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Durablement en retard?
<B>Par Nad SIVARAMEN</B>
«Si les Mauriciens sont très sensibles aux risques que représente un cyclone, ils le sont moins sur les risques des conditions climatiques extrêmes suscitées par un tsunami, des pluies torrentielles, des inondations et des fortes houles. La démonstration a été faite la semaine dernière lorsque des pluies torrentielles se sont abattues sur l?île», relève, avec pertinence, Pynee Chellapermal, du Centre de documentation, de recherches et de formation indianocéaniques. Sur le site de Media Terre, le système d?information mondial francophone pour le développement durable, il estime que «le changement climatique et ses conséquences sur les catastrophes naturelles devraient être pris au sérieux et intégré dans l?élaboration des politiques de développement durable et du plan d?action contre les catastrophes naturelles.»
À vrai dire, on n?a pas le choix. Car dans quarante-deux ans, en 2050, les îles de l?océan Indien compteront 48 millions d?habitants, selon les statistiques. Cette perspective, que l?on néglige, nous a été rappelée par le président du Conseil régional de La Réunion. Pour Paul Vergès et beaucoup d?autres, il s?agit «de décider ensemble du destin de nos communautés (?) de donner le sens de l?éco-développement par des partenariats gagnants-gagnants».
À plusieurs niveaux, l?île s?ur est en avance sur le reste de la région en considérant les mesures qui ont été prises pour le développement durable, surtout en matière d?énergies renouvelables. Du 1er au 7 avril, La Réunion vit une semaine de partage sur la problématique du développement durable. «Tout est lié au comportement de chacun. Rien ne se fera si on n?a pas conscience de la nécessité de protéger tout ce capital à la fois naturel, architectural et culturel», rappelle, de manière réaliste, Pierre-Henry Maccioni, le Préfet de La Réunion. Dans moins d?un quart de siècle, l?on estime que la population de La Réunion passera à un million. D?où la réflexion commune pour attirer l?attention sur les enjeux environnementaux liés à un accroissement démographique important. Notons par ailleurs le malaise ambiant des Réunionnais face au flux non-contrôlé de réfugiés de Mayotte, qui eux-mêmes fuient ceux d?Anjouan ou le reste du territoire comorien.
Sur un plan plus global, la planète sera invivable des 2030 si on ne résoud pas les problèmes environnementaux actuels. À l'horizon 2030, la population de la Terre atteindra 8,2 milliards d?âmes contre 6,5 milliards aujourd'hui, alerte l?Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Et si l'économie mondiale continue de croître au même rythme que ces dernières années, l?OCDE considère que sa taille doublera en trente ans. La demande de matières premières (produits agricoles, minerais, énergie fossile, bois, eau) va progresser de 60 (chez les pays industrialisés) à 160 % chez les nouveaux grands acteurs de la scène internationale (le Brésil, la Russie, l?Inde, l?Indonésie, la Chine et l?Afrique du Sud).
L?intégration régionale dans le contexte de la globalisation des marchés devrait revenir au centre des discussions entre les pays membres de la Commission de l?océan Indien. Cette institution, nous dit-on, devrait prendre un nouvel élan, grâce sous la présidence des Seychelles, un pays qui mise énormément sur le maintien en état de ses atouts naturels, magnifiques et fragiles à la fois, pour soutenir son développement. Le cadre du Programme d?action pour le développement durable des petits États insulaires en développement est déjà à l??uvre. Les dirigeants ont épousé le concept «d?île durable». Ce vaste programme est un défi pour toute la région, qui se doit de développer ses complémentarités face, entre autres, à la crise énergétique mondiale qui provoque une flambée des prix des denrées alimentaires et au changement climatique.
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