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Des vols en série troublent le calme de Montagne-Ory

17 juin 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Des simples couverts, ils sont passés aux voitures. A Eurêka, Moka, le sentiment d?insécurité règne. Les chiens n?effraient plus, les systèmes d?alarme non plus. Des cambrioleurs se sont invités chez plusieurs habitants du quartier depuis le début de l?année, accumulant, au fil de leurs effractions, un butin de Rs 1 million. Certains pensent que ces vols sont imputables à un gang qui opère dans la région. La dernière ?victime? en date : la maison créole Eurêka elle-même. L?enquête de la Criminal Investigation Division (CID) de Moka n?a jusqu?ici abouti à aucun résultat.

C?est la quatrième fois cette année qu?Eurêka reçoit des visiteurs indésirables. Avec un flagrant manque de respect pour le patrimoine que cette maison représente, les intrus ont, mercredi, fait main basse sur divers articles artisanaux s?y trouvant. Sans doute parce qu?il s?agit là d?articles qui peuvent être écoulés facilement sur le marché.

Le cambriolage le plus audacieux de la série a toutefois été perpétré au domicile d?un directeur de compa-gnie privée. Cela, alors que ses proches et lui-même étaient absents. Les malfaiteurs sont entrés par effraction et ont emporté, entre autres, divers articles électroménagers avant de repartir dans le véhicule utilitaire du propriétaire qui était garé dans la cour. Le véhicule a été retrouvé par la suite. Mais il avait préalablement été dépouillé de toutes ses pièces.

?Des cannettes de bière dans l?allée?

Au retour de la victime, c?est la stupéfaction. Antivols sciés, désordre indescriptible, maison quasiment vidée? Les intrus étaient déterminés à tout emporter. La tentative de prendre une limousine dans le garage a toutefois échoué.

Une autre personne ayant fait les frais de ces visites incongrues est, elle, pessimiste. Les voleurs, dit-elle, vont encore sévir. Outre des articles de valeur volés chez elle, plusieurs articles ayant, eux, une valeur plus sentimentale (montre en or, couverts et une bague en or avec l?inscription ?Toujours Fidèle?) sont introuvables.

Un des résidents de cette allée depuis maintenant plusieurs années déclare que cette situation est récente. Pour lui, tous ces événements découlent des ?activités? qui ont lieu dans le coin depuis peu. Des ?activités? qui, dit-il, attirent des inconnus.

Auparavant, poursuit-il, les gens vivaient en toute quiétude dans le quartier. ?C?était une communauté, même plus, une vraie famille. Car il n?y avait aucune obligation pour ériger une clôture entre les maisons. Cet environnement a toujours été préservé par les résidents. Mais maintenant, au réveil le matin, on peut voir des cannettes de bière et des bouteilles en plastique qui traînent dans cette allée.?

Visite de reconnaissance

Pour d?autres personnes du quartier, un gang bien organisé opère dans la région. Et certains individus qui flânent le long de cette route privée effectuent, en ce faisant, une visite de reconnaissance. Cela, ils en sont sûrs, afin de repasser après.

Les voleurs opèrent en toute impunité. Des chiens ont été empoisonnés récemment. Et certaines maisons équipées d?un système d?alarme n?ont même pas été épargnées. A chaque fois qu?il y a un incident, la police est alertée. Mais les avis sont partagés sur l?intervention de la police. Certains estiment qu?une patrouille régulière aurait un effet probant pour assainir la situation. D?autres déclarent, en revanche, que la police fait son travail, mais qu?elle n?est pas équipée.

Au district headquarters de Moka, on est formel : la police fait son travail. Elle répond dans les plus brefs délais aux différentes requêtes. Dans chaque cas rapporté une enquête a été initiée. Des éléments du Scene of Crime Office et du Forensic Science Laboratory sont mandés sur les lieux de cambriolage pour collecter des indices et faire des prélèvements. La CID continue son enquête.

En attendant, le syndicat des propriétaires des maisons du quartier ne baissent pas les bras. L?idée de placer un vigile à l?entrée de cette route, déjà évoquée en 2004, pourrait de nouveau être considérée. Cette présence pourrait avoir un effet dissuasif. Et la possibilité de faire appel à un homme de loi n?est pas écartée. Cela, pour s?assurer que leurs droits sont respectés.

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