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Entre tradition et modernité

9 mars 2004, 20:00

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LE développement de Rodrigues se fait à grande vitesse. Les premiers signes d?un renouveau étaient visibles dès 1999. Il y a eu ensuite une accélération à partir de 2001. Avec l?avènement de l?autonomie, en octobre 2002, la rénovation des infrastructures publiques prend aussi l?ascenseur. Mais tout n?est pas rose. Il y a encore des grincements de dents, surtout du côté des petits entrepreneurs. La fourniture d?eau est toujours un handicap.

C?est sans doute l?état de la route qui frappe le visiteur dès sa descente d?avion à Plaine-Corail. ?La route de l?Autonomie? comme on l?appelle n?a rien à envier aux plus belles voies des pays développés. Les maisons en dur ont remplacé celles en tôle et en bois. Dans la capitale, à Port-Mathurin, de nouveaux bâtiments sortent de terre. Les commerçants se frottent les mains. Ils pensent qu?avec l?introduction des vols directs de la Réunion, leurs affaires marcheront mieux.

Les maisons les plus éloignées, sur les flancs des collines, sont connectées au réseau électrique et à celui des télécommunications. Le nombre de personnes possédant des portables est impressionnant.

Il est réconfortant aussi de constater que la gentillesse des Rodriguais n?a pas disparu, mais dans les propos, percent, néanmoins, une certaine amertume et de la colère même.

Ils craignent surtout que l?autonomie mette un frein à l?esprit d?entrepreneur. En effet, ils ont peur que leurs profits deviennent taxables. D?ailleurs, les petits entrepreneurs hésitent à révéler leur chiffre d?affaires. Certains veulent garder l?anonymat. Même à la foire de Port-Mathurin, ceux qui tiennent un petit commerce restent discrets. Pourtant ce ne sont que de petits confectionneurs de chapeaux de paille ou des vendeurs de piments confits ou d?achards. On entend souvent ?tension to alle paye taxe?.

Meilleur contrôle

Les marchands ambulants,au terminus de Port-Mathurin sont invités à quitter les lieux. Des échoppes sont mises à la disposition des commerçants. Pour plus de discipline et un meilleur contrôle.

Comme Maurice, le coût de la vie ne cesse d?augmenter. Il ne se passe pas une semaine ou des mois, sans qu?on entende dire que tel produit ou tel article a connu une hausse. Mais les critiques s?exprime surtout pour ce que les Rodriguais qualifient ?de largesses des commissaires?. Ils ont eu un budget de Rs 12 millions pour acquérir des voitures hors taxes. Certains ont choisi des? Pajero. Alors que tout le monde sait que la voiture idéale pour rouler à Rodrigues, surtout quand il s?agit d?aller régler des problèmes dans les régions éloignées, est le 4x4. On comprend mieux la colère de ceux qui avancent qu?ils continuent de boire de l?eau saumâtre alors que certains ?profitent de l?autonomie pour rouler dans de belles voitures?.

La décision de freiner l?octroi des baux de terrains fait également grincer les dents. Pourtant l?ancien ministre de Rodrigues, Joe Lesjongard, avait encouragé les Rodriguais à s?inscrire pour de tels terrains afin qu?ils puissent vivre dans de meilleures conditions et surtout pour encourager l?esprit d?entrepreneur.

La majorité des Rodriguais croient que l?île devrait devenir financièrement autonome. Ils estiment que le secteur de la pêche pourrait apporter des revenus. Le secteur touristique peut également être d?un apport considérable.

Alors, l?autonomie, une affaire de prestige ou apportera-t-elle les solutions que les Rodriguais espérent ? Pour le moment, c?est l?attentisme.

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