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En manque de devises
<B>Par Stéphane Saminaden</B>
Maurice est donc désespérément à la recherche d?une aide financière pour poursuivre et accélérer la restructuration de l?économie. Après la désillusion subie concernant l?assistance financière européenne dans le cadre de la baisse du prix du sucre, Maurice perçoit dans le concept de ?Aid for Trade?, un nouvel espoir.
Les enjeux sont importants. Si le pays ne restructure pas son économie maintenant et avec volontarisme, l?avenir sera sérieusement hypothéqué. A vrai dire, on retombera dans le sous-développement. Mais la tâche nécessite la mobilisation de ressources financières qui sont au-delà de nos capacités.
La restructuration de l?économie implique la consolidation des secteurs existants ? sucre et textile ? et la création de nouveaux secteurs. Pour ce qui est de la consolidation du sucre, on connaît l?addition : Rs 25 milliards. Un plan de restructuration pour le textile a été estimé à quelque Rs 3 milliards. De manière générale, ces deux secteurs n?ont pas les moyens pour un tel effort financier. Dans le textile-habillement, la Compagnie mauricienne de textile est une exception.
Pour ce qui du financement des nouveaux secteurs, l?Etat ne peut se permettre de répéter le même scénario que la construction de la cybercité et de la cybertour. Il faudra trouver de nouveaux modèles de partenariat entre le public et le privé pour financer l?éclosion de nouveaux secteurs. Les concepts ?Build Operate Transfer? ou ?Public Private Partnership? n?ont rien donné mais il est impératif de trouver un modèle acceptable aux deux parties.
Par ailleurs, on peut aussi comprendre l?empressement de Rama Sithanen à trouver des devises en quantité pour aider à compenser le manque à gagner de Rs 4 milliards occasionné par la baisse du prix du sucre.
On a déjà vu l?impact de la contraction des recettes d?exportation du textile-habillement sur la balance commerciale, le compte courant et la balance des paiements qui sont tous trois dans le rouge. L?impact d?une baisse additionnelle de Rs 4 milliards dans nos revenus en devises sera désastreux. Surtout couplé à des besoins en devises plus importants pour payer notre note pétrolière.
Les réserves en devises du pays baissent et cette baisse s?accélérera. La capacité du pays à payer pour ses importations et à repayer la dette extérieure sera mise sous pression.
En attendant que le tourisme et d?autres nouveaux secteurs arrivent à générer suffisamment de recettes en devises, il faut vite trouver des alternatives. C?est sans doute dans cette logique que les autorités encouragent les banques à prendre des emprunts en devises.
Par ailleurs, on aura constaté que suite à la hausse de 1 % des taux d?intérêt, le marché des devises s?est stabilisé. De nombreux vendeurs se sont manifestés. Mais jusqu?où peut-on aller dans cette voie et quels sont les réserves cachées qu?on peut espérer attirer ?
Attirer des investissements étrangers est également une solution mais il faut faire vite avant que les indicateurs ne soient si dégradés qu?ils feraient fuir les investisseurs.
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