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Fer labous dou...

22 août 2008, 20:00

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Le menu nous fait, de prime abord, sourciller. Il s?agit d?un «Bouillon bomeli et satini la paille du thé». Plutôt effarant, vous l?avouerez. Ceux qui n?ont pas froid au palais et ceux qui ont l?estomac solide auront l?occasion de goûter à ce «menu lontan», le vendredi 29 août.

Date où s?ouvrira le salon culinaire consacré aux «gato, menu lontan», organisé par la mairie de Port-Louis, dans le cadre de la Fête de la Cité.

Cette manifestation sera animée par les associations féminines de la ville. Vingt-deux au total se sont fait inscrire, dont celle de La Tour Koenig, qui viendra avec son fameux «Bouillon bomeli et satini la paille du thé». D?autres proposeront le «vadé» ou encore le «kari lapo papay».

Malika Kallichurn, auteur de Manzé lontan Incursion dans la mémoire gustative des Mauriciens, publié en 2007, est prudente dès qu?il s?agit de «fantaisies» culinaires. Elle prévient. «Au cours de mes recherches, j?ai entendu parlé de rougay dipin ou de bouyon dipin, mais je crois qu?il faut se méfier. Parfois les gens prennent ce qu?ils ont sous la main et présente cela comme un manzé lontan. Il faut faire attention.»

Et encore, ce ne sont pas que nos papilles qui devraient être sur leurs gardes. Ces recettes-là sont des trésors. Dont les gardiens, généralement des personnes d?un certain âge, comme en témoigne l?auteur, les partagent avec parcimonie, souvent après moult réticences. Elle-même se souvient de la patience dont elle a dû faire preuve, des visites répétées qu?elle a dû effectuer, afin de se lier d?amitié avec les gardiens de certaines recettes, avant que ceux-ci ne consentent à partager avec elle leurs trésors. Un travail qui lui a pris trois ans.

Sans compter que le secret de certaines préparations semble avoir disparu. «Pour le gato koste, je n?ai pas vraiment trouvé une personne qui savait le faire. Des gens m?ont expliqué mais quand j?ai essayé chez moi, cela n?a pas réussi», raconte Malika Kallichurn.

Petite incursion dans ce monde de douceur?

Sucre d?orge</B>

La balade dans les saveurs d?antan ? honneur aux gourmands ? commence par les gâteaux. D?abord le sucre d?orge. Une recette devenue rarissime dans l?île de la canne à sucre. Il faut avoir le poignet solide pour le confectionner. Une fois que le sirop, fait d?eau, de sucre et d?un peu de vinaigre, a suffisamment épaissi sur le feu ? il faut le laisser cuire pendant environ 1h30 ? il faut verser le mélange sur une surface de marbre, battre à la main dans le sens de la longueur et plier avant de façonner les sucres d?orge.

<B> Kolkoté </B>

Dans son ouvrage, Malika Kallichurn explique que ce gâteau à base de riz, de sucre, de coco râpé, de raisins secs et aux formes cylindriques était servi en guise de dessert dans les «mariages poupette». C?était autrefois, la rencontre des vieilles filles et des célibataires «vieux garçons». «Ils apportaient tous une poupée et portaient une fleur de coeur de demoiselle qui signifiait ? suivez-moi, je suis libre?». «Des mariages s?échafaudaient», écrit Malika Kallichurn. Après le dîner, il y avait du kolkoté au dessert.

<B> Le manioc </B>

Le manioc est associé aux temps de pénurie, surtout celles qui frappaient pendant la Seconde guerre mondiale. Il se prépare soit en kat kat, en croquette ou encore au lait. Il peut être servi en guise de plat principal, d?amuse-gueule ou en dessert. Le kat kat, se prépare en faisant bouillir le manioc dans de l?eau salée. Faites revenir de l?ail, du gingembre, del?oignon et une pomme d?amour séparément. Ajoutez-y du lard ou du boeuf, avant de rajouter le manioc et des feuilles de brèdes (martin ou autres).

Tossé</B>

Le tossé est une crêpe de farine de riz servie avec de la confiture. Les piaw sont également à base de farine de riz, mélangée à de la farine de blé. Roulée en boule avec un creux au centre, la pâte est d?abord dorée dans de l?huile chaude avant d?être passée au sirop.

<B>Le bomeli </B>

Tout de suite la grimace. Ou encore le commentaire classique : «kan kui sa tou voizin kone». Le bomeli aura une place de choix au salon culinaire de vendredi. En kari, en chatini avec des boleli grillés au préalable, les idées ne manquent pas pour assaisonner le «Bombay duck», au parfum si particulier?

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