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Du lait indien dans nos tasses
Le conflit s?étend entre les importateurs de lait et Rajesh Jeetah, le ministre du Commerce et de l?Industrie. Ce dernier, très irrité par la démarche de certains importateurs qui ?refusent? de réduire leurs prix, veut les prendre à contre-pied. Dans la discrétion la plus totale, le ministre Jeetah a donc donné son aval pour qu?une mission de la State Trading Corporation (STC) aille explorer le marché du lait indien.
Cette délégation a quitté le pays depuis plus d?une semaine pour la Grande péninsule et devait être de retour hier soir. Aujourd?hui, le chef de la mission devra remettre un document à Rajesh Jeetah passant en revue les possibilités et modalités de l?importation du lait d?Inde.
Les membres de la délégation ont pris contact avec plusieurs exportateurs de lait indien, particulièrement à New Delhi, la capitale. Ils ont également eu des discussions avec leurs homologues indiens de la STC, qui vont agir comme facilitateurs.
Si tout va dans le bon sens, le lait made in India sera disponible sur le marché local d?ici quelques mois. Des distributeurs agréés assureront la distribution de ce lait à travers le pays. La STC a récemment eu une réunion avec bon nombre de ces distributeurs pour solliciter leur appui. Ils ont promis qu?ils participeront à cette opération permettant de rendre le lait en poudre beaucoup plus accessible aux Mauriciens, surtout à ceux au bas de l?échelle.
D?autre part, des importateurs dans le secteur de l?alimentation, qui sont pour la démarche du gouvernement de revoir la marge de profit des importateurs de lait, ont exprimé des réserves sur le lait en provenance d?Inde. Ils ont allégué que l?aspect qualitatif et sanitaire doit être pris en considération.
Prashrant Agrawal, consul au haut-commissariat indien à Maurice, a, dans une correspondance à l?express, tenu à apporter des précisions sur le lait indien. L?Inde a connu la révolution blanche en matière de production laitière. En 1970, le pays produisait 22 millions de tonnes de lait. Aujourd?hui, l?Inde est le plus gros producteur de lait au monde avec un total de 91 000 tonnes.
<B>Prix compétitifs</B>
Le consul a fait remarquer que la totalité du lait produit en Inde est utilisée pour la consommation locale. Une très petite quantité est exportée. Une marque de référence est le lait d?Amul. Ce produit est très prisé aux Etats-Unis, dans les pays du Golfe et au Proche-Orient. L?année dernière, cette entreprise a exporté pour 1150 millions de roupies indiennes.
Prashrant Agrawal a concédé que l?Inde importe également du lait d?Australie et de Nouvelle Zélande en très petite quantité. Il est surtout destiné à des plats spécialisés dans la cuisine indienne et la pâtisserie. Contrairement à ce qui est dit, le lait indien est de très bonne qualité et les prix sont compétitifs, argue le consul.
Un importateur a réagi : ?Ou pense si dile sorti dan l?Inde ti mari bon e so pri konpetitif nou ti pou ale inport dile pli loin an Europe, l?Australie kot fre pli gran ??
Pour l?heure, de nombreuses marques de lait en provenance d?Australie et de Nouvelle Zélande se font de plus en plus rares sur les étagères des supermarchés et des boutiques. Les responsables de ces commerces n?ont pas eu de livraison depuis plus d?une semaine. Ils commencent à leur tour à rationner la vente du lait en poudre. Les consommateurs n?ont pas le droit d?acheter plus de trois sachets ou boîtes de lait d?un kilo par personne. Au train où vont les choses, une pénurie de lait en provenance de ces deux pays est à prévoir.
Pour contrecarrer la loi et pour ne pas tomber dans l?illégalité, certains importateurs continuent à livrer leur lait en poudre dans des sachets non pas d?un kilo, mais de 25 kg. A Rs 2 000, ces derniers sont hors de portée de la majorité des consommateurs.
Le gouvernement est donc bien déterminé à faire chuter le prix du lait de plus de Rs 20 le kilo. Il se veut intransigeant sur la marge de profit de 14 % imposée aux importateurs, bien qu?une réunion avec les représentants de la Chambre de Commerce et d?Industrie, jeudi, eût semblé indiquer un assouplissement du ministère sur la question.
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