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Ferraille : un secteur paralysé
Depuis le 6 août et l?application des nouveaux règlements, les entreprises et les individus évoluant dans l?exportation de la ferraille sont ?paralysés?. Si tous s?accordent à dire que ces règlements étaient ?plus que nécessaires? et ?attendus depuis longtemps?, ils soulignent également que ?certains aspects de ces nouvelles réglementations sont difficiles à appliquer dans la pratique?. Ils citent, entre autres, la déclaration des collecteurs et des camionneurs.
En attendant d?avoir leur permis d?opération, ils sont ?bloqués?. ?Nous ne pouvons pas exporter?, déplore Keseven Runghen, directeur de Runghen G. & Co. Ltd, un des principaux exportateurs de ferraille. Qui dit blocage, dit également ?revenus inexistants?. ?Trois semaines que nous n?avons pas de revenus, mais devons continuer à payer nos employés?, explique Marc Técher, directeur général de Steel Scrap Ltd.
Cette entreprise est désormais en règle. Elle a obtenu son permis d?exportation en début de semaine. Mais obtenir ce précieux document n?est pas non plus le sésame qui ouvre toutes les portes. ?La licence ne résout rien. Toute la structure a été ébranlée?, soutient Marc Técher. Car rares sont les camionneurs à faire uniquement le transport de ferraille (scrap metal). Un jour c?est la ferraille, un autre le béton. Ils sont donc nombreux à ne pas vouloir investir Rs 10 000 dans cette licence. ?Les camionneurs avec qui nous travaillons habituellement ne sont pas intéressés. Ils n?ont pas besoin du scrap metal pour vivre ?, explique Keseven Runghen.
Collecteurs, camionneurs, vendeurs de ferraille et exportateurs? Tous se posent des questions et déplorent le manque de consultation et de communication à propos de ces nouvelles réglementations. Les collecteurs et camionneurs se demandent où s?adresser pour obtenir ce permis d?opération et les exportateurs, s?ils devront assumer la responsabilité des collecteurs et des camionneurs. ?Nous ne pouvons assumer la responsabilité de leurs actes, soutient Marc Técher, de plus, les collecteurs et les camionneurs ont toujours travaillé comme de petits entrepreneurs. Nous ne pouvons leur demander aujourd?hui de devenir des employés.?
Sooresh Beeharry, camionneur, ne sait pas encore s?il va continuer à exercer dans ce domaine. Propriétaire d?un camion, il fait le taxi pour un autre. ?Je travaille essentiellement sur des chantiers de démolition. La ferraille n?est qu?une partie infime de notre business. Si l?homme pour qui je travaille consent à payer la licence, je continuerai à transporter de la ferraille. Mais moi, je n?irai pas payer Rs 10 000 et perdre mon temps à chasser de la vieille ferraille alors que je vis très bien sans.?
<B>Avenir incertain </B>
Idem pour les petits collecteurs et les transporteurs d?occasion qui s?étaient engagés dans ce business lucratif afin d?arrondir leur fin de mois. Ceux-là même à qui le vol de ferraille était souvent imputé. A juste titre ou pas. C?est le cas de ce propriétaire d?une camionnette vivant à Pointe-aux-Sables. Ne jouissant pas d?une très bonne santé, il n?a pas d?emploi régulier. Mais de temps en temps, quand l?occasion se présente, il ?fait une course?. Il ne serait pas rentable pour lui de s?acquitter de cette licence. La vieille ferraille, c?est décidé, il n?y touchera plus.
Claude Louis Séblin, lui, est encore indécis. Tout en saluant les nouvelles mesures ?plus sévères? qui permettront de ?purger ce secteur des voleurs?, Claude Louis Séblin se demande s?il ne va pas reprendre son emploi de maçon. ?Je vais me renseigner la semaine prochaine. Si les nouvelles réglementations me permettent de continuer à gagner convenablement ma vie, je continuerai. Sinon, ce sera retour à la case départ.?
Parce qu?ils sont nombreux à adopter cette position, Marc Técher et Keseven Runghen craignent de se retrouver ?sans collecteur et sans camionneur?. ?Nous sommes exportateurs. Nous ne pouvons pas tout faire et nous engager dans la collecte et le transport. Cela demanderait un investissement beaucoup trop conséquent?, explique Keseven Runghen. Marc Técher, lui, envisage cette possibilité. A contrec?ur. ?Nous pourrions tout faire nous-mêmes mais cela ne serait pas dans l?intérêt de tout le monde.? Le directeur général de Steel Scrap ajoute : ?Si la situation ne se décante pas, nous serons obligés de dire à certains employés que nous ne pouvons les garder.?
Les exportateurs ne veulent pas que le gouvernement revienne en arrière. ? Nous souhaiterions que certains points de ces réglementations soient revus afin que nous puissions continuer à travailler.? Dans la légalité.
<B> Valérie OLLA</B>
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