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Fillon ferait de l?ombre à Sarkozy

21 janvier 2008, 00:00

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La cote de popularité de Nicolas Sarkozy chute de cinq points en janvier à 47 % dans le baromètre mensuel Ifop-JDD. Le chef de l?Etat passe pour la première fois dans le rouge depuis son élection, 52 % des personnes interrogées se déclarant mécontentes à son endroit.

Phénomène exceptionnel sous la Ve République, le président est désormais moins populaire que son chef de gouvernement, François Fillon, gagnant un point à 50 % de ce baromètre.

C?est la troisième enquête en quelques jours à faire état d?un net désenchantement des électeurs vis-à-vis du net vainqueur du scrutin de mai, après un sondage BVA (baisse de six points à 48 %) et une enquête Ipsos (baisse de six points à 49 %)

Les directeurs des instituts de sondage ont expliqué qu?à leurs yeux, le locataire de l?Élysée payait son omniprésence, les polémiques sur la publicité donnée à sa vie privée et les vacances de luxe financées en partie par le milliardaire Vincent Bolloré, ainsi que des résultats critiqués sur le pouvoir d?achat, thème-clef de sa campagne victorieuse.

«Bling-bling mieux que plan-plan»</B>

Le baromètre Ifop-JDD montre une chute plus marquée chez les électeurs âgés, l?électorat traditionnel de l?UMP, comme les commerçants, artisans et chefs d?entreprises (dix points perdus en un mois) et professions libérales (neuf points perdus) et chez les sympathisants FN (neuf points perdus).

Le « trou d?air » est d?autant plus sérieux qu?une nouvelle journée de grève de la fonction publique se profile jeudi et que le chef de l?Etat a annoncé lundi dernier qu?il s?engagerait sans ambiguïté dans la campagne des élections municipales de mars, dont il fait donc un premier test personnel.

Compte tenu d?un contexte économique difficile, ce scrutin pourrait s?avérer difficile pour la majorité, d?autant que la gauche a mieux résisté dans les grandes villes lors des législatives de juin. Des sondages donnent la gauche victorieuse à Paris et Lyon.

L?entourage du président a confirmé à la fin de l?année dernière qu?un remaniement ministériel était envisagé avant ou après les municipales, avec de nouvelles recrues pour « l?ouverture » à gauche voulue par Nicolas Sarkozy. Sa baisse dans les sondages pourrait compliquer le recrutement.

Le secrétaire général de l?UMP Patrick Devedjian, proche ami du président, a expliqué que ce dernier n?entendait pas changer son mode d?exercice du pouvoir mais au contraire de le renforcer. « Ca va l?inciter à être plus actif encore. Je pense que cette situation est provisoire et qu?avec son engagement dans les municipales, le président regagnera du terrain », a-t-il confié au Journal du dimanche. «C?est mieux d?être un président bling-bling qu?un candidat plan-plan.»

L?opposition socialiste a commencé à s?engouffrer dans la brèche en appelant à un vote-sanction pour les municipales. C?est l?expression choisie par la rivale malheureuse de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal mais aussi, plus surprenant, par le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui a effectué un retour-surprise dans le débat politique français hier, en participant à la réunion du PS à la Mutualité. Le gouvernement a «de bonnes raisons d?être sanctionné par les Français. Dans le fonctionnement démocratique, c?est à l?occasion des élections que ce genre de sanctions s?exprime », a dit à la presse DSK, dont Nicolas Sarkozy a favorisé la nomination pour cinq ans à l?institution financière de Washington. «Un jour je reviendrai en France. »

<B>Thierry Lévêque</B>

<B>Le président rencontre son homologue colombien</B>

■ Nicolas Sarkozy va rencontrer le président colombien Alvaro Uribe ce matin juste avant le Forum économique mondial de Davos, a confirmé hier le porte-parole de l?Élysée, David Martinon. L?entretien, qui avait déjà été annoncé par la présidence colombienne et la Fédération internationale des comités Ingrid Bétancourt (FICIB), fait suite à la libération le 10 janvier par les FARC de la sénatrice Consuelo Gonzalez et de Clara Rojas, ex-directrice de campagne d?Ingrid Bétancourt. La franco-Colombienne est détenue depuis février 2002. Cette double libération permise par la médiation du président vénézuélien Hugo Chavez, refusée puis acceptée par Uribe à la demande de l?Élysée, a relancé les espoirs de la famille Bétancourt.

Juste avant son départ pour l?Europe, le président colombien a fait un geste en rétablissant la médiation de la France, l?Espagne et la Suisse pour obtenir la libération des 44 otages « politiques » des FARC, dont Ingrid Bétancourt. Alvaro Uribe entend cependant réitérer qu?à ses yeux, les FARC constituent une organisation terroriste et qu?il refuse leur revendication d?une zone démilitarisée de 780 km2, près de Cali. Il accepte en revanche la proposition du trio France-Suisse-Espagne de démilitariser une zone plus réduite de 150 km2 où aucun homme en armes ne serait autorisé à entrer et où des observateurs internationaux seraient déployés.

La FICIB demande à Sarkozy de déclarer que la France s?oppose à une opération militaire qui mette en danger les otages, de restaurer une médiation internationale et de favoriser le rôle d?intermédiaire de Hugo Chavez et de la sénatrice colombienne d?extrême-gauche Piedad Cordoba. Depuis son élection, Sarkozy, qui a promis de faire libérer Ingrid Bétancourt, a demandé à Uribe de faire des gestes vers les Farc, mouvement marxiste des années soixante, financé par le trafic de drogue et qui détient environ 3 000 otages, dont des Américains. Le président français a demandé et obtenu la libération par Bogota en juin dernier de Ricardo Granda, qui passe pour le diplomate des Farc. Ce geste d?Uribe semble n?avoir rien donné, Granda réitérant la revendication d?une zone démilitarisée.

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