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Kronik KC Ranze

Et si l’on parlait d’explosifs ?

5 juillet 2026, 10:00

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Et si l’on parlait d’explosifs ?

On reproche à Ramgoolam d’avoir brutalement et sans consultation poussé l’âge de la pension à 65 ans et d’avoir présenté les réformes de cette année, means test y compris, de la même manière ?

Or, ceux qui s’intéressent à la question convergent tous, depuis des années, vers le constat que la pension universelle est une bombe à retardement qui va exploser aux dépens des générations futures si l’on ne fait rien. Et au-delà des constats, de Bérenger à SAJ, de PKJ à Manraj, on n’a rien fait à part deux choses qui ont effectivement aggravé le problème ! D’abord, le BRP est devenu le ‘political football’ favori de nos politiciens qui s’en tapaient, d’une élection à une autre, à scorer avec les 250 000 retraités, dont on voulait acheter les votes, à qui mieux mieux ! D’autre part, il y a eu la réforme CSG qui a tué le NPF, négligé son déficit qu’il faudra combler au cours des ans et qui a créé une CSG, déficitaire dès le départ et largement pillée à d’autres fins…

Le comité d’experts ne peut que proposer à partir d’une situation réelle qui est catastrophique. La NPF et les divers Defined Benefit Schemes où le gouvernement est impliqué portent un déficit cumulé de Rs 166 MILLIARDS ! On s’en sort comment ? Les experts, qui connaissent certes mieux l’équation que vous et moi et tous ces citoyens/syndicalistes/politiciens qui semblent avoir une opinion tranchée à propos du ‘vol’ de leurs droits, ont évidemment proposé des solutions qui vont être pénibles maintenant, pour éviter l’encore plus pénible dans quelques années. Qui ne peut pas comprendre cela ?

Ramgoolam et le comité d’experts ont été brutaux parce qu’il fallait tenter de rattraper environ 30 ans d’indécision consciente ! En fait, la nation devrait leur être reconnaissante d’essayer! Les alternatives, qui ne désamorceraient pas cette bombe à retardement de toute façon (TVA, capex public réduit, moins de services publics, moins de fonctionnaires, réduction de gaspillage, ventes des ‘bijoux de famille’, etc.), vont être douloureuses aussi ! Ne rien changer et vivre dans l’illusion de la cigale adoptée par Jugnauth/Padayachy serait impardonnable et dévastateur à plus ou moins brève échéance… Qui ne voit toujours pas ça ?

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Vous vous souvenez de la campagne soutenue de Lady Di contre les mines terrestres qui déchiquetaient ceux qui y posaient le pied ? C’était une campagne motivée par de profonds sentiments humains sans doute, mais je soupçonne que cette campagne avait obtenu un fort soutien populaire à cause de l’image dérangeante d’amputés. L’image d’un enfant innocent ayant joué ou marché sur une mine était évidemment bien pire !

«Le plus grand danger d’une bombe, c’est dans l’explosion de bêtise qu’elle provoque»

Octave Mirbeau

L’humain est un être complexe. Son cortex cérébral s’accommode mal d’amputés par mines terrestres, mais semble s’accommoder plus facilement d’humains blessés autrement, mettons par balles, ou par lance-flamme ! On semble s’accommoder encore plus facilement des morts, dans des conflits qui ne cessent de nous interpeller ; enfin quand les médias ne les oublient pas, de lassitude ou pire. Il y a pourtant des morts et des blessés quotidiennement au Soudan (1 521 000 morts depuis le début du conflit en 1955 et 6 896 depuis janvier 2026), au Myanmar (214 000 depuis 1948, 6 030 depuis janvier), en Ukraine (750 000 depuis 2014, 29 486 cette année), à Gaza, au Liban et en Cisjordanie (la guerre arabo-israélienne a tué 263 000 individus depuis 1948 et 9 658 en 2026), au Congo (219 700 depuis 1960, 2 321 cette année), en Somalie (peut-être 1,0 million depuis 1981 ?, 3 888 depuis janvier), au Maghreb (485 500 depuis 2002, 12 170 en 2026), au Kurdistan (7 015 morts cette année), en Colombie (1 029 en 2026), en Éthiopie (3 472), en Afghanistan (2 642), au Nigeria (2 150) et une dizaine d’autres pays listés par Wikipédia comme étant toujours en guerre. Mais on ‘vit avec’ et on n’y pense même pas… Les morts gênent moins que les amputés ?

Pour retourner au sujet, il faut souligner que les mines (les explosives, à ne pas confondre avec …les frites !) sont bannies depuis 1997 par la convention d’Ottawa, signée par 160 pays, mais PAS par qui vous soupçonnez, c.-à-d. : les États-Unis, la Chine, la Russie, mais aussi l’Inde et le Pakistan. Parmi les 15 réfractaires au cours des ans on retrouve aussi une belle brochette comprenant la Corée du Nord (et du Sud), Israël, la Libye, le Myanmar, l’Iran et…. Cuba, qui n’a pourtant aucun voisin terrestre…

Encore plus inquiétant est le nombre de pays qui veulent maintenant sortir de cette convention devant le comportement agressif de voisins et donc les risques d’invasion ! La Pologne, les trois États baltes ainsi que la Finlande, tous membres de l’OTAN, voyant ce qui se passe à l’Est, ont ainsi demandé à être relevés du traité et en sont ‘libérés’ depuis décembre 2025. L’Ukraine est en instance de retrait de la convention. D’autres États européens réfléchissent. Merci M. Poutine !

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Personne ne connaît les finances des partis politiques. En effet, dans un pays qui ordonne la publication régulière des comptes de toutes les compagnies et associations du pays, qui impose la transparence aux ministères publics à travers l’Auditeur Général et qui exige aux agences gouvernementales et aux corps paraétatiques de se faire auditer et de publier leurs comptes (beaucoup sont diablement en retard !), il existe une EXCEPTION INACCEPTABLE ET TOXIQUE.

Les partis politiques!

Les partis politiques ont besoin d’argent pour ‘rouler’ leurs campagnes électorales (à défaut de régulièrement rouler les électeurs…) et depuis toujours, nos gouvernants, TOUS nos gouvernants, ont trouvé commode d’opérer sans transparence aucune ! Comme l’aurait peut-être dit SAJ avec sa gouaille légendaire : «Ça ne peut plus se continuer !»

En effet, ce manque de transparence a de très sérieuses conséquences. Une des plus graves, dont on parle peu, est que cette opacité garantit que l’argent du parti est entre les mains du leader, ce qui a l’ultime résultat de tuer la démocratie à l’intérieur du parti (Liz Truss serait peut-être encore PM si elle était à Maurice !), de favoriser la perpétuation des dynasties et de museler le législatif au profit d’un exécutif tout puissant ! De plus, sans transparence, la ligne de démarcation entre fonds du parti et usage personnel ou familial disparaît totalement.

Finalement puisque l’électeur ne sait pas qui contribue, il ne sait pas sous quelle influence potentielle est le parti pour lequel il souhaite voter.

Il est temps de mettre de l’ordre !

Les 220 millions des coffres-forts de Ramgoolam, les valises de Jugnauth, le financement du Sun Trust, les contributions de la BAI au MMM (révélées en partie seulement par la BAI elle-même, la loi requérant aux compagnies de publier le montant total canalisé vers la politique, mais pas exactement à qui. Être Westminstérien a ses limites ici, tout de même !), tout cela relève de la même maladie et du même embarras. On n’a pas besoin d’attendre aucun comité d’experts pour réformer au plus vite la loi sur le financement des partis politiques ! Les ‘experts’ étant les politiciens eux-mêmes! La nation a besoin de cet assainissement majeur de notre démocratie. Une nouvelle loi devrait au minimum exiger:

1/ L’audit et la publication des comptes annuels des partis. Le premier bilan légitimera en quelque sorte les réserves jusqu’ici cachées, que les partis rendront publiques pour usage électoral subséquent

2/ Un plafonnement des contributions à, mettons, Rs 1 million pour les individus et Rs 15 millions pour les compagnies, à actualiser toutes les cinq années, après les élections, ces contributions devant être détaillées dans le rapport annuel des partis

3/ En sus de ces contributions et afin d’en réduire l’influence, l’État pourrait contribuer une enveloppe de, mettons, Rs 100 millions pour chaque élection générale, en fonction du nombre de candidats, et du nombre moyen d’élus sur les trois dernières législatures. Les nouveaux partis bénéficieraient d’un ‘block grant’ minimum de, disons, Rs 500 000 afin de diffuser leurs idées, mais, pour éviter les arnaques, ne seraient rémunérés qu’ex post facto sur l’évidence de leurs actions.

4/ Afin de démarrer à neuf, à égalité et sans ressentiment sur le passé, il faudrait considérer une amnistie générale pour l’opacité des comptes et les accumulations d’argent, face à la FIAMLA. En effet, qui peut imaginer que le MSM n’a pas quelques dépôts ou des économies substantielles en ‘cash’, au vu de ce que l’on le voit dépenser à chaque élection ? Sa ‘chance’ c’est qu’il n’a pas été dénoncé par traîtrise parce que ses finances sont d’ordre plus familial ?

La réforme du financement des partis est essentielle pour une démocratie plus juste, plus transparente, que l’on respecterait mieux. Les détails sont évidemment à discuter. Mais la nécessité d’une réforme profonde est indéniable ! L’hypocrisie explosive qui veut que ceux qui votent les lois ont choisi TOUS de tolérer une exception de transparence financière à leur seul bénéfice est insupportable ! Cette verrue cancéreuse doit absolument être enlevée du faciès de notre démocratie ! Ne serait-ce que pour la dignité de ceux qui se targuent encore d’être démocrates… Et qui viendront chercher notre vote !

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