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Femmes et politique

21 juin 2005, 00:00

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Fazila Daureeawoo-Jeewa

?Parvenir à des droits égaux?

■ Quelles sont les qualités requises pour une femme qui s?engage dans la politique?

Fazila Daureeawoo-Jeewa: Faire de la politique active exige qu?on soit à l?écoute des gens et qu?on ait beaucoup de patience. Cette patience est nécessaire pour pouvoir expliquer à ceux qui vous interpellent, les enjeux liés à des questions ou préoccupations définies autant qu?il importe de pouvoir expliquer des sujets que le public peut ne pas maîtriser entièrement. Proposer des explications simples à des questions complexes est primordial pour le public. Il s?agit ici de servir de relais entre la population et les institutions.

Indira Seebun: Il faut être fidèle à son parti, intègre et compétente avant tout. Une femme politicienne doit être Mauricienne avant tout, être un facteur sécurisant et être abordable à tout le monde. Il faut aussi beaucoup de proximité, de tendresse avec les gens et sa présence sur le terrain ne peut se limiter à la seule période de la campagne. Je m?évertue à faire comprendre que je suis femme avant d?être hindoue, musulmane ou catholique. C?est un engagement intense d?une femme. La politique active, c?est ma raison d?être. Je veux que tout le monde m?aime et toute ma campagne est basée sur cette affection. Autrement, il vaut mieux rester à la maison et faire autre chose.

■ Un plus grand nombre de femmes en politique. Quelles en sont les implications?

F. D-J: L?augmentation du nombre de femmes en politique est un enjeu crucial, de même que l?animation de la vie parlementaire. Malheureusement, l?opposition ne nous a pas permis de venir avec une réforme pour encourager la participation féminine. Il y a aussi une réticence des femmes à faire de la politique active. J?ai accepté quand j?ai été sollicitée afin d?encourager d?autres femmes à en faire de même. L?alliance MSM-MMM a fait un effort important en ce sens et, à l?avenir il faudra souhaiter que d?autres femmes se joignent à la politique pour que nous puissions atteindre le seuil des 30% de représentation féminine au Parlement et même au-delà. Il faut aussi faire ressortir qu?une plus grande présence féminine sur la scène politique permet d?atténuer les ardeurs des activistes, rendant ainsi la campagne plus intéressante pour la famille mauricienne qui démontre un intérêt renouvelé dans la politique.

I.S.: Il est sûr que pour les prochaines élections, le PTr va faire plus d?effort. Mais déjà, les six femmes qui sont là vont faire honneur au parti. Sur la question de parité homme-femme, je dois dire qu?on est politicien avant tout. C?est l?approche qui fait la différence.

■ Quelle est votre lecture critique du féminisme à Maurice?

F. D-J: Nous vivons dans une société multiculturelle et multiraciale et chacun a sa conception du féminisme. L?important est de respecter les opinions de tous et de parvenir à des droits égaux indistinctement de la question de sexe.

I.S.: Il y a une évolution positive avec un nombre plus important de femmes pour participer à la vie du pays. De manière générale, les femmes vont aider à changer le monde en mieux.

■ Comment évaluez-vous l?évolution de la chose politique à Maurice?

F. D-J: Il y a un changement de mentalité et de comportement de l?électorat mauricien. Il faut aussi se réjouir que de plus en plus de femmes participent activement à la politique.

I.S.: Maurice, qui est si belle, mérite des politiciens qui rassemblent. On n?a pas le droit de diviser. L?Ile Maurice est bien plus belle lorsqu'elle est arc-en-ciel. L?histoire a démontré qu?on ne peut pas utiliser la religion pour faire de la politique. Moi, je ne le fais pas et mon leader a aussi fait beaucoup d?effort en ce sens. Nous n?encourageons pas la balkanisation. On ne peut pas utiliser le critère ethnique pour faire du ?political marketing?. D?ailleurs, les Mauriciens discernent les vrais patriotes des faux.

■ Quels sont les enjeux majeurs auxquels Maurice est confrontée?

F. D-J: Il existe de nombreux défis à relever notamment dans les secteurs du textile et du sucre. Seule une équipe compétente et sérieuse est à même de répondre à ces défis. Le leadership de Paul Bérenger et de Pravind Jugnauth nous rassure à cet effet de par sa crédibilité. C?est un leadership qui assume ses responsabilités en prenant des décisions impopulaires parfois et en disant la vérité à la nation.

I.S.: Il faut absolument encourager les investisseurs étrangers à venir au pays. Cela permettra de résoudre le problème du chômage. Je crois aussi que le textile a toujours un avenir. Et je ne crois pas au projet d?une île hors-taxes car même des pays comme les Etats-Unis ne sont pas entièrement des pays hors taxes. Ce projet fera souffrir de nombreuses PME. Maurice a besoin d?un bon économiste sinon elle va s?écrouler. Heureusement pour nous que nous avons Rama Sithanen sur qui nous comptons beaucoup.

■ Avez-vous été découragée en tant que femme lors de la campagne?

F. D-J: J?ai la chance d?être bien entourée par mes colistiers. Ils ont beaucoup d?expérience et travaillent dans la discipline. Je m?en inspire. Ce qui fait que la motivation redouble aussi bien que l?envie de gagner.

I.S.: Jamais je ne me suis sentie aussi fragile parce que je suis une femme et cependant je sais me défendre.

Indira Seebun

?Etre Mauricienne avant tout?

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