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Du rotin? sur la planche
A 66 ans, Mawlabaccus Moosbally réussit toujours à maintenir à flot son entreprise de fabrication de meubles en rotin, à Brisée-Verdière. Face à un marché extrêmement compétitif avec la prolifération des géants de l?ameublement, il mise plutôt sur l?originalité pour fidéliser les clients de la région.
Aujourd?hui, après trois décennies dans le métier, il continue à fabriquer ses meubles en utilisant le minimum d?outils : un sécateur, une scie, un marteau et un chalumeau (pour courber les tiges). Il n?y a pas le moindre appareil électrique dans son atelier. ?En 1976, j?ai emprunté Rs 125 d?un ami pour démarrer dans le métier. J?ai acheté un sécateur et une scie, que j?utilise encore. Comme je n?avais pas suffisamment d?argent, j?ai fait fabriquer un marteau avec un roulement de tracteur. Je garde encore précieusement ces outils qui me rappellent mes débuts difficiles dans le métier?.
Mawlabaccus a appris à fabriquer des meubles en rotin par lui-même dans le salon de sa maison. ?Lorsque je suis parti dans des ateliers de fabrication de meubles en rotin, on n?a rien voulu m?apprendre. Fou de rage, un jour j?ai juré que j?allais définitivement fabriquer moi-même des meubles en rotin. J?ai alors acheté d?un revendeur quelques tiges de rotin avec lesquelles j?ai fabriqué mon premier modèle, un ?sofa coquille?.
Travailler nuit et jour
Pour économiser de l?argent afin de construire un atelier, il doit travailler nuit et jour. ?Je travaillais de 8 heures à 3 heures du matin. Avec l?argent obtenu pour les meubles fabriqués pendant la journée, je subvenais aux besoins de ma famille, dont mes quatre enfants. Je remboursais mes dettes avec l?argent obtenu pour les travaux?.
En 1989, son rêve se réalise. Il fait construire devant sa maison à Brisée-Verdière, un atelier spacieux portant l?enseigne de M. Moosbally & Sons Rattan Centre.
?Aujourd?hui, je suis heureux que mon fils, Sahid, âgé de 40 ans, ait décidé de prendre un jour la relève. Je voulais apprendre aux jeunes de la région l?art de fabriquer des meubles en rotin, mais personne ne semble s?y intéresser. Si je travaille encore aujourd?hui, c?est plus par passion. Je n?arrête pas de créer de nouveaux modèles à la demande des clients. Pour moi, chaque meuble est unique?.
Le sexagénaire est bon dessinateur. Avant de mettre la main à la pâte, il fait des croquis des meubles. ?Je fabrique toutes sortes de meubles : des fauteuils, des chaises, des sofas, des tables, des lits, des commodes de rangement, des paniers, des abat-jour et des encadrements pour miroir. Je fais aussi de la décoration?.
Durée de vie de plus de 40 ans
A l?époque, il vendait un sofa à Rs 60. Aujourd?hui, le prix est passé à Rs 800. ?Mes meubles sont non seulement originaux, mais ils ont une durée de vie de plus de 40 ans. Je possède moi-même des ameublements que j?ai fabriqués depuis une trentaine d?années?.
Avant de se mettre à son propre compte, Mawlabaccus a connu une vie en dents de scie. A 15 ans, il se fait embaucher comme laboureur. ?A cette époque je vivais à Camp-de-Masque-Pavé. Je venais à bicyclette à Pont-Bon-Dieu pour y travailler. Je me suis marié en 1960 avant de louer une maison cinq ans plus tard à Brisée-Verdière?.
A Brisée-Verdière, Mawlabaccus a acquis une solide réputation pour son sérieux. Les commandes pour un set de sofa par exemple sont livrées dans un laps de temps d?une à trois semaines dépendant du modèle. ?Quand ou ena enn jardin bizin prend precaution pou gagne joli fleurs. Enn latelier li couma enn jardin ek client li bann fleurs. Si client pas vinni jardin vinn bois?.
Mawlabaccus a déjà pensé comment il compte passer le reste de ses vieux jours. ?Je prends des leçons de musique et j?écris des poèmes en urdu, en anglais et en français. De cette façon, je pourrais bien finir mes jours?.
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