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Drague suceuse, commissaires administratifs et messages de Noël
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Drague suceuse, commissaires administratifs et messages de Noël
Logiquement, il faudrait titrer cette chronique et l’entamer avec le sensationnel “come back” d’Indira Gandhi, après une traversée du désert, longue de trois ans et une victoire électorale encore plus nette que celle de 1971. On parle même de majorité de deux tiers pour son parti du Congrès. L’océan Indien interpelle également, en ce début de janvier 1980, avec le début de l’invasion de l’Afghanistan par la défunte Union soviétique.
A la rigueur, nous pourrions et devrions publier à nouveau une chronique mémorable d’Henri Souchon, intitulée “Tous responsables” : “Pour s’aimer, il faut se connaître. Pour se connaître, il faut se rencontrer. S’aimer pour bâtir la nation mauricienne. S’aimer pour servir cette patrie que nous construisons ensemble…” Du verbiage, sans le sens de la responsabilité… Des irresponsables ne feront jamais une nation… Mais comment susciter des responsables ? Comment coordonner les dévouements ? Comment se défaire des beaux parleurs inefficaces ? Des velléitaires qui se mettront au travail demain, autrement dit jamais. Il y a des impuissants que la tâche à accomplir écrase. Le colonialisme c’est se laisser manipuler par des étrangers. Le colonialisme garde un peuple dans l’enfance. L’infantilisme c’est chercher les solutions hors de soi. C’est chercher des boucs émissaires. C’est tout attendre d’un Sauveur imaginaire. Politiciens, patronat, fonctionnaires, syndicalistes accaparent les pouvoirs. Le citoyen compte pour rien. Il doit se réveiller. Sortir de sa torpeur. Se méfier des dictatures déguisées en démocraties. L’opinion publique n’est jamais assez forte. Le temps est venu pour un sursaut national. Le boom est fini. Nous tenons en nos mains bonheur et /ou malheur. Le temps est à l’action. A chacun son engagement et sa part de responsabilité. Par fidélité à nous-mêmes. Par fidélité aux générations qui suivront. “Le dodo est mort. Que naisse le Mauricien”. (N.B. : On attend toujours le faire part de naissance, cher Henri !)
Il nous faut pourtant laisser de côté ces paroles d’éternité et consacrer temps et énergie aux informations marquant d’une pierre blanche l’histoire des Mauriciens. A la drague suceuse “Mer Rouge”, par exemple. Sa construction est confiée à Taylor Smith. Elle sera opérationnelle en février 1980. Elle achèvera les travaux commencés par la drague suceuse Nassau Bay qui a sombré en septembre 1974. Elle terminera le comblage de la Mer Rouge. Il est aussi question d’un port de pêche à Roches Bois. Ce projet sera heureusement abandonné par un Premier ministre intelligent afin de sauver l’estuaire d’oiseaux migrateurs qu’il menaçait directement. La drague est une première dans l’histoire de Taylor Smith. Quatre pontons en faciliteront la flottaison. Taylor Smith fabrique aussi des tuyaux pour l’irrigation des plaines du Nord.
Port-Louis et la Marine Authority retrouvent Cyrille Nicolin, quittant Rodrigues, déçu qu’à la dernière minute le gouvernement confie à une firme étrangère le dragage du chenal que des Mauriciens ont réalisé en grande partie. Il ne leur restait que cinq mois de travaux pour terminer la tâche qui leur avait été confiée. Zens déhors meillère ki zens local. Le sort s’acharne aussi sur le rescapé du naufrage de l’Induna, Kim Mc Pherson (voir l’express du 4 octobre 2004). On lui dérobe ses affaires, se trouvant dans sa voiture, garée devant le Merchant Navy Club et son yacht, le Symbol, est drossé sur le rivage, lors du passage de Claudette.
De la drague suceuse passons aux commissaires administratifs nommés pour remplacer les conseillers municipaux démissionnaires et dont la liste paraît dans un journal gouvernemental.
Le MMM n’est pas plus heureux avec les nominations suivant une restructuration. Vijay Venktatasamy fait savoir qu’il n’est pas d’accord que des non parlementaires, dont Dev Virahsawmy, P. Naiken et le Dr Ram Seegobin, dirigent les commissions mauves nouvellement mises sur pied. La presse gouvernementale fait ressortir que la formation idéologique des militants est confiée à Reynolds Michel.
Pas de question de déception, en revanche, du côté de Walter qui est nommé, par la France, commandeur de la Légion d’Honneur. Notre ministre des Affaires étrangères doit aussi prendre acte de la lettre de rappel de l’ambassadeur états-unien, Samuel Gammon.
Terminons par des messages de Noël. Dayendranath Burrenchobay s’étonnait, dans le sien, de ne pas savoir ce que touche un administrateur de propriété sucrière (voir l’express du 29 décembre 2004). Alain, administrateur de Beau-Champ, lui rappelle, dans le sien, qu’avant d’être G.G. (gouverneur général), il a été, entre autres, directeur du Rose Belle Sugar Estate.
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