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Dubuisson, Polisson
Il croque, il croque. Tout avec son crayon. Surtout ne pas s?arrêter qu?aux fesses et aux seins à l?air. Beaux restes du passé de nudiste de Raymond Dubuisson.
Le jeu de mot est facile. Raymond sort littéralement Dubuisson. Avec un album illustré. Pas une bande dessinée, mais des images qui sont presque des tableaux. Tous vivants. Chez lui, la caricature est aquarelle. Le ridicule essentiel.
Ingrédient incontournable de The lighter side of paradise, volume 2. «C?est plutôt pour les touristes», explique l?illustrateur seychellois Raymond Dubuisson, de passage à Maurice cette semaine. C?est aussi eux qui en prennent pour leur grade. Par le ridicule de certains comportements. Mais pas que.
«Torti pe vizit touris.» Les «zourit» qui vont «pike» le pêcheur. Les poissons qui ne mordent pas parce qu?ils sont tous devant un match de foot à la télé. La chauve-souris qui, parce qu?elle refuse de lâcher le couteau, oblige le cuisinier à s?excuser auprès des clients d?un restaurant : «Eskize, napa kouto ? napa kari sousouri.»
Tendance écologiste Dubuisson ? Pas qu?un peu. Comment ne pas être conscient de la nature, de la nécessité de sa protection, quand, après 20 ans passé à chanter ( jusqu?à en perdre sa voix) dans des cabarets, des mariages et des anniversaires en Australie, on a le luxe, comme Dubuisson, d?habiter Praslin. Ile paisible, où le voisin le plus proche est «loin», comme il dit.
Si les animaux sont des personnages réguliers de ce carnet de dessins, les hommes en situation embarrassante le sont tout autant. Infidélité, fantasmes, c?est aussi une libido libérée qui s?exprime à travers les dessins de Dubuisson. Avec une certaine simplicité de trait, proche du dessin du grand enfant. Mais si les proportions sont traitées de manière enfantine, Dubuisson illustre avant tout ses talents de coloristes. Toute la palette tropicale est là.
Peintre de père en fils
Pas étonnant quand on sait que Raymond vient d?une famille où l?on est peintre de père en fils. Son grand-père, d?origine mauricienne, se penchait déjà sur une chevalet. Son père, Robert, qui quitta Maurice pour les Seychelles, maniait aussi le pinceau. Raymond lui se passionne pour l?huile autant que pour l?aquarelle. Quand son père décide de s?installer en Australie, Raymond le suit. Après des études de langues, pour devenir prof d?anglais et de français, le travail de 9 heures à 16 heures rebute le jeune homme.
C?est avec sa guitare et sa voix qu?il gagnera sa vie. Durant deux décennies. «Avec la musique on est libre.» C?est ce qui explique pourquoi 20 ans séparent la publication du premier tome de The lighter side of paradise de celui qui vient de sortir.
L?humour lui, n?a pas bougé. Raymond Dubuisson se moque sans méchanceté. Donnant une image des Seychelles où «il y a de la comédie partout où on regarde». Un dessinateur unanime : «On peut rire de tout, mais cela dépend en quelle compagnie.»
*disponible en librairie à Rs 400
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