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Démocratie Estudiantine

12 octobre 2008, 00:00

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Elles ont fière allure. Les trois énormes banderoles déployées sur l?une des façades de l?université de Maurice (UoM) interpellent en effet les passants. Cette année, la campagne pour l?élection des membres de la Students Union de la fac, se déroule dans une ambiance particulière. Marquée par une débauche de paroles et d?arguments? mais aussi de moyens financiers.

Il ne faut pas être naïf. Mener une « campagne électorale » nécessite des moyens financiers. Les affiches, les plaquettes, les banderoles? tout cela finit invariablement par coûter une coquette somme. Il est donc normal que les trois regroupements d?étudiants en lice pour les élections de mardi et mercredi fassent appel à la générosité de quelques sponsors.

L?enjeu principal de cette élection pour ces acteurs « hors-campus » est d?asseoir ou de développer leur présence ? et influence ? dans l?institution ou alors d?y faire leur entrée. La fabrication de deux des banderoles que nous évoquons plus haut coûte plusieurs dizaines de milliers de roupies. Qui a financé leur acquisition ?

Nous ne pensons pas que les candidats adopteront dans les jours à venir une politique de transparence totale qui les amènera à révéler combien ont coûté leurs campagnes, ainsi que comment et par qui elles ont été financées. Si ces politiques en herbe veulent jouer aux cachottiers comme leurs aînés des grands partis, soit.

A défaut de telles révélations, nous nous contenterons d?évoquer les échos qui nous parviennent de Réduit. Selon des étudiants et d?autres observateurs à l?UoM, les trois plus grands mécènes de ces étudiants seraient un important parti politique, une grande entreprise du pays ainsi qu?une organisation sectaire.

Que la politique s?intéresse à la démocratie estudiantine, ce n?est pas une nouvelle. Dans quasiment toutes les démocraties vivantes, les mouvements d?étudiants sont fichés à gauche ou à droite, chez les conservateurs ou chez les libéraux, démocrates ou républicains. Que cela se produise à Maurice n?a rien d?inquiétant. Les partis politiques ont même raison de s?intéresser à ce vivier d?où ils pourront extraire de futurs candidats ou identifier des compétences qui seront éventuellement appelés à servir le pays à de hautes fonctions. Toutefois, à l?UoM, il est juste dommage que ce ne soit qu?un seul parti qui mène la danse?

Quand les politiques vont à la chasse aux candidats, les entreprises, elles, rentrent à l?université pour y ferrer ou fidéliser des clients et même, dans de rares cas, y repérer des collaborateurs potentiels. Mais l?entreprise qui paraît en ce moment financer la campagne d?une groupe a, semble-t-il, d?abord un agenda marketing en tête. En espérant que ses affiches soient plus tard bien visibles sur le campus. Et qu?éventuellement un futur IT Fair à la fac lui fasse la part belle.

A la faveur de l?élection de ses poulains.

Reste l?organisation sectaire, bien connue pour ses méthodes radicales. Pour celle-ci, une présence sur le campus n?est qu?un moyen de plus de faire de l?entrisme dans toutes les sphères auxquelles s?intéressent les partis politiques et le pouvoir.

A n?en point douter, si demain les protégés de cet organisation se font élire, celle-ci n?hésitera pas à se prévaloir qu?ils ont « zot bann » à l?université et qu?il sera hors de question que la direction de l?institution ou le gouvernement fasse quoi que ce soit qui pourrait nuire aux intérêts de « zot bann » à la fac.

S?il y a une leçon que nos jeunes étudiants doivent apprendre c?est qu?il y un prix à payer quand on s?acoquine avec des lobbys sectaires, économiques et politiques ? une partie de son indépendance ! Ils gagneraient à bien s?en souvenir avant d?être totalement noyautés?

Loin de la cohue de Réduit, Paul Bérenger se la joue James Cameron en parlant de la crise financière internationale ! Selon le leader mauve, Rama Sithanen, le ministre des Finances et Manou Bheenick, le gouverneur de la Banque de Maurice, mènent Navin Ramgoolam dans un bateau appelé « Sithanic ».

On reconnaît volontiers à Bérenger un sens de l?humour particulier. Mais dans des moments où les Bourses du monde entier paniquent. Et où les décideurs publics et économiques des pays développés et émergents balbutient des stratégies de sorties de crise, on aurait aimé entendre les solutions que préconise le leader du MMM. Plutôt que son humour à deux balles !

Lors d?un forum organisé cette semaine par la Mauritius Export Association, des dirigeants d?entreprises ont eu l?honnêteté de dire qu?ils ne savent pas vraiment quelles solutions proposer pour que Maurice ne soit pas frappé de plein fouet par les effets de la crise financière.

Car finalement ils avouent que les effets de la crise ne sont pas encore clairement quantifiables.

Alors donc, si Bérenger a déjà vu le pays percuter l?iceberg de la crise, c?est qu?il a un diagnostic précis de ce qui nous arrivera ! Si sachant tout cela, il ne propose pas de solutions, on sera forcé de croire que soit Bérenger est un dangereux anti-patriote qui refuse de partager ses solutions miracles afin de sauver le pays. Ou alors qu?il raconte vraiment n?importe quoi?

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