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Farine : atmosphère tendue pour sujet sensible
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Farine : atmosphère tendue pour sujet sensible
Il y avait de la tension dans l?air au Parlement hier matin. La réaction du Premier ministre, normalement impassible lors des séances Private Notice Question (PNQ), en donne la mesure. Alors que le ministre Jeetah s?apprête à se lever pour répondre à la PNQ du leader de l?opposition, Navin Ramgoolam lui fait signe et lui demande de «al doucement».
Jeetah acquiesce. Il ira effectivement «très doucement» dans la lecture de sa réponse écrite; il y mettra vingt minutes. Le ministre du Commerce et de l?Industrie explique qu?en 2005, la State Trading Corporation (STC) a payé $ 294 par tonne métrique pour la farine de type A ? utilisée dans la fabrication de pain et la farine de type B pour fabriquer des faratas entre autres ? et $ 298 pour la farine de type B.
Cette année-ci, seule Les Moulins de la Concorde Ltée (LMLC) a participé à l?exercice d?appel d?offres et le prix proposé était de $ 675 pour la farine de type A et $ 681 pour la farine de type B. Accepter de payer ce prix, dit le ministre, équivaudrait à augmenter de prix de la farine de 73 % (avec les subsides gouvernementaux de l?ordre de Rs 400 m). Sans les subsides, le prix de la farine augmenterait de 113 %.
«Cela aurait été inapproprié», commente Jeetah. Et d?expliquer qu?après l?exercice d?appel d?offres, la STC, estimant qu?il était trop tard pour faire un autre exercice de ce genre, «a pris contact avec des pays amis ? l?Inde et la Chine». Il s?est avéré que le gouvernement indien ne permet pas l?exportation du blé. Le gouvernement chinois a donc facilité le contact entre la STC et une entreprise chinoise qui a accepté de vendre de la farine à Maurice à $ 520 pour la farine de type A et $ 425 pour la farine de type B. Rajesh Jeetah affirme aussi que l?entreprise en question a pris l?engagement d?assurer une security of supply de farine.
Bérenger écoute patiemment le discours du ministre Jeetah. Les questions qui suivent, brèves, sont posées d?un ton sobre mais ferme.
<B>Paul Bérenger : Aurons-nous affaire à une seule compagnie en Chine ?</B>
<B>Rajesh Jeetah </B>: Oui
<B>P.B.</B> : Pourquoi ?
<B>R.J.</B> : Nous avons négocié avec le gouvernement chinois et ce sont eux qui nous ont référés à cette entreprise.
<B>P.B. : Avez-vous visité cette entreprise lors de la visite de la délégation de Maurice ?</B>
<B>R.J.</B> : Oui
<B>P.B. : Est-ce que le trésorier du Parti travailliste était aussi membre de cette délégation ?</B>
<B>R.J.</B> : M. Ah Fat et M. Soomarooah. Oui, ils étaient de la délégation.
<B>P.B. : Cette entreprise a-t-elle un agent local à Maurice ?</B>
<B>R.J. </B>: Nous avons négocié avec le gouvernement chinois. C?est le gouvernement qui nous a référés à cette entreprise.
<B>P.B. : Peut-on avoir une copie de l?accord entre vous et l?entreprise en question ?</B>
<B>R.J</B>. : Sans problème.
<B>P.B. : Quand est-ce que le contrat a été signé ?</B>
<B>R.J.</B> : Au fait le contrat n?a pas encore été signé. Le cabinet vient tout juste d?approuver l?achat le 28 novembre dernier.
<B>P.B. : Des commissions ont-elles été payées to anybody ?</B>
<B>R.J.</B> : Le leader de l?opposition fait des insinuations. Des officiels du gouvernement chinois ont été impliqués dans les négociations. Le leader de l?opposition est-il en train d?insinuer que ces officiels ont pris des commissions ?
Je lui laisse la responsabilité de ses propos.
<B>P.B. </B>: Je crois que les explications du ministre parlent d?elles-mêmes.
Le ministre Jeetah se lève alors que le leader de l?opposition est toujours debout. Paul Bérenger montre les premiers signes de colère. Il élève la voix et dit « I am on my feet ! I am not giving way ! »Le speaker intervient et le ministre se rassoit. Bérenger lance à l?égard de Jeetah : «Al aprann do ! »
Le ministre Jeetah explique ensuite qu?il y a une série de tests qui sont faits sur la farine pour s?assurer de sa qualité et demande au leader de l?opposition de ne pas s?en faire à ce sujet. Paul Bérenger affirme qu?il y a normalement des baking tests qui sont faits et veut savoir si le ministère a envoyé des experts en Chine pour faire ces tests sur le produit «comme cela a été fait dans le passé».
Rajesh Jeetah répond par la négative mais affirme qu?il est d?usage que des tests soient faits à Maurice et que le ministère va demander à une tierce partie indépendante d?effectuer d?autres tests.
Mais Paul Bérenger continue sur sa lancée. Il émet des inquiétudes quant à la qualité des produits, déclarant qu?il y a eu des cas dans le passé aux Etats-Unis où les produits alimentaires venant de Chine étaient contaminés. «Cheap !» entend-on dans les rangs de la majorité.
Le ministre se réjouit de la question car il s?y est préparé. «Je vois là un schéma », dit-il, citant une formule chimique et expliquant que «c?est la formule chimique de lanath. Qui était venu de l?avant avec ces allégations ?» demande-t-il, ajoutant qu?il faut être prudent car «il n?y a pas de quoi effrayer la population».
Paul Bérenger veut savoir si le ministre est en présence de lettres de diverses organisations «religieuses ou autres» concernant la farine chinoise. Jeetah répond par la négative mais déclare qu?il a rencontré le directeur de LMLC dans la matinée, que ce dernier a reçu une lettre et compte prendre contact avec l?ambassade de Chine.
Il y a eu très peu d?interruptions au débat, les membres ayant opté de suivre le duel entre Paul Bérenger et Rajesh Jeetah.
DIVERSIFICATION
Une subsidiaire de la STC?</B>
■ La création de la «State Trading Company Limited» (STCM Ltd), affirme le ministre Jeetah, aidera la STC à «diversifier ses activités pour les rendre plus compétitives, donnera la possibilité à la STC d?augmenter ses réserves en devises étrangères et de promouvoir Maurice sur le marché international». Le ministre explique aussi que la STCM Ltd est une subsidiaire de la STC, incorporée le 12 septembre 2007 avec pour directeur exécutif Ranjitsing Soomarooah et autres directeurs, messieurs Hosany, Lan Hing Choy (Ah Fat) et Lamvohee. Le leader de l?opposition juge «bizarre» que la STCM Ltd va «diversifier ses activités en achetant du diamant, du bois, de l?or et des pierres précieuses». Le ministre explique, sous les rires de l?opposition, que le secteur du diamant est en expansion. Bérenger veut aussi savoir s?il est normal qu?une compagnie soit créée «avec pour directeurs des agents du PTr et du PMXD ? «Rajesh Jeetah demande alors s?il faut «que je rafraîchisse le mémoire du leader de l?opposition par rapport à un certain Jean Mée Desvaux ? » Le speaker intervient pour dire que? «time is up !»
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