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Designers : La nouvelle génération
Collégiens, ils étaient émerveillés et surpris par le monde de la pub et de la création. Ils étaient en admiration devant cette part irrationnelle inhérente au design des affiches, des pubs, des produits qu?ils voyaient autour d?eux et sur Internet. Cette aventure artistique a continué à les hanter au point où ils se sont inscrits au Charles Telfair Institute (ex-DCDM).
Une vingtaine de jeunes bouclent en ce moment leur BA Creative Advertising and Design et présentent cette semaine leur portfolio en exposition aux professionnels et au public. Leur mission à présent : émerveiller et surprendre à leur tour. Bienvenue donc dans leur monde dédié à la créativité. Ici à Quatre-Bornes, on imagine l?imaginaire.
Gilliane Soupe est hantée par les images. D?ailleurs, elle voudrait se lancer dans l?audiovisuel. « Ce qui m?attire dans l?univers du design, c?est le côté sportif, créatif, aventurier et émotionnel qu?il renferme », confie-t-elle. L?image faisant partie de notre vie de tous les jours, Gilliane voulait percer son mystère, comprendre son influence sur nous.
Bousculer les codes
Mais il n?y a pas que l?aspect commercial dans le design. Elle a conçu, pour un devoir, une carte de v?u pour Terre de Paix. Ses ingrédients : un papillon mort ramassé par hasard dans la rue, une photo d?enfants heureux prise à Rodrigues lors de ses vacances, une feuille de tôle récupérée d?une poubelle, un fil de fer rouillé? Et voilà qu?elle a fait scanner tout ce bazar, y a ajouté des couleurs chaudes et d?autres effets grâce à Photoshop pour en faire une image. « J?ai voulu dire qu?on n?a pas besoin d?être en BMW pour être heureux, pour connaître le beau. Quand il y a de la chaleur humaine, de la solidarité, du partage, c?est déjà du bonheur », explique-t-elle.
Julien Nallétamby est, quant à lui, plus trash. Sans frein, ni tabou, il a une vision des choses assez décalée. Son travail est enfermé dans une caisse qu?il a lui-même fabriquée. Dedans, des dessins d?une poupée pirate. C?est qu?il adore bousculer les codes. Le magazine qu?il a conçu traduit également sa tendance « brute ». Comme Gilliane, il mélange les genres et les matériels et se retrouve, par exemple, avec des pages marquées de grilles.
Un CD rock qu?il a imaginé et qu?il a surnommé Hot Hot Heat est logé dans un coffret en métal avec un livret paré d??illets? Avec Julien, le contenant devient un objet d?admiration. « Il faut sans cesse faire preuve d?imagination et de création dans ce métier. Mon rêve est de monter une one-stop shop de design. Tous les artistes en photographie, audivisuel, meubles, produits, les paysagistes, etc. se retrouveraient sous un même toit et donneraient au public l?occasion de découvrir le design et d?en faire usage chez eux. »
« Un travail de précision, presque scientifique »
Oliver Oh-Seng nous emballe par sa façon de concevoir les choses. La station-service qu?il a dessinée affiche la tendance écolo. Un crocodile vert et jaune domine dans ses créations : la peinture de la station-service, mais aussi les « promotional items », les cartes de visite, etc. « Le rôle du designer, c?est de faire tout un travail de réflexion, de mettre en place toute une machination pour créer le désir chez l?autre », souligne-t-il.
Pour lui, c?est important de concilier business, éthique et création. Mais ce qui ressort surtout de son travail, c?est cette attirance pour la couleur et le côté festif. La bouteille de Bacardi Breezer qu?il a créée ferait pâlir plus d?un. Il joue, à fond la caisse, l?exotisme avec des silhouettes portant de grands chapeaux mexicains et se dandinant sous les filaos à côté d?un barbecue?
Bhavna Boodhna se dit plutôt crunch. Comprenez par là qu?elle déborde des lignes, qu?elle peut être fantasque aussi, mais elle reste dans les limites. « Je perçois le design comme un travail de précision, presque scientifique. » Dans ce rayon, Bhavna en sait quelque chose puisqu?elle a étudié les sciences en Form VI, et un coup de foudre pour Photoshop l?a amenée à étudier le design en parallèle.
Qu?à cela ne tienne, comme les autres, Bhavna puise son inspiration dans son quotidien, dans le melting-pot de notre île. Sa devise : avancer avec retenue, mais audace. Son rêve : que le design soit vulgarisé, que les gens deviennent sensibles à tout ce bouillonnement qui entoure le monde du design.
Olivier Jacob, parle, quant à lui, avec des silences. « Les images sont plus parlantes que les mots. » On est donc prévenu d?emblée. Rigoureux, il mise sur la clarté et la précision. Pour vendre un appareil respiratoire destiné aux asthmatiques, il ose des images fortes. Une pince sur le nez d?un enfant, un ciseau qui vous coupe la gorge. « J?ai voulu faire passer un message à travers des images de situations inconfortables. » De la pub qui vous secoue, vous bouleverse loin de l?indifférence. C?est ainsi qu?il entend avancer.
Au final, toutes ces créations que nous avons vues ressemblent à ceux qui les inventent, les dessinent, les conçoivent. Comme Gilliane, Olivier, Oliver, Julien et Bhavna, il y en a d?autres qui rêvent d?entrer au panthéon du design. Ils bouillonnent de talents, réinterprètent avec brio et originalité la publicité, les étiquettes, les produits.
Tantôt audacieux, tantôt espiègles, tantôt sages, mais toujours imaginatifs, ils veulent investir la place. Pour saisir l?ampleur de leur créativité, il faudrait aller voir leur « show case » qui a lieu du 11 au 13 juillet dans leur institut à Quatre-Bornes.
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