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Duel sur le fonds d?urgence
Un exercice simple a viré à un règlement de comptes tout au long des débats sur le budget supplémentaire qui a duré deux heures et demie. Le gouvernement a dépassé le plafond des dépenses prévues au budget de l?année précédente. Il s?est trouvé obligé de puiser plus d?un milliard de roupies du fonds d?urgence (contigency fund). Du coup, ce fonds est maintenant épuisé et le ministre des Finances, Rama Sithanen, explique qu?il doit y injecter de l?argent qui sera réutilisé au cours de la présente année budgétaire.
Mais Rama Sithanen en profite pour entrer dans le détail des raisons qui ont contraint à l?utilisation du contingency fund. Au passage, il égratigne l?ancien régime, provoquant l?altercation (voir hors-texte)
Nando Bodha, qui a donné la réplique au ministre des Finances, qualifie Sithanen de ?plus archéologue que ministre des Finances? - ce qui plaît beaucoup à Bérenger. ?To ena raizon ! Krokmor !? Bodha est d?avis que le ministre des Finances est de mauvaise foi quand il blâme l?ancien régime pour ses dépenses ?exagérées?, car le budget avait été voté ?en avril et vous êtes venus au pouvoir en juillet. Vous avez gouverné depuis. Est-ce que le ministre est confus et pense qu?il est en train de parler à Reuters ou à la MBC (NdlR : Mauritius Broadcasting Corporation) ?? se demande Bodha.
?Ces commentaires ne sont pas justifiés?, intervient le speaker. Bodha reprend et affirme que la plus grosse partie du montant de Rs 1,5 milliard a financé le transport gratuit, les élections et la lutte contre le chikungunya.
Propos repris par Paul Bérenger qui s?est dit très déçu de l?attitude du ministre des Finances. ?Be fair?, a-t-il demandé à plusieurs reprises. Il explique ? d?un ton théâtral ? que ?nous n?avons rien à nous reprocher. Nous sommes fiers du Centre Vivekananda mais la DWC (NdlR : Development Works Corporation), ce n?est pas nous, le chikungunya, ce n?est pas nous?, dit-il.
?Je suis un gentleman?
Répliquant à une critique de Sithanen selon laquelle le gouvernement avait demandé à la Banque de Maurice de leur avancer des fonds pour le centre de conférences de Pailles - somme qui, dit-il, n?a pas été remboursée -, Bérenger dit reconnaître que demander à la Banque de Maurice d?avancer de l?argent pour le centre de conférences n?était pas ?orthodoxe? mais que cela se pratiquait. Ce qui provoque les moqueries de la majorité. ?Pas orthodoxe ? Et il ose parler de bonne gouvernance ?? se demande Sinatambou d?un air incrédule.
?Le gouvernement peut faire appel à la banque?? ajoute Bérenger. Sithanen éclate de rire : ?Le gouvernement peut faire plus que faire appel?, dit-il. Bérenger n?ayant pas d?autre excuse, choisit l?humour : ?Je ne sais pas ce que le ministre fait dans son bureau? mais je suis un gentleman !? dit-il en riant.
Dans son résumé (summing up), Rama Sithanen se dit ?très déçu? par Paul Bérenger. Puisque, dit-il, celui-ci a fait un appel pour que ?je sois fair, je le serai.? Il explique qu?il ne savait pas que certaines obligations de l?ancien gouvernement n?avaient pas été remplies. Sithanen est d?accord que ?la majorité des dépenses a été encourue par nous. C?est vrai et nous en sommes fiers. Nous sommes fiers d?avoir tenu les élections, fiers d?avoir honoré notre parole, fiers d?avoir lutté contre le chikungunya. Mais ce n?est pas le but de ce projet de loi. Le but est de permettre au gouvernement de s?acquitter (clear) des dépenses pour que nous puissions soutenir les obligations financières de l?ancien régime. Obligations que vous n?avez pas honorées. C?est votre manière de faire qui n?a pas été correcte?, explique-t-il.
?Tom, Dick and Harry?
Le ministre des Finances dit qu?il s?élève contre ?vos méthodes (qui) n?ont pas été justes, transparentes et en accord avec les régles de bonne gouvernance. Nous sommes heureux d?avoir la cyber tour mais on ne peut pas financer un bâtiment d?une telle importance avec des avances que nous donne any Tom Dick and Harry.?
Il ajoute que les dépenses encourues avec la DWC n?a rien à voir avec sa fermeture, mais plutôt avec le fait que les pensions n?ont pas été payées. ?Et Bodha et Cuttaree osent venir parler de laboureurs qui triment au soleil?, s?exclame-t-il. Il parle aussi des déficits de la poste, de l?ordre de Rs 250 millions. ?J?aurai pu faire de la politique avec, Monsieur le président, mais je ne le ferai pas parce que je veux être responsable.?
Répliquant à une autre critique de Bérenger, qui avait demandé au speaker une opinion sur la participation du ministre des Finances à un débat télévisé alors que le budget fait encore l?objet de débats, Sithanen explique qu?il y a ?tant de gens qui ont des interrogations auxquelles je dois répondre, pendant que vous faites une campagne de désinformation?.
ALTERCATION
Sithanen versus Bérenger
■ Une fois de plus, ils se sont chamaillés. Cette fois, la dispute était entre Paul Bérenger et Rama Sithanen, avec le speaker comme arbitre? Rama Sithanen explique les dépenses de l?argent public au cours de l?année budgétaire 2005-2006. Au passage, il règle des comptes politiques. Il parle de la STC. Bérenger ne veut pas en parler. Il se lève et proteste.
Paul Bérenger refuse que la STC soit évoquée puisque les dépenses de cette compagnie ne figurent pas sur la liste circulée. Le speaker, Kailash Purryag, partage l?avis du leader du MMM. ?Vous n?avez pas à donner les raisons?, dit-il à l?adrese de Rama Sithanen. Le ministre des Finances insiste : ?Ce sont là les principes financiers de base?? Bérenger perd patience. ?Il n?y a pas d?item sur la STC. Le ministre ne peut pas en parler !? Vasant Bunwaree, Etienne Sinatamboo et Xavier-Luc Duval viennent tous à la rescousse de Sithanen. En vain. Bérenger demande au Premier ministre d?interrompre Sithanen, mais Navin Ramgoolam ne bronche pas.
Kailash Purryag est sur le point de perdre patience : ?Tenez-vous en aux principes !? lançe-t-il. Paul Bérenger est livide. ?Kouma zenfan ! Kouma enn baba !? marmonne-t-il. Son attitude n?est pas du goût de James Burty David qui lançe ?arrogant ! colon !? à l?égard de Bérenger. Sithanen essaie toujours de se faire entendre. Finalement, il dit : ?Demandez aux experts, ils vous expliqueront !? Ce qui n?est pas pour plaire à Bérenger. ?To pa exper dan standing orders ! Al aprann !? dit-il, dédaigneux.
Sithanen n?est à l?évidence pas sur la même longueur d?onde.?I have to clear it?, répète-t-il à plusieurs reprises. Il reprend son intervention jusqu?à ce qu?il mentionne la BPML. Et rebelotte. Bérenger objecte. Sithanen demande au speaker ?to be fair to me?. Finalement, le speaker n?a d?autre choix que de suspendre la séance pour 30 minutes afin d?étudier le problème. ?To krwar tou letan to ena rezon twa?, dit Sithanen, en colère, à Bérenger. ?He gave a ruling ! You are challenging his ruling! Zenfan !? est la réplique de Bérenger.
A la reprise, une demi-heure plus tard, le speaker ne fait aucun commentaire particulier et laisse poursuivre les débats. Ramgoolam, le ton espiègle, dit à Nando Bodha, en désignant Bérenger de la tête : ?Linn tro bez mwa kan mo ti dan lopozisyon??
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