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Dulull demande aux squatters de s?adresser au ?Trust Fund?

21 juillet 2005, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Sous les étoiles. C?est là où la plupart des squatters évacués des maisons de la National Housing Development Company (NHDC), hier, ont passé la nuit. Ils disent n?avoir nulle part où loger. Ils se sont donc réunis sur des terrains vagues. Des tentes y ont été installées pour les accueillir en attendant qu?une solution se dégage.

Ces squatters, explique le ministre du Logement et des Terres, Asraf Dulull, devront s?adresser au Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups pour qu?une aide leur soit apportée sur le court terme. Le ministre a toutefois concédé que trouver une ?solution durable? au problème du logement nécessitera ?du temps et des moyens.?

Les lieux, qui mardi encore grouillaient de vie, étaient complètement déserts hier soir. Quelques silhouettes s?avancent furtivement à quelques dizaine de mètres du complexe de la NHDC de Cité-La-Cure. Installées sous une bâche verte, des mères de famille, assises à même le sol, tentent tant bien que mal de préparer le dîner de leurs enfants. ?Gouvernman bizin trouv ene solusion vite pou nou. Ena environ 45 fami ki na pli ena enn lakaz pou zot reste,? lâche Sybille Rémy, porte-parole des squatters de la localité. Des enfants en bas âge, emmitouflés dans des vêtements épais, semblent souffrir du froid qui frappe ce camp de fortune.

A Terre-Rouge, seules quelques maisons, occupées par leurs propriétaires légitimes, indiquent un retour à la normale. Afin d?éviter toute tentative de récidive de la part des squatters, des patrouilles de police ont été maintenues durant toute la nuit.

Regroupés autour de l?unique radio du camp, une centaine de squatters de La Tour Koenig expriment leur révolte. ?Gouvernman bizin pran nou kont,? clame Tressy, porte-parole du groupe. Ayant trouvé refuge sous un chapiteau, installé sur un terrain vague, tout ce petit monde n?a d?autre choix que de se serrer pour se tenir au chaud. Loin de se laisser anéantir par leur situation, Il règne ici, une ambiance plutôt animée. A Camp-Levieux, vers 22 heures, les squatters érigeaient toujours des tentes.

Asraf Dulull, s?est dit satisfait du déroulement des opérations d?évacuation menées dans les régions concernées. ?C?est finalement le bon sens et la compréhension qui ont prévalu hier. L?objectif des opérations menées par la police était de faire respecter la loi.? Il a réitéré son appel aux squatters n?ayant pas de maison de s?adresser au Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups pour trouver une ?solution d?urgence?. Il a assuré qu?il suivra, à cet effet, la situation de près.

Menace d?immolation

Les opérations d?évacuation menées à Camp-Levieux, à Chebel, à Terre-Rouge et à Pointe-aux-Sables hier matin se sont déroulées dans le calme. A Camp-Levieux, une dizaine de familles s?affairaient déjà, aux petites heures du matin, à embarquer leur mobilier et autres effets personnels dans des camionnettes. La force régulière, présente depuis tôt, achevait de convaincre les derniers squatters de quitter les lieux conformément au délai qui leur avait été accordé. Les allées de terre étaient toutes jonchées de matelas, tables de cuisine, armoires et de bonbonnes de gaz attendant d?être transportés ailleurs. Les logements sociaux se sont ainsi peu à peu libérés avant d?être de nouveau scellés.

A 13 heures toutefois, les membres d?une même famille qui occupaient deux maisons refusaient toujours de quitter les lieux. Devant la ferme intention des policiers de les déloger, l?une des squatters a même menacé de s?immoler. ?Mo na pas pou sorti depis dan sa lakaz la, si zot seye, mo pou met difé ar moi.? Les policiers prennent la menace très au sérieux. Le dispositif de sécurité se resserre. Les heures s?écoulent mais la situation ne semble pas se décanter. Un groupe de policiers s?approche peu après et distribue aux adultes et aux enfants des paquets de biscuits et des bouteilles de boissons gazeuses. Les visages se détendent, les négociations peuvent se poursuivrent. Les policiers réussissent finalement, avec tact, à la raisonner après plus de deux heures de pourparlers. Un véhicule de la police est même mis à leur disposition pour leur permettre d?emporter leur mobilier.

Partis de leur plein gré

Les forces de l?ordre dépêchées à Chebel ont dû faire face à une situation similaire lorsqu?une des occupantes illégales des appartements de la NHDC a déversé un produit inflammable sur ses vêtements en menaçant d?y mettre le feu. Là encore, toute la persuasion de quelques officiers de police a été nécessaire pour éviter qu?un drame n?envenime une situation déjà très tendue. La quarantaine de maisons qui étaient encore occupées hier matin avaient pratiquement toutes été évacuées à 11 heures. Affirmant qu?ils n?ont nulle part où aller, les squatters ont aussitôt pris la direction d?un jardin, situé à proximité du complexe de la NHDC, pour y planter une tente où passer la nuit.

A Terre-Rouge, où une vingtaine de familles occupaient illégalement des logements sociaux hier matin, la tâche a été plus simple. Les squatters ont en effet accepté de s?en aller de leur plein gré. Un des leurs, Désiré Jonhson, a toutefois été arrêté par la police, ce qui a provoqué une tension parmi les occupants illégaux.

Une fois les opérations d?évacuation terminées, des unités de la Special Supporting Unit ont été dépêchées sur place pour la nuit pour éviter que de nouveaux squatters n?investissent les maisons.

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