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Démarrage reporté
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Les corps parapublics, les agences publiques et les sociétés étatiques jouent un rôle déterminant dans la mise en œuvre du programme gouvernemental. Le temps que met le nouveau gouvernement pour remplir les postes de direction dans les institutions sous sa charge, ne peut que gêner le démarrage rapide des affaires qu’il avait souhaité.
L’alternance politique est généralement accompagnée de renouvellement à la tête de ces entités. Il faut des hommes et des femmes qui, à la fois, épousent les intentions des décideurs politiques et qui, d’autre part, ont les capacités professionnelles pour mener à bien les tâches dont ils ont la responsabilité.
Valeur du jour, il y a encore beaucoup de spéculations qui entourent les éventuelles nominations à des postes stratégiques. Cela ne peut qu’envoyer des signaux confus aux opérateurs économiques qui déjà, commencent à s’inquiéter de la forme et du degré de l’intervention de l’Etat dans le marché.
Des institutions tels la Mauritius Telecom, la State Bank of Mauritius, la State Investment Corporation, Air Mauritius et le Sugar Investment Trust sont toujours en attente d’une nouvelle commande, soit au niveau du management, soit au niveau du conseil d’administration. Les choses se compliquent davantage lorsque même les instances de régulation, à l’instar de la Financial Services Commission, sont sans direction.
Les retards peuvent se justifier si les compétences recherchées sont rares et qu’il faut même aller les chercher sous d’autres cieux. Mais dans la majorité des cas, le choix ne devrait pas poser trop de problèmes.
C’est le profil des candidats qui demeure la considération la plus problématique. De manière générale, un nouveau gouvernement profite des exercices de renouvellement de la direction des “State Owned Enterprises” et des corps parapublics pour essayer de caser des “copains de parti”. Les nominations dites politiques sont souvent décriées par les opposants au régime qui eux aussi se sont adonnés à de telles pratiques.
Une entreprise parapublique est investie de pouvoir et d’une mission par rapport à des objectifs établis par un ministère et par extension, l’Exécutif. Le gouvernement doit pouvoir faire confiance aux membres du conseil d’administration ainsi qu’aux cadres de direction qui ont la tâche de mettre en pratique son programme dans un secteur spécifique.
Mais il y a aussi des règles de base à respecter. Le “copinage”, même s’il est inévitable, doit être contenu dans de justes proportions. Les nominations doivent pouvoir apporter de la valeur à l’entreprise et contribuer à son développement stratégique. Le plus gros danger est de laisser les considérations bassement politiques déterminer les équipes dirigeantes et les stratégies des entités concernées. Les organismes publics doivent non seulement redémarrer. Encore faut-il qu’ils soient adéquatement équipés en termes de “leadership” pour affronter le nouveau mandat.
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