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Essence : il troque sa voiture pour une bicyclette
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Essence : il troque sa voiture pour une bicyclette
Une ligne droite. Ou presque. De Trois Bras, Petit Raffray, à Port-Louis, pas d?obstacle majeur. Ni de pente raide. Heureusement d?ailleurs. Car depuis six mois maintenant, c?est à la force de ses jambes que Mooneswar Sookoo parcourt les 25 km qui séparent son domicile niché dans ce village du nord à son lieu de travail situé dans la capitale. A bicyclette. Matin et soir.
Une lubie, que de venir travailler à bicyclette tous les jours ? Certainement pas. Tout a commencé il y a presque un an. Après avoir visionné un reportage sur la flambée du prix du pétrole dans le monde sur une chaîne satellitaire. «Ils expliquaient quelles étaient les alternatives à l?utilisation de la voiture», se souvient Mooneswar Sookoo. Et pour ceux, qui comme ce Head of Section du département Excise à la douane, se rendent à leur travail en voiture, qui plus est, seuls, il leur était suggéré de troquer leur véhicule à moteur pour un deux roues. Sans moteur cette fois.
<B>«Un investissement rentable»</B>
Mooneswar qui dépensait alors Rs 7 000 chaque mois pour son essence, «Le budget mensuel de beaucoup de familles», décide de sauter le pas. C?est décidé, lui qui n?utilisait sa bicyclette que pour se rendre à la boutique ou se déplacer dans le village n?ira désormais travailler qu?à bicyclette. C?est ainsi que pendant quatre à cinq mois, il le fait «de temps en temps». Le temps de trouver un endroit où se doucher une fois arrivé à Port-Louis. Où troquer son short, son haut de survêtement et ses chaussures de sport pour son habit de ville. Le temps également de s?habituer à avaler tant de kilomètres chaque jour. Mais le temps surtout de s?acheter une bicyclette digne de ce nom. Car impossible de couvrir une telle distance avec une bicyclette «kas kaser». C?est ainsi qu?en décembre Mooneswar Sookoo a investi Rs 18 000 dans une bicyclette. Une «de base». Juste ce qu?il lui fallait. «Pour un vélo professionnel, il faut compter au moins Rs 40 000 à Rs 50 000», soutient Mooneswar Sookoo.
Cela dit, cet investissement, il l?a déjà rentabilisé. Car ses déplacements, une heure le matin et autant l?après-midi, depuis janvier, à bicyclette lui ont permis d?économiser chaque mois entre Rs 4 000 à Rs 5 000. Pour à peine plus de 20 minutes de trajet en plus. Il n?a pas pour autant vendu sa voiture. Son épouse Rekha l?utilise pour couvrir les quelque kilomètres qui séparent Trois Bras et Grand-Gaube où elle travaille. «Elle devait changer de bus à deux reprises auparavant. Prendre la voiture lui facilite la vie et comme ce n?est pas très loin, cela ne coûte pas grand-chose.» Rekha n?envisage pas de se rendre au travail à bicyclette et ne pratique que le vélo d?appartement.
Notre cycliste dit économiser également sur l?entretien de sa voiture. «Etant donné que nous roulons peu désormais, les pneus par exemple, vont durer plus longtemps. Et pas que ça?». Lui qui vient de dépenser Rs 13 500 pour changer les quatre roues de sa voiture, n?en dépensera pas plus de Rs 200, dit-il, pour celles de sa bicyclette. Un mode de transport qui ne demande qu?un entretien minime : le graissage de la chaîne et du dérailleur chaque six mois.
S?il y a des jours où Mooneswar Sookoo délaisse son beau vélo rouge pour sa voiture, c?est qu?il pleut. Beaucoup trop pour pouvoir affronter la route sans aucune protection au-dessus de sa tête. C?était le cas durant le mois de juin. Une situation qui a rendu Mooneswar plutôt malheureux. D?avoir à dépendre comme avant de sa voiture. De ne pouvoir se débarrasser du stress accumulé au cours d?une dure journée de labeur. D?être coincé dans les embouteillages. Comme les autres. Ces deux heures de sport quotidien aident cet homme de 40 ans à se sentir «physiquement et mentalement plus fort». Plus «léger» aussi. «Revitalisé» même. D?autant qu?avec ses fonctions à la douane, lui ce féru de sport, n?avait plus beaucoup de temps pour en faire. Malgré tout un attirail de «gym» à la maison.
<B>«Un vélo professionnel»</B>
Seul bémol : le risque qu?il court sur l?autoroute. Le cycliste est conscient qu?à califourchon sur sa bicyclette, il est davantage susceptible d?être victime d?un accident. «Je n?en suis que plus attentif à tout danger», soutient-il. Il ne prend pas de risque inutile non plus. S?il sait qu?il devra travailler bien après 18 heures, il préfère prendre sa voiture. D?autant plus que sa bicyclette n?est pas encore équipée de réflecteurs. Une bicyclette qu?il envisage de troquer d?ici quelque temps pour une professionnelle. Car de voir des «pros» le dépasser sur l?autoroute lui donne envie de les suivre. Impossible avec sa bicyclette actuelle.
D?ici cinq à dix ans, quand le prix du pétrole aura atteint des sommets que tout un chacun cherchera un moyen de réduire sa facture d?essence chaque mois, Mooneswar Sookoo, lui, continuera à enfourcher chaque matin son vélo pour se rendre au boulot. Ses poches plus pleines, serein, en pleine forme et satisfait de sa contribution à la protection de l?environnement.
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