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Empoisonnement
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
La peur de l?intoxication alimentaire n?a jamais été aussi bien nourrie. Les premières inquiétudes ont été générées par le lait frelaté de Chine mais on prend conscience, peu à peu, que les risques auxquels nous sommes exposés sont très nombreux. Du «Kebab» au «Kalamindas», plusieurs aliments en vente libre chez nous contiennent des agents chimiques non-conformes aux normes.
Deux facteurs ont contribué à rendre notre alimentation peu sûre. D?abord le contrôle des produits alimentaires n?est pas rigoureux. Des inspecteurs sanitaires sont accusés de complicité, voire de corruption, car c?est sous leur regard indifférent que des produits douteux sont vendus. Ensuite, il y a l?inconscience des politiques. Ils n?ont rien fait alors les commerçants tournent en farce le «Food Act», une législation parfaitement ignorée.
Le nouveau ministre de la Santé, Rajesh Jeetah, a raison de dire «qu?il y a un gros travail à faire au niveau des autorités sanitaires» mais le problème, c?est que les politiciens ne sont pas crédibles. Personne ne le croit quand il prétend que le «Food Act» sera respecté.
Le même ministre déclare, dans l?interview qu?il a accordée à «l?express» il y a deux semaines, que «pour les pistaches, nous avons réagi très vite. Déjà, les résultats confirment cette présence» Il répondait à une question sur la présence de la rhodamine dans les pistaches. «Très vite» ? En vérité, cela fait plusieurs années que la contamination des pistaches a été révélée.
Dans un article publié dans notre numéro du jeudi 31 mars 2005 ? et qui peut être consulté sur le web ? nous écrivions, sous le titre : «Pistaches salées : Attention aux colorants», que la rhodamine était couramment utilisée par les commerçants. Citons un extrait de cet article, publié il y a plus de trois ans : «Les colorants utilisés dans la préparation de pistaches salées peuvent être dangereux... Selon le ministère, neuf marchands de pistaches salées sur dix utiliseraient la rhodamine, un colorant cancérigène interdit dans la préparation de ce produit. C?est ce que confirment les prélèvements effectués par les inspecteurs sanitaires à intervalles réguliers.» Plus de trois ans après, un ministre redécouvre que la rhodamine est utilisée à Maurice.
Dans un autre article publié, le mardi 1er mars 2005, nous rapportions que le Sudan 1, un colorant cancérigène, a pu trouver son chemin jusque dans les assiettes des Mauriciens. Or, du piment moulu importé de l?Inde et auquel ce colorant est ajouté est toujours disponible dans nos boutiques. Les inspecteurs de la Santé n?ont fait aucun suivi du dossier.
Il est possible de lister des dizaines d?autres exemples pour établir la preuve du laxisme et de la complaisance des autorités sanitaires. Mais ce n?est pas nécessaire. Essayez de consommer un produit alimentaire vendu par un marchand ambulant près d?une des gares d?autobus et vous en serez la preuve.
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