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Diplomate en devenir

6 mai 2006, 00:00

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Bien qu?elle n?ait coiffé sa majorité que depuis cinq ans, la studieuse Bhavna sait pertinemment ce qu?elle attend de la vie. Et elle sait aussi la formuler. Ainsi, dans une quinzaine d?années, elle se voit diplomate de carrière et pourquoi pas ambassadrice de Maurice en terre lointaine. Est-ce un rêve ? Pas du tout. Elle l?entrevoit comme une probabilité : «Disons qu?à 30-35 ans, je pourrais être ambassadrice de Maurice. C?est une probabilité. Mon rêve serait de faire de la politique car ce sujet est au menu quasi-quotidien des discussions familiales après le dîner.»

Et pour arriver à faire son mastère en relations et politique internationales, qu?elle fera suivre d?un doctorat à l?université de Manchester, cette aînée de trois filles du Dr Bhimsen Bhikajee a pris ses dispositions pour s?acquitter personnellement des frais de ses études.

Elle a contracté un emprunt qu?elle entend rembourser en travaillant durant ses heures de liberté. Il faut dire qu?elle a pensé à tout. «Je suis indépendante de nature et je ne me vois pas me fier sur mes parents. Grâce à eux, j?ai pu faire ma licence. Ils doivent maintenant financer mes s?urs qui ont aussi leurs études supérieures à faire. Même si je dois travailler comme serveuse à Manchester durant mes heures de liberté, je le ferai. J?ai fait mes calculs. Comme le salaire sera en livres sterling, je pourrai m?acquitter des remboursements mensuels. Je m?y prendrai de la même façon pour mon doctorat.»

<B>Découvrir la communication</B>

Bhavna n?a pas toujours eu ses orientations aussi clairement définies. En effet, après des études secondaires en sciences jusqu?en Form V au Dunputh Lallah SSS, la jeune fille fait un virage de 360 degrés pour étudier les lettres en Form VI. Un changement de cap qui lui réussit et lui permet de découvrir le monde de la communication. Son père, qui est diplômé d?une université indienne, désire qu?elle fasse sa licence à l?université de Bombay en Inde. Bhavna s?y rend bel et bien mais au final, elle ne s?inscrit pas.

Elle a eu vent de l?éducation délivrée par la DCDM Business School et est intéressée par leurs cours. Une visite des lieux alors qu?elle squatte la cantine qui est à l?époque ouverte au public, et le sens de l?accueil sans pareil d?Odile Charoux, directrice des études au sein de cet établissement, constituent un facteur déterminant dans sa décision finale et elle s?y inscrit pour une licence d?anglais et de communication d?après le programme d?études conçu par l?université d?Afrique du Sud.

Ainsi, pendant trois ans, Bhavna pousse plus loin ses connaissances littéraires au contact notamment de Soraya Sayed-Hassen, directrice du département des Humanités et des Langues et s?initie aussi aux relations publiques, au journalisme et à divers autres aspects et techniques de communication. Si les médias ne s?avèrent pas sa tasse de thé, elle réalise en agissant en tant que media facilitator pour les Jeux des îles de 2003 que la communication verbale et le contact humain sont ce qu?il lui faut.

«J?ai eu beaucoup de plaisir à échanger avec les journalistes des différents pays présents et j?ai adoré mes rencontres avec les officiels des Jeux de toutes les disciplines et ceux de l?organisation. Ce sont des personnes que je n?aurais jamais eu l?occasion de côtoyer dans la vie courante.» Son enthousiasme explique sans doute le prix qu?elle a reçu sur le projet réalisé autour de cette manifestation sportive d?envergure.

<B> «J?ai adoré l?enseignement» </B>

Découvrir des cultures différentes et des modèles politiques autres devient alors sa raison d?être. Ses recherches sur le Net lui permettent de faire une application auprès de l?université de Liverpool pour se spécialiser dans ces filières. Mais quand elle voit que sa jeune s?ur qui s?est classée troisième après les lauréats, cherche à se faire admettre auprès d?universités d?élite, Bhavna l?imite et fait une demande d?admission auprès de l?université de Manchester, classée 53e au niveau mondial. Elle est, bien entendu, acceptée.

Bhavna a aussi une fibre sensible : les enfants maltraités. Ainsi, pendant près d?un an, elle consacre ses dimanches au jeu avec les enfants du Centre d?éducation et de développement pour les enfants mauriciens, fondé par Rita Venkatasamy.

La jeune fille est agréablement surprise quand Odile Charoux lui demande d?effectuer un remplacement en tant que chargé de cours en communication le temps de six mois. «J?ai hésité car je n?avais jamais enseigné de ma vie. Mais après je me suis dit que si Odile Charoux a perçu en moi des capacités à enseigner, c?était sans doute dans mes cordes. J?ai essayé et j?ai adoré l?enseignement.»

Pas au point de l?envisager comme carrière mais comme métier intermédiaire, le temps de se constituer une famille. «Quand j?aurais des enfants, ce sera plutôt l?enseignement qui aura mes faveurs. Et si je suis à Maurice, ce sera définitivement à la DCDM Business School car j?ai apprécié aussi bien les cours que le corps enseignant. Mais avant de me constituer une famille, ce sera définitivement les relations internationales et la diplomatie.»

Bhavna laisse tout de même une porte ouverte aux impondérables. «Je sais, tout cela a l?air extrêmement planifié et que dans la vie, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais ce sont mes projets. Il me tarde de larguer les amarres car les études, c?est la clé de la vie? »

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