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Des étudiants mauriciens escroqués à Londres

28 janvier 2005, 20:00

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Une grosse escroquerie a été mise à jour à Londres. Une enquête est en cours à la police londonienne ainsi qu?au Home Office de Londres.

L?affaire concerne de faux documents délivrés à des étudiants mauriciens pour des admissions dans des institutions britanniques. Dans un cas récent, il y a eu la découverte que la signature de l?administrateur d?un établissement a été faussée de même que de faux relevés bancaires, qui s?élèvent à Rs 1 million, ont été trouvés en possession des étudiants.

Certains ont emprunté jusqu?à Rs 300 000 qu?ils ont remis à quelqu?un se disant le directeur d?une agence de voyage. Un dénommé A.S. qui opère dans la région sud de Maurice.

Il a pour habitude d?approcher, et astucieusement, des jeunes désirant se rendre en Angleterre. Ses services comprennent le voyage et l?admission dans les centres d?études à Londres.

Le pot aux roses est découvert lors de l?interpellation, en décembre, d?un étudiant mauricien âgé de 20 ans par le service de l?immigration à l?aéroport de Londres. Il est en possession d?un formulaire d?admission pour Lan Tech Training Centre (LTC College) de Londres. C?est un faux.

Interrogé, cet habitant de la région Nord de Maurice explique qu?il a obtenu le document de A.S. qui recrute des jeunes voulant étudier en Angleterre. Plusieurs, ajoute-t-il, ont reçu les mêmes formulaires d?admission et il affirme ignorer que le sien, portant la signature de l?actuel administrateur de LTC College, était faux.

A l?express qui l?a eu au téléphone hier, il confie : «Mo pena manze me mo pa anvi ki dimoun Moris kone ki pe ariv mwa. Selman mo dir bann zenes fer bien atansion bann eskro.» Comme lui, ils sont plusieurs qui n?osent pas parler de leur mésaventure. Ils ont honte que leurs proches ou leurs amis n?aient vent de leurs conditions de vie horribles.

<B>Obligés de dormir dans des gares</B>

Un autre étudiant mauricien raconte : «Il y a des jeunes compatriotes qui dorment dans des gares ferroviaires car ils sont sans le sou. Ils ont débarqué à Londres en toute naïveté, il y en a qui ne savaient même pas prendre le bus? » Devant cette détresse, un mouvement de solidarité est en place, à Londres, pour venir en aide à ces victimes. Mais jusqu?à quand ?

Dushyant Pandit, directeur de LTC College, joint au téléphone confirme l?escroquerie tout en précisant que son institution n?a aucune connexion avec l?agent recruteur A.S. ou avec son agence de voyage.

Il fait, dit-il, sa connaissance l?année dernière quand il se présente au LTC College accompagné d?un groupe d?étudiants qui cherchent un collège. Toujours selon Dushyant Pandit, A.S. explique que le collège dans lequel ces étudiants doivent être admis a fermé ses portes alors qu?il a déjà payé tous les frais pour ces étudiants.

C?est ainsi que le LTC College admet ces étudiants à son institution pour le même cours. A.S. effectue un petit dépôt d?argent pour que le groupe puisse commencer les cours. Il promet de faire un transfert bancaire aussitôt rentré à Maurice.

C?est à partir de là que les étudiants commencent à le soupçonner. Et leur méfiance s?avère fondée. Leurs frais de scolarité ne seront pas payés comme promis. En août 2004, A. S. effectue deux transferts bancaires avant d?en annuler un. Il brandit celui qui est validé comme la preuve qu?il a bien réglé tous leurs frais scolaires. Ce qui n?est pas vrai. Certains étudiants n?ont alors pas d?autre choix que de rentrer au pays.

<B>Mise en garde britannique</B>

Le directeur du LTC College dit n?avoir jamais revu A. S. «Il a envoyé des courriers électroniques pour nous informer qu?il y a des étudiants qui désirent étudier dans notre collège. Pour soutenir sa demande, il a même envoyé des formulaires d?inscription.»

De son côté, A.S. nie connaître l?étudiant qui a été interpellé par la police londonienne ou lui avoir remis un formulaire d?admission. Pour sa part, le LTC campe sur sa position : aucun formulaire ne sera délivré aussi longtemps que tous les frais ne sont pas payés.

La haute-commissariat britannique à Maurice a déclaré, à travers son responsable des relations publiques, Jenny Sylva, ne pas être au courant de ce cas précis. Mais le service, dit-elle, est au courant des agissements de certains agents peu scrupuleux qui encouragent des étudiants à se rendre en Angleterre avec des faux documents.

«Le service a déjà émis un communiqué pour mettre en garde des étudiants et leur demander de passer par la filière normale, c?est-à-dire le service du consulat du haute-commissariat britannique pour l?obtention du visa. Il est aussi impératif que ceux qui se rendent en Angleterre aient suffisamment d?argent car le coût de la vie est très cher.»

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