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Eric Monneron le dernier match
Il est de ces départs qui laissent sans voix, qui affligent. Parce que soudains, inattendus, insupportables. Eric Monneron, fidèle, dévoué et humble serviteur du sport corporatif et de l’industrie sucrière, a donc tourné le dos à la vie, au petit matin de dimanche, sur une route de ce Sud profond qu’il aimait tant. Fauché par un arbre, abandonné par le destin.
Eric Monneron avait 44 ans, des idées plein la tête et une brillante carrère devant lui. Personnage attachant, homme de communication, fin négociateur et médiateur, il venait d’ailleurs d’être promu par son employeur, la propriété sucrière de Riche-en-Eau, au rang de directeur des Ressources humaines. Une juste récompense pour quelqu’un qui, ces quinze dernières années, avec une foi et une passion inébranlables, s’évertuait à faire la publicité de Riche-en-Eau, propriété qu’il avait su rendre, aux yeux de la communauté sportive, l’une des plus chaleureuses et plus accueillantes de l’industrie sucrière.
Parce qu’il le méritait bien, c’est dans un grand concours de proches, de collègues et d’amis qu’Eric Monneron a été enterré hier après-midi au cimetière de Saint-Jean. Et nombreux étaient ceux qui, pour l’occasion, arrivaient difficilement à cacher leurs émotions.
Le sport était sa seule vraie passion, le volley-ball son péché mignon. Faut-il dès lors s’étonner qu’Eric Monneron ait consacré les dernières heures de sa vie à essayer de faire gagner le six de Riche-en-Eau, qui recevait Rose-Hill en amical samedi sur son terrain ?
Jean-Marie Maigre, président du comité sportif de l’Anglo Mauritius, l’a côtoyé ce soir-là. “Après le match, on a fait la fête autour d’un barbecue. Et comme Riche-en-Eau avait perdu, on ne s’est pas fait prier pour se payer sa tête. Eric était, comme à l’accoutumée, de bonne humeur. C’est dur à accepter qu’il soit parti si brusquement”, témoigne-t-il.
Organisateur hors-pair, homme de terrain et de défis, Eric Monneron était légitimement pressenti pour devenir le prochain président d’une Fédération mauricienne des sports corporatifs qu’il avait, ces dernières années, grandement contribué à remettre sur les bons rails.
Hans Gunesh, secrétaire administratif de la FMSC, en garde un souvenir ému. “Eric était, à n’en pas douter, un maillon fort de notre fédération. Son influence et son activité débordante sont reconnues de tous les membres”, confie-t-il. “À un moment où le sport est souvent prisonnier des guerres intestines, sa présence au sein de la FMSC se voulait rassurante. C’était un homme de solutions, pas homme de problèmes.”
Et Hans Gunesh d’ajouter : “Eric était quelqu’un d’extrêmement honnête dans la vie comme dans son engagement sportif. Sa gentillesse et son francparler vont beaucoup nous manquer. Nous sommes tous profondément bouleversés par sa mort.”
Pour rendre hommage à Eric Monneron, la FMSC a prévu de rebaptiser en son nom le prochain championnat interfirmes de volley-ball, championnat qui devait débuter lundi dernier par le duel sudiste opposant Riche-en-Eau à Airports of Mauritius Ltd. Mais personne, dans la petite communauté du sport corporatif, n’ayant ces jours-ci le coeur à jouer au volley-ball, le championnat attendra encore un peu avant d’être lancé.
À Riche-en-Eau également, la désolation est totale. L’administrateur, Thierry Merven, le confirme : “C’est une grande perte. Eric était très apprécié de la direction comme de ses collègues. Il était attaché aux valeurs essentielles de l’entreprise. En cette période assez tourmentée de l’industrie sucrière, il avait surtout un profond souci de justice sociale. Et ce n’est pas un hasard s’il entretenait des liens d’amitié à tous les niveaux de l’entreprise.”
À son amie Sabine Auffray, que l’accident de dimanche a heureusement épargnée, à ses trois filles, Marika, Karine et Katiuska, à son père Cyril, sa mère Ivy, ses frères Bruno et Richard, ses soeurs Rosy, Lisianne et Patricia, à tous ceux que ce deuil afflige, la rédaction sportive de l’express présente ses condoléances émues.
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