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Entre raretés et bonnes surprises

4 avril 2005, 00:00

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S?il fallait un symbole pour cette foire, des esprits malins pourraient le trouver dans la grosse voiture trônant à l?entrée : un nouveau modèle de Chrysler, partenaire de cette édition. Modèle aux lignes surprenantes, apparemment cossu, et, disent les spécialistes, conçue spécialement pour le marché européen. Des qualificatifs qui, à divers degrés, pourraient s?appliquer à bien des oeuvres présentées au salon Art Paris.

Le dernier surtout. Inutile de parler de la peinture de Roger Bissière (1886-1964) à un yuppie new-yorkais, qui ne jure généralement que par les très jeunes artistes contemporains et ne rêve que d?automobiles européennes. Le collectionneur français, belge ou luxembourgeois appréciera, lui, au stand de Jeanne Bucher, la subtilité des petits formats, les rapports ambigus entre figuration et abstraction, toutes les nuances d?une époque révolue mais attachante. On a ainsi vu un amateur, bien connu, passer à côté d?un flamboyant relief d?Antoine Perrot, pour s?arrêter devant un tendre petit Jean Leppien, qui fut de beaucoup son aîné, et son ami.

Honneur aux anciens, donc. Parfois encore bien remuants, comme le prouve la galerie Louis Carré avec les dernières sculptures de Pol Bury. Il y a maintenant un demi-siècle que l?artiste belge participa à l?exposition ?Le Mouvement?, chez Denise René, qui lança l?art cinétique. Bury bouge encore, au rythme de ses petits moteurs qui animent les plans colorés d?une étrange forêt abstraite.

Il y a, aussi de belles surprises : ces oeuvres proches du groupe Cobra, par un compagnon de route papillonnant, Pierre Wemaëre ; ces tableaux peints par Yvan Messac dans les années 1970, redécouverts dans une cave ; ou cette toile de William Wegman, montrant une sorte de tribunal baigné dans une lumière glauque. Wegman, avait interrompu son travail de photographe à la mort de Man Ray ? pas l?artiste surréaliste, mais le chien qui portait ce nom... Et, pour se consoler, il avait commencé à peindre, en s?inspirant des illustrations du Readers Digest.

Plus loin, chez Pascal Gabert, ce sont les dernières oeuvres de Gérard Thalmann, curieusement attiré par l?eau, et un ensemble d?un sculpteur suisse trop méconnu, Henri Presset. On appréciera aussi l?hommage que rend Larock-Granoff à un disparu récent, l?ami Rebeyrolle, en déplorant que personne n?ait songé à saluer un autre artiste regretté, Fabian Cerredo, qui fut pourtant un habitué de la foire.

Laquelle, et c?est bon signe, attire également les artistes vivants. On en a croisé de tous âges, le soir du vernissage, exposants ou pas. Un salon, avec de vrais artistes dedans : que demander de plus ?

<I>Source : Le Monde@fr</I>

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