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Embrouille autourd?un coup de feu
Les noctambules n?oublieront pas de sitôt la nuit de vendredi à samedi à Grand-Baie, surtout ceux qui attendaient devant la porte d?entrée d?un pub privé, le Little Buddha, pour y avoir accès. Finalement, ils ont changé d?avis en prenant leurs jambes à leur cou. La raison de ce sauve-qui-peut : un coup de feu tiré à l?entrée de la boîte de nuit, vers une heure du matin.
Les versions sur cet incident divergent. Un videur raconte qu?un homme a pointé son revolver sur son front avant de faire feu en l?air car l?accès lui avait été refusé, n?étant pas membre de ce pub. Ce dernier sera par la suite identifié comme étant un sergent de la CID de Curepipe, dirigée par le surintendant Hurrydeo Raddhoa.
Selon le videur, six hommes se sont présentés à la porte d?entrée, exigeant d?y être admis. « Zot dir zot bizin rant la », relate-t-il. C?est devant son refus répété que l?un d?eux a sorti son arme à feu pour le menacer. Il précise qu?à aucun moment ces agents lui ont présenté leur carte de police ni un mandat de perquisition.
Le coup parti, c?est la panique parmi la trentaine de personnes à la porte. Une bousculade s?ensuit, certains se retrouvent à terre, au risque d?être piétinés. « Kan linn tir kout bal la ki linn dir li enn serzan lapolis, ki li ena droi fer seki li envi », confie un de ceux présents. Des policiers de faction seraient d?ailleurs témoins de la scène.
Tout s?est passé très vite et le sergent et ses collègues embarqueront à bord d?un 4x4 banalisé pour quitter les lieux sur les chapeaux de roue. La plaque d?immatriculation du véhicule a même été relevée par des témoins de la scène.
Toutefois, la version du sergent en question est tout autre. Selon lui, les choses se sont passées autrement. Il dit qu?il était à la recherche de deux suspects impliqués dans une affaire de kidnapping d?un bébé à Curepipe quelques jours plus tôt, comme le confirme son chef hiérarchique, le surintendant Hurrydeo Raddhoa. À ce moment précis, il avait des renseignements que les deux hommes se trouvaient à l?intérieur du pub.
Le sergent soutient que lorsqu?il a débarqué, c?est le videur qui a sorti une arme en premier et a fait feu. Il n?aurait alors eu d?autres recours que d?utiliser son arme de service. « Ti gaign renseignman ki de sispe la ti laba. Letan bann polisie la finn prezant zot, sekurite la finn komans koz brit ar zot. Kan sekirite finn tir en kout bal, policier la finn gaign la prezans despri servi so zarm », affirme l?officier Raddhoa.
<B>Démêler le vrai du faux</B>
L?altercation ne serait pas sans conséquence car il ressort, selon les servi-ces de police, que deux des collègues du sergent ont été blessés à la tête et à l?estomac. « Nou finn al lopital ENT Vacoas. Se a partir de la ki medsin finn refer zot Candos », explique un de leurs supérieurs.
Cependant, malgré qu?une enquête ait été ouverte, aucun d?eux n?avait été examinés par le médecin légiste en chef de la police, le Dr Satish Boolell, qui était de garde hier, presque douze heures après les faits.
Le poste de police de Grand-Baie a procédé, hier matin, à une enquête préliminaire, sous la supervision du responsable de la Northern Division, l?assistant commissaire de police, Rajesh Ramen avant de refiler le dossier au Central CID pour démêler le vrai du faux.
En attendant, Hurrydeo Raddhoa défend ses hommes : « Mo ti a voudre fer resortir qui ti kapav vinn bien grav kot dimounn ti kapav trouv la mort. Les policiers ne faisaient que leur travail. Malgré ça, deux d?entre eux ont été blessés à la tête et à l?estomac par un videur. Se ki revoltant, bann lapolis ki ti laba pas finn port zot aukenn led. »
Ce sera à ses collègues du Central CID de tirer les conclusions de cette sombre affaire.
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