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Drogue : attention danger

26 juin 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Toutes les conditions sont réunies pour une explosion du nombre de personnes atteintes par le virus du sida. Le nombre de travailleurs du sexe, qui s?injectent de la drogue avec de s seringues qu?ils s?échangent, et qui ont des rapports sexuels sans protection avec leurs partenaires, est croissant.

C?est le Rapid Situation Assessment and Response (RSAR) qui tire la sonnette d?alarme. Le RSAR est un rapport commandité par le ministère de la Sécurité sociale et la National Agency for the Treatment of Substance Abusers (Natresa). Ce rapport a été publié cette semaine. Il a été réalisé avec le soutien de l?United Nations Office on Drugs and Crime (Unodc).

« Notre enquête indique que 74,5 % des femmes interrogées se sont injecté de la drogue durant l?année écoulée. Nous avons alors conclu que 74,5 % de travailleurs sexuels consommaient de la drogue par injection », écrivent les rédacteurs du rapport à la page 32.

Un peu plus loin, les rédacteurs soulignent que sur les dix personnes qui ne suivent plus un traitement, six ont des relations sexuelles régulières. « 75 % de celles-là disent qu?elles n?ont pas jugé utile de se protéger lors des relations sexuelles ».

« Ce rapport, indique le directeur du Dr Idrice Goomany Treatment Centre, Mohammad Imran Dhannoo, est un outil de travail. Ses conclusions ne sont pas exhaustives. Il nous donne un aperçu de la situation de la drogue à Maurice et à Rodrigues. Il va déboucher sur l?élaboration d?un plan directeur à la suite d?un séminaire national. Seront alors établis les grands objectifs de ce plan d?action de même que les moyens financiers nécessaires à leur réalisation ».

Pour le président du conseil d?administration de la Natresa, Lindsay Morvan, la lutte contre la drogue n?est pas l?affaire de la Natresa seulement.

« La lutte contre la drogue nécessite une approche globale. Ce plan directeur sera l?outil de travail du gouvernement en matière de lutte contre la drogue. Il fera des recommandations non seulement dans le domaine de la réhabilitation mais également de la répression. »

Le directeur du Centre d?Accueil de Terre-Rouge, José Ah Choon, estime que le RSAR illustre une volonté du gouvernement à prendre le taureau par les cornes. « Cependant, il ne faut pas s?arrêter en si bon chemin. Je lance un appel tout particulier au ministère de l?Education. Il est temps d?inclure dans le cursus scolaire, un programme sur la prévention contre la drogue. »

Le Rapid Situation Assessment and Responses est certes une initiative louable. Il le sera davantage s?il ne connaît pas le même sort réservé jusqu?ici à d?autres rapports sur les différents problèmes : moisir au fond d?un tiroir.

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