Publicité
Fermeture de collèges : les procédures critiquées
Par
Partager cet article
Fermeture de collèges : les procédures critiquées
Le secteur éducatif est unanime : un certain nombre d?établissements scolaires ont fait leur temps et ne devraient plus faire partie du paysage. Mais syndicats et managers déplorent la manière de faire du ministère de l?Education concernant les procédures.
Pour trois collèges privés, le couperet est tombé lors du conseil des ministres vendredi dernier. Les collèges Newton et Presidency, situés à Rivière-des-Anguilles, et Rose-Belle High School sont condamnés à la fermeture. Leurs élèves et personnel ont été déployés ailleurs.
Si cela est généralement bien accueilli dans le milieu, ce n?est pas le cas pour la manière de faire et le sort réservé aux enseignants. «C?est inacceptable d?apprendre des choses par la presse, explique Rajen Chamroo, porte-parole de la Fédération des managers des collèges privés. Jusqu?ici, nous n?avons pas été contactés par le ministère et nous sommes dans le flou. C?est malsain pour les profs, les élèves et les managers concernés. Nous ne comprenons pas pourquoi le ministère n?a pas pris ses dispositions lors de l?enregistrement des collèges à la fin de l?année dernière au lieu de procéder aux fermetures plus d?un mois après la rentrée scolaire.»
C?est aussi un des griefs de l?Union of Private Secondary Education Employees. Le président,Yahya Paraouty, est lui aussi mécontent du sort réservé aux employés de ces trois écoles secondaires. Le ministère aurait l?intention de ne pas recaser quelque 100 employés : ceux qui ont dépassé 50 ans et ceux qui ont moins de 35 ans. C?est une entorse à l?accord de mai 2000 qui préconisait le redéploiement de tous les membres du personnel. Quant aux étudiants, ils ont été recasés dans plusieurs écoles de la région.
La fermeture des établissements concernés est considérée comme salutaire. «Nous n?avons jamais été contre la fermeture des écoles qualifiée de sub-standard mais cela ne peut pas se faire au petit bonheur. Nous savons très bien qu?il y a des écoles dont les infrastructures ne peuvent être rehaussées et c?est normal qu?on procède à leur fermeture mais tout cela nécessite une planification», déclare Rajen Chamroo.
En 2002, le Management Audit Bureau (MAB) avait identifié plusieurs écoles comme étant sub-standard. Parmi, figuraient déjà les collèges Presidency et Rose-Belle High School. Le collège Newton avait été rangé par le MAB dans la catégorie des «upgradable schools». Au total, 23 établissements scolaires privés avaient été identifiés par le MAB comme étant nettement en dessous des normes.
En janvier 2007, la Private Secondary Schools Authority (PSSA) avait d?ailleurs déjà recommandé la fermeture des collèges Newton et Presidency parce qu?ils avaient une population estudiantine de moins de 150 en «mainstream» et 25 dans la filière préprofessionnelle. C?est le minimum pour qu?un établissement secondaire soit considéré comme étant économiquement viable. Or, le ministère avait finalement décidé de fermer une autre école, qui figurait également sur la liste, en l?occurrence la Pamplemousses High School.
Cependant, fermer un établissement scolaire a toujours été une décision prise avec beaucoup de difficultés par les ministres de l?Education successifs. Cela même si dans certains cas, le manager lui-même souhaite arrêter les opérations. «Certains tenants du pouvoir sont convaincus que fermer un établissement peut avoir une incidence politique sur la région où se situe l?école. Il y a également toutes sortes de lobbies qui entrent en jeu», confie une source au ministère.
Pourtant, dans un autre rapport du MAB, datant de 2006, il est souligné qu?une décision rapide doit être prise concernant les collèges qui évoluent en dessous des normes. «Les implications de coût pour la fermeture des écoles sub-standard seront de très loin justifiées sur le long terme par les économies faites sur le paiement de subventions à ces écoles.»
Par conséquent, le MAB avait proposé la mise sur pied d?un comité permanent présidé par le ministère de l?Education et comprenant des représentants de la PSSA, la Fédération des managers et le ministère des Finances pour «développer une politique ferme pour s?occuper de ces 13 écoles substandard et dix écoles qui peuvent encore être rehaussées».
Cette politique devrait, selon le MAB, permettre d?éliminer «avec une compensation adéquate» dans certains cas et de mettre sur pied des facilités pour remettre sur les rails ceux qui peuvent encore l?être. Jusqu?ici, cette proposition est restée lettre morte.
Publicité
Publicité
Les plus récents