énorme sachant que Manchester United ne laissait que des miettes à ses rivaux au cours de la dernière décennie, alors que Liverpool n?a plus remporté le championnat depuis 15 ans? Le palmarès de Vieira : c?est du béton !

Arsenal en danger

À Arsenal, ça sent la fin de cycle à plein nez. Le mythe Patrick Vieira est terminé. La page la plus glorieuse de l?histoire du club se tourne, un an après l?ahurissante saison qui vit les Gunners s?adjuger le championnat en développant un jeu extrêmement séduisant (qui a fait baver d?envie les techniciens de toute la planète) et en ne perdant pas un seul match. Un record qui restera dans les annales et auquel monsieur Vieira a grandement contribué avec ses coéquipiers.

Mais Vieira risque de ne pas partir tout seul puisque Robert Pirès est également fortement pressenti hors des murs d?Highbury. L?ancien messin souhaiterait prolonger son contrat de deux saisons, mais Arsène Wenger ne lui en propose qu?une. Galatasaray tiendrait la corde. Un choix surprenant (s?il venait à se confirmer) pour un joueur de ce calibre?

Le départ de Vieira, conjugué à celui de Pirès, serait un peu la fin de la mode frenchy à Highbury et laisserait très malheureux un certain Thierry Henry, même si ce dernier adore son club, s?éclate à Londres et a dit qu?il resterait bien à vie chez les Gunners. C?est forcément lui qui héritera du brassard de capitaine.

Mais pour l?heure, la succession est ouverte. Aucun des joueurs actuels de l?entre-jeu du club londonien n?a le niveau, l?étoffe et l?expérience de Patrick Vieira. Wenger va-t-il casser sa tirelire pour lui trouver un remplaçant ? Certainement, vu qu?il dispose désormais des 20 millions d?euros du transfert de son protégé vers la Juve.

Il se murmure que le Lyonnais Mamadou Diarra (originaire du Mali) pourrait arriver, mais deux remplaçants potentiels sont déjà rayés de la liste : Mickael Essien (vers Chelsea) et Mohamed Sissoko (qui a signé à Liverpool).

Pas très rassurant mais, au fond, le timing de ce transfert est bon, puisqu?il ne restait que deux ans de contrat à Vieira et qu?il a déjà 29 ans. Si Arsenal avait cédé quelques années plus tôt au Real Madrid, il s?en serait sans doute mordu les doigts.

Faisons donc confiance à maître Wenger pour colmater les brèches du navire rouge et blanc, assurer la transition avec des jeunes prometteurs et repartir vers de nouvelles aventures, non sans avoir essuyé une petite larme à l?oeil?

Publicité