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Des échanges diminués de moitié
Entre 2003 et 2004, la valeur globale des échanges commerciaux entre les Comores et la France est descendue de 44 à 25 millions d’euros. A peine de quoi bâtir deux petits lycées dans notre île. Si les exportations françaises vers l’Union des Comores ont diminué de plus de 33 %, les exportations comoriennes vers la France ont plongé de près de 62 %.
Des clopinettes, ou presque. C’est du moins ce que murmurent les macro-économistes à l’heure d’évaluer l’importance du marché comorien pour la France. Les échanges commerciaux entre nos deux pays ont même carrément diminué presque de moitié entre 2003 et 2004. Leur valeur globale est passée de 44,47 millions d’euros en 2003 à 25,37 millions d’euros en 2004, une somme qui ne permettrait même pas de construire deux petits lycées dans notre île. En un an, la valeur globale de ces échanges a chuté de 42,9 %.
Les exportations françaises aux Comores ont ainsi baissé de 33,5 %, pour atteindre près de 20 millions d’euros ; dans le même laps de temps, les importations françaises de produits Comoriens ont plongé de 61 %, pour une valeur de moins de 6 millions d’euros. Aussi mesquin puisse-t-il paraître, le contexte des échanges commerciaux s’avère donc nettement favorable pour la France, avec un solde positif de 14,6 millions d’euros. Ce solde a néanmoins accusé une légère baisse de 4,7 % entre 2003 et 2004.
<B>La vanille, principal produit d’exportation </B>
Selon la Mission économique française installée à l’ambassade de France à Maurice, “les Comores régressent de la 143e à la 147e place au classement des clients de la France, immédiatement derrière la Mongolie et le Paraguay, mais devant l’Albanie et Saint-Pierre et Miquelon” – à titre de comparaison, la population de cette Collectivité territoriale française ne compte que 6 300 âmes contre approximativement 600 000 habitants pour l’Union des Comores ! Au classement des fournisseurs de la France, “les Comores chutent en passant de la 137e à la 163e position, tout de suite après le Malawi, le Groenland et les Terres Australes Françaises, mais avant le Salvador et les Bermudes”, souligne la fiche de synthèse publiée le 14 juin dernier par la Mission économique.
Affinant son analyse sur le plan géographique, celle-ci remarque encore que parmi les pays de l’Afrique subsaharienne, les Comores se retrouvent en 2004 au 36e rang des fournisseurs et au 33e rang des clients de la France dans cette partie du continent. C’est dire l’étroitesse de ce marché.
Côté comorien, l’examen des chiffres des exportations vers la France a quelque chose d’affolant : désignée pourtant comme un “partenaire commercial privilégié”, puisqu’elle absorbait encore 62 % des exportations comoriennes en 2002, la France a divisé par plus de deux ses importations entre 2003 et 2004. Au total, l’année dernière, les Français ont acheté pour seulement 5,6 millions d’euros de marchandises aux Comoriens.
Un recul de 61,8 % en regard aux chiffres de l’année 2003. Le principal produit d’exportation reste la vanille. En 2003, les Comores nous vendaient pour 12,08 millions d’euros de gousses… En 2004, les recettes comoriennes ne dépassaient plus les 3,23 millions d’euros, soit une régression de 73 %;
<B>Des prévisions pessimistes </B>
Encore classée en 2003 au 137e rang des fournisseurs de la France, tous produits confondus, les Comores sont descendues en 2004 à la 163e place. “L’existence de stocks invendus de vanille de la campagne 2004 et l’arrivée sur le marché de la production de la campagne 2005, alors que les cours mondiaux sont extrêmement bas, ne permettent pas d’envisager une augmentation significative de la valeur des exportations comoriennes en 2005”, conclut la Mission économique française.
Ces statistiques et les prévisions qui les accompagnent ont de quoi faire dresser les cheveux sur les têtes des planteurs de vanille du Nioumakele anjouanais comme sur celles des gros collecteurs de Mutsamudu, en passant par les chauffeurs des 404 bâchées qui, à l’heure de la récolte, sillonnent habituellement les routes de la Grande Comore.
<B>Pascal NEAU</B>
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