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Devoir de cohérence
L?air est moins électrique entre la « Plantation House » et l?hôtel du gouvernement. Si l?on se fie à ce que nous disent aussi bien les représentants du secteur privé que ceux du gouvernement, la guerre froide entre les deux camps n?aura pas lieu. La rencontre ? somme toute très médiatisée ? entre Jacques de Navacelle, le président du « Joint Economic Council » (JEC) et Navin Ramgoolam aura permis de détendre les relations. Les compliments fusent. L?un qualifie l?autre de « charmant ». Ce dernier rend la politesse en remarquant que son interlocuteur « dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ». Un cap est franchi.
Quand le général d?une armée montre explicitement sa volonté de pactiser avec le camp d?en face, ses lieutenants ne peuvent que suivre. Du moins, s?ils craignent et respectent leur chef. C?est donc sans surprise que Rajesh Jeetah, le ministre du Commer-ce et de l?Industrie, a rencontré plusieurs représentants du secteur privé vendredi, dont ceux du JEC, de la « Mauritius Export Association » et de l?association des hôteliers. Dans une ambiance, dit-on, « cordiale ». Cette semaine, un autre ministre rouge, connu pour être un faucon anti-capitaliste, s?est répandu en compliments lors d?une visite d?un établissement privé.
Vendredi, un nouveau signal est venu du Premier ministre. En convoquant un « Fast Track Committee » élargi sur l?investissement ? 14 ministres y étaient convoqués ? Ramgoolam a envoyé un message clair selon nous. Le développement économique, l?investissement, la création d?emplois ne sont pas la seule affaire de quelques ministres au gouvernement. Cela concerne tout le monde.
Nous espérons que certains ministres ont compris que leur lenteur ou le manque d?implication de leurs administrations sur certains dossiers d?investissement peuvent coûter cher au pays. Il ne suffit pas d?être plein de bonne volonté et de s?être assigné pour mission d?aider les « ti di-mounes ». Il faut surtout, au préalable, avoir identifié les différentes maniè-res dont on peut aider le pays et son peuple à produire de la ri-chesse. L?État ne pourra se permettre d?être généreux que si les caisses du Trésor sont pleines. Elles sont encore loin de l?être.
Si toutefois le Premier ministre veut faire claquer le fouet de la discipline et de la cohérence au sein du gouvernement, il faut aussi qu?il le fasse au sein d?autres institutions. Notamment, en mettant fin aux guerres intestines qui minent certains corps parapublics. Où des pachas font la pluie et le beau temps. Croyant que leur protection politique, prétendue ou avérée, excuse leur incompétence, leur manque de vision ou leur propension à tout contrôler. Ramgoolam gagnerait aussi à montrer qu?il « mean business » en prenant des décisions qui ont été jusqu?ici repoussées. Comme faire appliquer ce « Procurement Bill » voté depuis décembre et dont le « Central Procurement Board », le « Procure-ment Policy Office » et l?« Independent Review Panel » n?ont toujours pas été constitués.
Enfin, il s?agit d?en finir avec le malaise qui règne autour de la renégociation entre l?État et les sucriers sur la réforme sucre. Une fois ce dossier rapidement réglé, et de manière dé-passionnée, Ramgoolam et ses minis-tres pourront enfin songer à ce qu?ils feront ensuite des fruits de la croissance. Qui, bénéficiant de ce regain de cohérence dans l?action du gouvernement, ne pourra que se consolider davantage.
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