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Evazyon des graffitis pour la bonne cause
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Evazyon des graffitis pour la bonne cause
Rage. Peur. Joie. Au sein de la troupe Evazyon, on broye du noie, on se révolte ou on peint tout simplement. Onze jeunes tranchent les sentiments, éliminent les maux de société et utilisent la peinture comme exutoire. Quand on suit leur parcours, on découvre qu?ils ne s?intéressent pas seulement à faire des expositions et à se remplir les poches. Ce qui les anime, c?est aussi le travail social.
Des fresques pour le sport, certaines contre la drogue et la violence. Stéphan Rézannah est le porte-parole du groupe depuis trois ans. En 2001, trois cousins décident de révolutionner l?art. Whestley David de Ticomix, Kelvin Gabriel et Stéphan Rézannah, journaliste. Trois cousins talentueux, amoureux de l?art en tout genre. En 2002, ils présentent leur première exposition à la Galerie Max Boullé et en récidivent en 2003. Ils n?étaient que trois, ils sont onze aujourd?hui.
Chacun avec un style de peinture, de l?aérographe avec Whestley, en passant par l?abstrait, l?impressionnisme ou le collage. Selon Stéphan Rézannah : «Evazyon ne fait pas seulement des tags dans les rues. Le groupe s?évade dans les tourments de l?art». Leurs fresques sont visibles dans divers endroits : les arrêts d?autobus à la gare de Rose-Hill, tout près de la PSSA ou devant le Centre de Badminton à Rose-Hill. Ils redonnent un autre sens à la rue. Mais Stéphan le clame : «Nous ne nous auto-proclamons pas artistes, nous sommes simplement des êtres qui peignent.» Evazyon, c?est la recherche d?un ailleurs, d?une liberté parfois insaisissable.
Au sein du groupe, les esprits fusionnent, bouillonnent pour décrire, avec des couleurs et des bombes les contradictions d?une société souvent fermée. Le groupe se porte aussi volontaire pour réaliser des fresques sur les murs dans différents coins de l?île. On y voit bien souvent des travaux abstraits, des spirales multicolores avec des pigments de bleu intense allant jusqu?au bleu-vert ciel ou encore ils peignent des animaux symboliques, tels que des dauphins voluptueux. L?aérographe de Whestley lui permet de soigner de minutieux détails avec une grande patience. Leur talent ne s?exerce pas que sur les murs. Whestley fait des tatouages, décore les portable, fait des bandes dessinées avec Ticomix, ainsi que des illustrations pour des affiches.
Ses yeux sont savamment habillés d?un maquillage terne, son ton est glacé. Dominique Barbe arbore des couleurs noires. Sa peinture est sanglante, lugubre et surtout gouache. «Quand je dessine, je me libère. Mes appréhensions, mes problèmes, je les cicatrisent à travers l?art». Cette jeune fille de 19 ans fait partie des Ticomix. Cela ne fait que deux mois qu?elle a intégré Evazyon. Contre la société, contre la politique, elle s?inspire d?un style complètement à part : le «mysticisme» dérangeant. Stéphane Samuel lui, touche par ses mots et son passé autant que par sa peinture. Il a 37 ans, et il est un «Evazyonné» !. Stéphane Samuel participe au programme de prévention contre la drogue au Centre de Solidarité. Sa dernière exposition date de 1996. La peinture devient alors un langage nouveau, sans règles mais avec des messages.
Le 26 juin, les jeunes d?Evazyon seront dans les rues de Cassis pour marquer la Journée internationale de la drogue. Ils y réaliseront portraits, illustrations et peintures. En juin, ils travailleront avec des personnes alcooliques. Il faudra encore patienter pour découvrir la nouvelle exposition d?Evazyon. Mais, rassurez-vous et ouvrez l?oeil, ils donneront, entre-temps, signe de vie sur nos murs.
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