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Evo Morales purge l’armée après un scandale
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Evo Morales purge l’armée après un scandale
Le président bolivien Evo Morales a remanié mardi le haut commandement militaire du pays, imposant son autorité à un état-major éclaboussé par une affaire concernant le transfert et la destruction de missiles boliviens aux Etats-Unis. Les cris de protestation de la fille d’un général mis en cause dans cette affaire ont perturbé une cérémonie tendue, au cours de laquelle des dizaines d’officiers supérieurs ont été remplacés deux jours après l’investiture de Morales, premier Indien à devenir chef de l’Etat en Bolivie.
“Je déplore les informations reçues depuis des mois au sujet du désarmement des forces armées. Je n’ai pris aucune mesure contre les membres des forces armées, seulement contre les dirigeants. Le moment est venu d’enquêter”, a dit Morales avant d’investir les nouveaux chefs de l’armée et de la police. Au plus fort de la campagne pour la présidentielle qu’il devait remporter le 18 décembre, Morales avait dénoncé des irrégularités dans le transfert des seuls missiles du pays vers les Etats-Unis en vue de leur démantèlement. Il avait ainsi alimenté les sentiments antiaméricains en Bolivie et donné l’impression que le gouvernement ne contrôlait guère l’armée.
Une trentaine de missiles sol-air d’origine chinoise ont été détruits en octobre. L’affaire avait amené le prédécesseur de Morales à limoger le chef de l’armée de terre et à ouvrir des enquêtes sur plusieurs généraux. L’ancien chef de l’armée de terre avait déclaré aux médias du pays que Washington avait réclamé la destruction des missiles par crainte de la victoire de Morales à la présidentielle. Il avait rétracté ces propos peu après.
Des analystes notent que Morales tient à s’assurer le contrôle des forces armées, qui respectent l’autorité du gouvernement depuis le rétablissement de la démocratie en 1982 mais ont joué un rôle controversé dans l’écrasement de manifestations de rue ces dernières années. Morales a nommé un nouveau commandant en chef des forces armées ainsi que de nouveaux chefs des trois armes et de la police. La nomination d’un général plus jeune à la tête de l’armée de terre a entraîné la mise à la retraite d’office de plusieurs autres généraux. A un moment, la fille d’un général démis de ses fonctions s’est écriée “Ce n’est pas la justice”.
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