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Dolorès laisse six orphelins
Des gouttes de sueur perlent sur le front de Thérésa Lamoureux. Un biberon à la main, elle tente patiemment de faire avaler un peu de lait à sa petite-fille, Chloé, qui somnole sur ses genoux.
La chaleur est insupportable dans la maisonnette de la cité ouvrière de Case- Noyale où Thérésa s?évertue à élever les six enfants de sa défunte fille, Dolorès Dessalles, 35 ans. Le 7 février, cette dernière est morte d?une infection provoquée par une appendicite aiguë, quarante jours après son accouchement par césarienne à l?hôpital Victoria.
Thérésa n?en démord pas, elle voit là une négligence médicale, dans la mesure où sa fille se plaignait d?atroces douleurs depuis qu?elle était rentrée de l?hôpital. Et son état n?a fait qu?empirer les jours suivants.
De graves infections à l?abdomen
« Dolorès a mis Chloé au monde le 28 désam. Ou kone linn gaign sink zanfan normalman avan. Line dir mwa li ti pe gaign so baba bien, mais ki bann la inn koup li. Elle est restée dans le coma pendant deux jours. Puis elle a obtenu sa décharge, le lendemain de son réveil », confie Thérésa.
De retour à la maison, Dolorès disait souffrir horriblement du ventre et des jambes. Mais ses proches mettaient cet état sur le compte de la césarienne. Toutefois, ils l?ont emmenée à l?hôpital de Rivière-Noire où on lui a alors prescrit des médicaments.
Comme Dolorès continuait à souffrir le martyre, une seconde visite à l?hôpital lui a valu une injection. « Kan linn retourne, linn dir mwa, mama kuma dir mone refer ene sezarienn », se souvient Thérésa.
Un mois après son décès, ses proches ne savent toujours pas de quoi elle est morte. Pour corser le tout, ils ne sont pas encore parvenus à déchiffrer la note que leur a remise la police sur les causes de la mort de la jeune femme. « Nu pann gaign sertifika narien, nou pas kone kouma pou fer pou laverite », avoue Wesley Lamoureux, son frère. Ils s?en remettent toutefois à la presse pour essayer de voir plus clair dans ce décès tragique.
L?autopsie de la jeune femme, effectuée par le docteur Abdool Khalick Mohungoo, attribue sa mort à une appendicite ayant entraîné de graves infections au niveau de l?abdomen.
Selon un médecin, on aurait dû se rendre compte de son état de santé au moment de l?accouchement, et lorsqu?elle a été auscultée à l?hôpital de Rivière-Noire. «Peut-être que les médecins se sont concentrés uniquement sur sa césarienne et n?ont pas cherché plus loin les causes de son mal? »
Toutefois, le ministère de la Santé considère qu?il n?y a nullement négligence dans ce cas précis. «La patiente n?était pas comateuse après sa césarienne en date du 28 décembre dernier. Elle n?avait pas d?autres complications non plus. Elle a eu sa décharge le 31 décembre 2004 », fait ressortir son service de presse.
« Le 6 février, elle s?est rendue à l?hôpital de Rivière-Noire. Elle a immédiatement été référée à l?hôpital Victoria par le médecin qui y était affecté. À son arrivée à Candos en ambulance, elle avait déjà rendu l?âme. »
Le ministère soutient également que le rapport d?autopsie ne fait aucun lien avec la césarienne comme cause de la mort.
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