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Dompteur de vent
Chez les Chiara, c?est madame qui pédale. Une demi-heure par jour. Pour produire une parcelle de l?électricité qu?ils consomment. Elle, c?est plus pour sa santé, son hygiène de vie qu?elle monte sur la bicyclette électrique bricolée par son mari. Pour rétablir l?équilibre d?une existence sédentaire, d?une vie où elle «n?a pas le temps de marcher ».
«Je me sens bien après.» Silvio aussi. D?origine italienne, cet électromécanicien de formation fait la chasse perpétuelle au gaspillage. Sa voiture, il l?a remisée au garage. Préférant les déplacements sur le cyclomoteur électrique. Et s?il ne trouve pas d?acquéreur pour sa voiture, il projette déjà de la transformer en voiture électrique. «Est-ce que vous éprouvez le besoin de rouler à 120 km/h ?», ironise-t-il. Voilà pourquoi il compte éventuellement bricoler la voiture pour «la faire rouler à 60 km pour faire 80 km».
Tout commence par un défi qu?il se lance à lui-même. «J?ai voulu mesurer comment, avec mes propres forces, ne pas peser dans la balance de l?énergie.» Non. Silvio Chiara est catégorique. Sa motivation n?est pas pécuniaire. «Mon souci est de réduire ma consommation, parce que c?est la seule issue. L?argument financier est exclu parce que les énergies coûtent cher et vont coûter de plus en plus cher.» L?électromécanicien installe alors un raccordement parallèle chez lui, alimenté par deux sources placées sur le toit : une éolienne de dimension modeste ? rien à voir avec les hélices blanches que l?on connaît ? ainsi qu?un panneau photovoltaïque.
Il raconte : «En 2001, j?ai fait une étude. C?est une démarche avant tout personnelle qui a abouti en une requête informelle du ministère des Utilités publiques.» C?est ce qui lui permet de récolter de précieuses données sur les régions exposées au vent, sur l?ensoleillement. En 2006, il installe sa première éolienne à son domicile de Beau-Bassin. Il y a un an, quand Silvio Chiara s?installe à Petit-Raffray, il place sur son toit un panneau photovoltaïque. «Cela me permet de réduire ma facture de 20 à 30 kilowatts/heure par mois et représente environ un tiers de notre consommation.» Ce qui est non négligeable. Avant d?entrer dans les détails d?ordre technique, cet anticonformiste hyper sensible aux questions d?énergie fait partir son défi avant tout d?une saine attitude : halte aux gaspillages.
«Je dîne avec une ampoule de huit watts. C?est suffisant pour voir ce qu?il y a dans mon assiette et converser avec mon épouse. Mais pas pour lire. Pour cela, j?ai une lampe de chevet à dix watts.» Et le voilà qui roule de gros yeux quand il parle de ce voisin qui laisse le néon allumé dehors toute la nuit et même le jour. Pour ce qui est du chauffe-eau solaire, «avant la consommation était d?une bonbonne de 12 kg en 70 jours ; maintenant, c?est 90 jours». Avec son installation, il nourrit aussi son cyclomoteur électrique qui peut le véhiculer sur 30 à 40 km.
Chez les Chiara, on fait aussi attention à l?eau. «Quand vous ouvrez le robinet c?est d?abord l?eau froide qui coule avant qu?elle ne chauffe. On la recueille et on la garde pour autre chose, le jardin par exemple.»
Compétences Techniques</B>
Quand on lui demande combien tout cela lui a coûté, Silvio Chiara est d?une franchise totale. Le chauffe-eau va chercher dans les Rs 17 000. Pour l?éolienne, son plan initial était d?en acheter deux. Mais une seule lui a coûté 1 000 dollars ? 600 pour la turbine et 400 pour le fret, des États-Unis. «Toutes mes ressources financières sont parties là-dedans.» Mais il ne désespère pas. Cet homme qui a l?opportunité de travailler à domicile, a l?avantage de pouvoir surveiller ces installations modulables. Sans compter qu?il possède les compétences techniques.
«Pour les turbines, on vous donne le mode d?emploi, mais il faut savoir le lire», dit-il en faisant un clin d??il. Sur le toit ? qui donne sur la forêt Daruty, Silvio Chiara nous explique que le panneau photovoltaïque produit 240 watts à son pic et la turbine 400 watts à son pic. «Quand j?ai fait ma maison il y a deux ans, j?ai prévu un double circuit.»
Toute l?énergie produite est distribuée à travers des régulateurs qui chargent un banc de six batteries, du genre de celle des voitures. Puis, un convertisseur d?énergie transforme le courant continu des batteries en courant alternatif, qui passe à travers le compteur du Central Electricity Board. «Quand l?installation sera complète, je n?aurais pas à me priver d?un pourcentage d?efficience.»
Et quand madame pédale une demi-heure, elle produit 24 watts/heure. «Il lui faudrait travailler pendant deux heures et demie pour pouvoir regarder la télé pendant une heure», calcule mentalement Silvio Chiara. Ce qui, il l?affirme, se répercute sur le comportement de son épouse. «Maintenant avant d?allumer la télé, elle me demande si elle peut.»
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