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«Moustass Leaks»

Pravind Jugnauth refuse de répondre aux limiers et réclame à nouveau une commission d’enquête

18 septembre 2026, 10:00

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Pravind Jugnauth refuse de répondre aux limiers et réclame à nouveau une commission d’enquête

■ Pravind Jugnauth et Mᵉ Raouf Gulbul au CCID hier. © Kiranchand Sookrah

Il conteste la base des soupçons portés contre lui et affirme avoir déjà demandé la mise sur pied d’une commission présidée par un ancien juge. Pravind Jugnauth s’est présenté hier aux Casernes centrales, à la suite d’une convocation de la police, dans le cadre de l’enquête du Central Crime Investigation Department (CCID) sur l’affaire dite des Moustass Leaks. L’enquête porte notamment sur des soupçons liés à l’approvisionnement, l’achat et l’utilisation présumée d’équipements d’interception de données et de surveillance durant son mandat de Premier ministre (PM). Les enquêteurs cherchent à déterminer qui aurait commandité ces achats, quelles autorisations auraient été accordées et à quelles fins le matériel aurait été utilisé.

Arrivé aux Casernes centrales avec ses hommes de loi, dont Mᵉ Raouf Gulbul, Pravind Jugnauth a été informé des faits faisant l’objet de l’enquête et des soupçons portés contre lui. Il a toutefois choisi de ne pas répondre aux enquêteurs, faisant valoir son droit au silence. Selon sa défense, l’ancien PM conteste la base sur laquelle reposeraient les soupçons et estime que les éléments disponibles ne constitueraient pas une base suffisante pour les justifier. À la demande de la défense, l’interrogatoire a été ajourné à une date ultérieure, en raison de l’indisponibilité de son Senior Counsel.

«Si bann anketer fer zot travay san interferans politik»

Cette audition intervient après une première convocation, le 1ᵉʳ septembre, au cours de laquelle l’interrogatoire avait déjà été reporté à la demande de la défense afin de lui permettre de préparer sa position. À sa sortie des Casernes centrales, Pravind Jugnauth n’a pas souhaité commenter le contenu de son audition. Il a insisté sur le caractère confidentiel de l’exercice et mis en garde contre toute personne qui prétendrait rapporter ce qui s’était dit dans la salle d’interrogatoire.

Mᵉ Raouf Gulbul a, pour sa part, évoqué une amende pouvant atteindre Rs 1 million en cas de divulgation de certaines informations.

Sur le fond, Pravind Jugnauth continue de contester certains éléments qui circulent dans l’espace public. Il a affirmé que certains enregistrements associés aux Moustass Leaks sont des «fabrications» et estime qu’il revient désormais aux enquêteurs d’établir les faits. «Si bann anketer fer zot travay san interferans politik», a-t-il déclaré en substance, ajoutant qu’il attendait de voir comment l’enquête allait évoluer.

La bande sonore liée à Mamy Ravatomanga

Interrogé par la presse sur la bande sonore diffusée lors du congrès du Mouvement socialiste militant à Grand-Bois, le 11 septembre, Pravind Jugnauth s’est montré critique à l’égard de toute conclusion qui pourrait être tirée trop rapidement de cet enregistrement. Cette bande sonore, qu’il a présenté comme un élément lié à l’affaire Mamy Ravatomanga, fait état d’une conversation au cours de laquelle sont évoquées d’importantes sommes d’argent. Son authenticité n’a, à ce stade, pas été établie publiquement de manière indépendante.

«Mo pa kone kouma li kapav fer enn lanket dan enn zour pou dir lor lotantisite de sa band-la», a déclaré Pravind Jugnauth, en réaction aux propos du PM, Navin Ramgoolam, sur cette affaire. Il a également demandé que soit déterminé qui s’était manifesté pour affirmer avoir enregistré les conversations et dans quelles circonstances ces enregistrements auraient été réalisés.

L’ancien PM a par ailleurs établi une distinction entre les Moustass Leaks et la bande sonore apparue récemment dans le dossier Ravatomanga. Il a à ce titre évoqué l’affidavit de Nasser Beekhy et la déposition faite par celui-ci à la Financial Crimes Commission (FCC). Nasser Beekhy s’est présenté à la FCC et a remis aux enquêteurs un affidavit ainsi qu’une clé USB contenant un enregistrement. La FCC doit procéder à ses propres vérifications concernant l’origine et l’authenticité des éléments qui lui ont été transmis.

Pour Pravind Jugnauth, cette démarche constitue une différence avec les enregistrements diffusés anonymement sur les réseaux sociaux: dans ce cas précis, a-t-il affirmé, une personne s’était formellement manifestée et avait transmis des éléments à une institution chargée d’enquêter sur les crimes financiers. Il a néanmoins maintenu que chaque élément doit être vérifié de manière indépendante. «Mo pou gete si bann anketer fer zot travay an tout indepandans», a-t-il déclaré.

C’est dans ce contexte que Pravind Jugnauth a renouvelé sa demande pour la création d’une commission d’enquête sur les Moustass Leaks. «J’avais demandé à mettre une commission d’enquête sur pied, mais le nouveau gouvernement n’a pas donné suite à cette demande», a-t-il déclaré. Selon lui, cette instance, présidée par un ancien juge, permettrait d’examiner les circonstances dans lesquelles les conversations auraient été enregistrées, les personnes à l’origine des enregistrements ainsi que leur éventuelle utilisation.

L’ancien PM a également soulevé une question qu’il considère comme centrale : «Kisannla inn vinn de lavan pou dir inn record sa bann konversasion-la?» Il souhaite ainsi que l’enquête détermine qui a enregistré les conversations, dans quelles conditions et à quelles fins.

«Navin Chandra Agency»

Pravind Jugnauth a enfin abordé la National Crime Agency (NCA), qu’il a qualifiée de «Navin Chandra Agency». Il a indiqué avoir consulté les textes de loi relatifs à cette nouvelle structure et a estimé que certaines dispositions soulèvent, selon lui, des questions «extrêmement dangereuses et graves» pour le pays. Il a évoqué la nécessité d’un examen juridique approfondi des pouvoirs susceptibles d’être exercés dans le domaine de l’interception des communications.

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