Publicité
Emergence d?une industrie de l?innovation et de la mode
Par
Partager cet article
Emergence d?une industrie de l?innovation et de la mode
L?industrie du textile est appelée à se transformer. Le ministre de l?Industrie et du Commerce, Rajesh Jeetah, veut, à travers le projet de loi Fashion and Design Institute Bill, promouvoir la créativité, l?innovation et la mode.
Le leader de l?opposition, Paul Bérenger, y est presque favorable, à part quelques réserves. Cependant, la députée du Mouvement socialiste militant (MSM), Leela Devi Dookun Luchoomun, trouve que ce projet de loi a des allures «osées et arrogantes». Un argument que conteste vivement le député de la majorité, Ram Mardemootoo, qui demande à voir ce que ce projet de loi apportera au pays dans dix ans. Il a été voté hier soir sans amendement.
Ce projet de loi prévoit de mettre sous un seul toit le département de textile de l?université de Maurice, l?école de design de l?Industrial and Vocational Training Board (IVTB) et le Textile and Apparel Development Centre d?Enterprise Mauritius. Le rôle de cet institut sera de dispenser des cours dans les domaines de la mode et du design.
Le ministre Jeetah affirme que le secteur du textile et de l?habillement ne sera pas la seule préoccupation de l?institut. Il s?agira également de promouvoir la créativité, le design dans les secteurs de la bijouterie et de l?ameublement, entre autres. D?autant qu?il estime que la culture du design fait cruellement défaut à Maurice.
Dans un contexte international compétitif, il est impératif que l?île Maurice n?adopte pas une attitude de «wait and see» sur ce dossier en développant des labels privés, qui vont apporter une importante valeur ajoutée.
La députée Luchoomun, elle, se préoccupe du fait qu?aucune alternative n?a été offerte aux employés qui ne choisissent pas de travailler pour l?institut. Ils sont appelés à prendre leur retraite. Ce n?est pas conforme aux droits des travailleurs, soutient-elle avec force.
Cette fusion des institutions est une bonne chose, selon Paul Bérenger. Il estime que cette synergie pourra apporter des résultats. Cependant, il dit ne pas comprendre pourquoi la nomination du président de l?institut doit revenir au chef du gouvernement. «C?est une motion de blâme contre le ministre de l?Industrie», fait-il ressortir.
Le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, a voulu rassurer Paul Bérenger au sujet des consultations avec le privé et le personnel de l?université de Maurice et de l?IVTB. Un comité de coordination a été mis en place avec le privé alors qu?il y a eu des discussions avec le personnel de l?université.
Leela Devi Dookun Luchoomun craint, par ailleurs, que les frais soient «prohibitifs» pour les étudiants et brandit le spectre d?une privatisation de l?enseignement supérieur. Tant et si bien que le Deputy Speaker, Jean-François Chaumière, l?a interrompue en lui disant «de ne pas avoir de sombres motifs ».
Elle appréhende également les affiliations que l?institut peut avoir avec d?autres organisations. La loi donne toute la latitude à l?institut pour s?affilier avec l?organisation de son choix. «It could be tricky.»
De plus, la députée ne voit pas comment ce projet de loi, dans ses dispositions actuelles, peut promouvoir l?esprit de créativité. Sans manquer d?évoquer une autre inquiétude, celle de la mainmise du ministre de l?Industrie sur le conseil d?administration de l?institut, vu qu?il aura le pouvoir de nommer ses membres.
La griffe des créateurs asiatiques
Ram Mardemootoo, également engagé dans le textile en tant qu?entrepreneur, est bien plus enthousiaste. Même s?il note qu?on n?a pas inventé la roue. Mais il faudrait donner la chance au secteur textile de s?engager dans une nouvelle voie. «Tout comme l?industrie du sucre sera désormais connue comme celle de la canne, le secteur du textile n?existera plus et cédera la place à l?industrie de la mode et du design.» La compétition féroce couplée aux coûts excessifs de fret et du pétrole, entre autres, exige des changements, argue-t-il.
Pour que cet institut soit une réussite, il faudrait encore que des Chief Executive Officers de réputation internationale dans ce domaine, puissent être sollicités et que des créateurs asiatiques puissent apporter leur griffe.
Publicité
Publicité
Les plus récents