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Et de trois pour McEwen
En l’absence du Belge Tom Boonen, contraint à l’abandon sur blessure, l’Australien Robbie McEwen a remporté hier à Montpellier sa troisième victoire d’étape dans le Tour de France 2005.
L’Australien, déjà victorieux à deux reprises lors de la première semaine de course à Montargis et Karlsruhe, a mis à profit l’étape de transition entre Miramas et la préfecture de l’Hérault pour s’imposer en force.
Dans l’emballage final, il a devancé son compatriote Stuart O’Grady et l’Américain Fred Rodriguez, respectivement deuxième et troisième. Le Norvégien Thor Hushovd, largement battu lors de l’explication définitive, conserve le maillot vert du classement par points, endossé la veille après le forfait de Boonen.
Au classement général, Lance Armstrong qui a terminé avec le gros du peloton a conservé le maillot jaune de leader.
Comme prévu sur un parcours totalement plat longeant les côtes de la Méditerranée, une échappée se formait en début d’étape.
Le peloton, respectant scrupuleusement les préceptes de la stratégie, laissait les fuyards prendre un peu de champs avant de lancer la chasse.
Sans doute inspirés par la victoire de David Moncoutié, jeudi, les Français Carlos Da Cruz, Thomas Voeckler et Ludovic Turpin s’appliquaient à faire une grosse partie du travail.
Mais cela était insuffisant d’autant que les Discovery Channel décidaient de ne pas accorder un nouveau bon de sortie, comme ils l’avaient fait hier.
Dans les rues de Montpellier, les formations de sprinteurs (ceux encore présents) prenaient le relais pour avaler les deux derniers échappés à 300 mètres du but et préparer un sprint massif.
Aujourd’hui, la 14e étape ramène les ténors dans la haute montagne pyrénéenne avec 220,5 kilomètres entre Agde et le sommet d’Ax-3 Domaines, classé en première catégorie, après le franchissement du Port de Pailhères.
Déjà les Pyrénées !
Tout s’enchaîne vite dans le Tour de France. Les Alpes sont derrière les coureurs depuis quelques heures et déjà les cimes des Pyrénées sont visibles. Aujourd’hui, il faudra notamment escalader, en fin de journée, le Port de Pailhères puis le Plateau de Bonascre au sommet duquel sera jugée l’arrivée. Cette dernière ascension plongera sans doute Lance Armstrong dans l’un des rares mauvais souvenirs de son parcours dans le Tour de France.
Il y a deux ans, au lendemain d’une sévère défaite dans le contre-la-montre disputé sous la canicule entre Gaillac et Cap Découvertes, le Texan avait en effet été attaqué par Jan Ullrich dans cette ascension, y avait concédé une petite vingtaine de secondes, une misère, avait conservé son maillot jaune mais avait surtout laissé la place à un espoir énorme dans le clan allemand.
Le surlendemain, dans l’étape désormais mythique de Luz-Ardiden, Lance Armstrong avait définitivement gagné son cinquième Tour de France mais à ce jour, cette étape ariégeoise est la seule durant laquelle l’Américain a eu à subir une attaque de Jan Ullrich. Ce dernier pourrait être d’ailleurs tenté de récidiver.
« Avant d’arriver dans la montagne, affirme le coureur héraultais Stéphane Goubert (AG2r Prévoyance), il y a une longue approche et cette étape, assez longue (220,5 km) est bien différente du début à la fin. Jusqu’à Quillan (km 142), c’est assez plat même si les quatre côtes des Corbières répertoriées en quatrième et troisième catégories et situées à mi-course seront usantes.
« J’imagine qu’une échappée pourrait prendre beaucoup d’avance jusqu’à Usson-les-Bains (km 176) où, dès lors, la route ne cessera de monter. » Il faudra escalader, dans un premier temps, le Port de Pailhères, en Ariège, grimpé la première fois en 2003.
« Ce col a mauvaise réputation, poursuit Goubert, mais il ne me semble pas aussi difficile qu’on le dit. C’est vrai, le dénivelé est impressionnant (1 220 mètres en 15 kilomètres) mais la montée est régulière et il est assez facile d’y trouver son rythme. En revanche le Plateau de Bonascre est plus dur, surtout au début. Et comme la journée aura été longue, il pourrait y avoir des écarts. »
À peine le temps d’en terminer avec cette étape qu’il faudra penser à la suivante, demain, dont le programme est impressionnant : cinq cols avant la montée finale vers le Pla d’Adet.
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