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?Diego ? Voyez SSR?, conseille Roy Masson
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?Diego ? Voyez SSR?, conseille Roy Masson
L?ancien ministre britannique de la Défense, Roy Masson, est à Maurice. Il est arrivé le mercredi 16 avril 1980. Il est connu des Mauriciens pour avoir présidé au démantèlement du HMS Mauritius, une base militaire anglaise sur le territoire mauricien (démantèlement décidé en décembre 1974, évacuation en mars 1976 (?)). A la presse mauricienne, l?interrogeant au sujet de l?excision illicite des Chagos du territoire mauricien, il fournit cette curieuse réponse : ?Demandez des éclaircissements au gouvernement mauricien.? Il essaye de justifier sa désinvolture, en expliquant qu?il a perdu tout contact, depuis quatre ou cinq ans, avec les dossiers du ministère anglais de la Défense et qu?il se refuse d?empiéter sur les plates-bandes de son successeur à ce poste. Il estime que le gouvernement mauricien est aussi bien placé que son homologue anglais pour rendre publics les termes de l?accord signé entre Londres et Port-Louis, concernant l?excision (interdite par les Nations unies) des Chagos du territoire mauricien. ?Les dirigeants travaillistes mauriciens ont compris, à l?époque, les termes de l?accord, les ont acceptés et ont ratifié leur agrément en le paraphant?, poursuit Roy Masson. Il promet cependant, de retour à Londres, de transmettre à qui de droit le sentiment d?abandon qui prévaut au sein de la population mauricienne après la fermeture de la base HMS Mauritius, des bureaux mauriciens du British Council et de l?augmentation des frais de scolarité imposés aux étudiants mauriciens dans les universités britanniques.
Roy Masson fait aussi un pressant appel aux autorités sucrières mauriciennes pour que toutes les parties concernées respectent les engagements pris envers le Royaume-Uni et la CEE, en ce qui concerne l?embarquement dans les délais établis du contingent sucrier pour l?année 1979-80. Ces engagements doivent être considérés par les autorités mauriciennes comme la priorité des priorités. Il rappelle que seul un cyclone d?une exceptionnelle intensité peut constituer un cas de force majeure, pouvant justifier un quelconque retard dans l?embarquement d?un contingent sucrier.
Il rappelle, à Highlands, le 18 avril 1980, lors d?une conférence de presse, que le Royaume-Uni n?aurait peut-être pas adhéré au marché commun si l?ancien accord sucrier du Commonwealth n?avait pas été accepté in toto par les autres pays européens, au point de le transformer en Protocole sucre à durée indéterminée. C?est un document inaliénable. Il précise qu?il n?a pas besoin de rappeler l?importance du contingent sucrier mauricien dans cet accord anglo-européen. Maurice ne peut laisser tomber ses défenseurs à Bruxelles. Travaillistes, conservateurs et libéraux pensent de même, à ce sujet, en Grande-Bretagne. Une réduction dans la production sucrière totale de la CEE est nécessaire et doit être faite mais par ceux qui ont créé le surplus, autrement dit les betteraviers européens. La production de sucre de canne n?a pas augmenté. Il faut donc se battre pour une réduction de la production betteravière. Le surplus de sucre de betterave coûte £400 millions par an aux contribuables européens et empêche la CEE de jouer un rôle plus déterminant au sein de l?Accord sucrier international. La Convention de Lomé est sacro-sainte et il ne peut y avoir réduction des quotas des pays ACP. Maurice demande à l?Europe de ne pas la laisser tomber. L?Angleterre dit de même à tous les Mauriciens chargés de la culture de la canne, de la production du sucre et de son chargement à destination des raffineries anglaises. Maurice ne peut laisser tomber ses défenseurs en Europe. Le vrac éliminera les contraintes portuaires et améliorera la productivité de l?économie mauricienne.
Les Mauriciens se préparent à accueillir, à la fin d?avril 1980, M. Richard Luce, sous-secrétaire d?Etat anglais aux Affaires étrangères. Son séjour à Maurice fait partie d?une mission qui le conduira au Kenya, en Somalie et à Maurice.
En 1965, au moment de l?excision des Chagos du territoire mauricien, les travaillistes, menés par Harold Wilson, sont au pouvoir à Londres. Ils sont réélus en mars 1966 mais cèdent le pouvoir aux conservateurs d?Edouard Heath, en juin 1970. Wilson reprend sa revanche en février 1974. Il est remplacé en avril 1976 par James Callaghan. Ce dernier cède le pouvoir à la Dame de Fer, Margaret Thatcher, en mai 1979. Elle dirige le Royaume-Uni jusqu?en novembre 1990, date à laquelle, elle cède la place à John Major. Les législatives du 1er mai 1997 permettent aux travaillistes de reprendre le pouvoir sous le commandement de Tony Blair. Cela fait au total une quinzaine d?années de règne travailliste contre une bonne vingtaine de pouvoir conservateur.
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