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Familles d?accueil un projet réussi

14 mai 2004, 20:00

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À l?occasion de la Journée internationale des familles, le point est fait sur les familles d?accueil. Sur la trentaine d?enfants placés jusqu?ici, seuls trois n?ont pu s?adapter à leur nouvel environnement. On ne peut en dire autant de Tatiana et Orane, qui s?épanouissent chez Sylvette et Nicolas.

Nicolas trottine derrière Tatiana, sa «fille aînée» de 14 mois, toute mignonne dans sa grenouillère bleue. Dès que la gamine se dirige vers la véranda ouverte, il s?empresse de la réorienter vers le salon. Pas contrariée pour un sou, Tatiana lui décoche son plus beau sourire et se remet à faire les cent pas. Pendant ce temps, Orane, cinq mois, lève des yeux remplis de confiance sur Sylvette, sa maman d?accueil depuis un mois. Cette dernière ne se lasse pas de la cajoler.

Que «leurs» enfants n?aient rien d?eux physiquement, Sylvette et Nicolas n?en ont cure. «J?ai entendu un infirmier d?hôpital se déclarer surpris qu?une femme aussi claire de peau que moi ait un bébé aussi brun. Comme il ne s?adressait pas à moi, je n?ai pas répondu. Que les gens pensent ce qu?ils veulent. Je m?en fiche. L?essentiel est que les enfants soient heureux et que Nicolas et moi le soyons aussi.»

Cela fait douze ans que Sylvette et Nicolas sont mariés sans qu?aucun enfant ne soit né de leur union. À leur grand désespoir d?ailleurs. Une tentative infructueuse de fécondation in vitro les plonge davantage dans la détresse. Etant elle-même une fille adoptée, Sylvette cherche à reproduire ce qu?elle a vécu. Mais les bébés à adopter sont rares. «Je crois que tous les services d?adoption de Maurice et de Rodrigues me connaissent tant j?en ai fait le tour », explique Sylvette en riant.

C?est là qu?elle entend parler du projet pilote de familles d?accueil du ministère de la Femme. Après un premier contact, le couple marque une hésitation. Sylvette a peur qu?on ne la laisse pas adopter l?enfant à la fin du temps de placement qui varie entre 14 jours et deux ans. Finalement, le couple se jette à l?eau.

Sylvette en demande deux. «Je me suis dit que, si l?on me reprenait un, Dieu me laisserait au moins l?autre.» Le magistrat l?autorise à prendre Tatiana dont les parents biologiques mènent une vie instable et dissolue. On lui confie ensuite Orane, abandonnée sur le trottoir en début d?année.

SANS HEURTS

Le couple s?ajuste sans peine à ces arrivées à six mois d?écart. «Notre vie n?a pas été bouleversée mais enrichie. Elles nous apportent beaucoup de joie. La première fois que Tatiana m?a appelée maman, j?étais au septième ciel. C?est ce que j?avais toujours rêvé d?entendre. J?espère seulement que le gouvernement nous donnera maintenant la chance de les adopter.»

Pour le ministère de la Femme, ce placement constitue un succès. Comme les 30 autres auprès de 24 familles. Il n?y que trois enfants, âgés de huit ans à monter et placés dans deux familles, qui n?ont pu s?adapter à leur nouvel environnement, explique Wendy Rose, coordinatrice du dossier Familles d?accueil auprès de la Child Development Unit. Ils ont dû regagner l?abri du ministère. «Les enfants de huit-neuf ans ont du mal à accepter qu?on balise les choses pour eux. Ils acceptent mal la discipline.»

Point échaudés, les parents d?accueil concernés ont demandé à prendre d?autres enfants en placement. Le ministère préfère leur accorder un temps de récupération avant d?obtempérer. Si la priorité est accordée aux couples, la structure monoparentale n?a pas été écartée. Deux célibataires ont ainsi pu agir comme parents d?accueil pour trois enfants. «La cohabitation est remarquable dans les deux cas », déclare Wendy Rose, qui visite mensuellement tous les parents d?accueil en compagnie de deux officiers.

Sylvette ne devrait pas se faire trop de mouron pas rapport à l?adoption éventuelle car deux parents d?accueil ont déjà pu adopter leurs protégés. Le premier couple prenait régulièrement l?enfant chez lui durant les vacances et il avait initié les procédures d?adoption avant le lancement du projet Familles d?accueil. «Un autre couple a pris en placement un enfant de santé délicate et, tout en le sachant, il a demandé et obtenu la garde de l?enfant.»

Le succès du projet se jauge à deux facteurs : le bien-être des enfants placés et l?empressement des familles à se porter volontaires pour devenir parents d?accueil. «Notre objectif était de placer 40 enfants dans 25 familles à la fin 2004. L?année n?est même pas terminée et nous avons placé 32 enfants chez 24 familles. Nous sommes plus que dans les temps? »

Symposium et programme culturel en famille

Le thème retenu par le ministère de la Femme pour marquer cette journée est «La Famille avant tout». Ce matin entre 10 heures et midi, au Indira Gandhi Centre for Indian Culture, se tient un symposium sur la famille. Après les discours officiels d?Arianne Navarre-Marie, ministre de tutelle, et de Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre et ministre des Finances, Paula Lew Fai, sociologue, interviendra sur le thème :«La famille, un défi à relever». La psychologue Natasha Chakowa parlera de la gestion des conflits dans la famille alors que Mgr Ian Ernest, évêque de Maurice, se prononcera sur les valeurs familiales. Dans la soirée, un programme culturel aura lieu au Port-Louis Waterfront entre 19 et 21 heures. Il sera animé par des artistes en famille, notamment le ségatier Jean-Claude Gaspard, sa fille Mary-Jane et son fils Denis-Claude, Michel Legris et sa famille et les dames de Highlands. Le public y est invité? en famille.

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