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Des vents de 120 km/h attendus ce matin
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Des vents de 120 km/h attendus ce matin
«LES cyclones sont-ils violents chez vous ?» demande Thierry Bagot qui craint pour ses premières vacances à Maurice qui s?achèvent lundi. Si ce touriste parisien a vu pire ? il était à Phuket en décembre 2004 lors du tsunami ? il reste quand même sur ses gardes.
Marlène Michel, touriste marseillaise rencontrée sur la plage de Mon Choisy, explique, elle, que le cyclone ne la gêne pas beaucoup. «C?est bien comme ça, ça diminue la chaleur !» Puisqu?elle en est à sa dixième visite chez nous, elle connaît les précautions à prendre et s?est ravitaillée en eau et en bougies.
La plage de Poste-Lafayette a, elle, pris des allures de Gris-Gris. Baby Bekail s?est déplacé de Grand-Gaube pour admirer le spectacle en compagnie de son épouse, ses enfants et sa maman. «C?est vraiment extraordinaire», lâche-t-elle. Le spectacle fait moins plaisir aux cyclistes et motocyclistes, à la hauteur du lieu de mémoire de la tragédie en mer de juillet 1964, où la mer n?a pas voulu s?arrêter sur la plage, mais a inondé les filaos et la route, la rendant à la limite de l?impraticable.
Loin de s?émerveiller du spectacle, Elisa Isidore, une habitante de Poste-Lafayette, réfléchit sérieusement à trouver refuge ailleurs. «Mo per ki mo lacaz pa tini.» La solution serait le centre communautaire de Poste-de- Flacq. «Me li loin», confie-t-elle. En attendant, avec l?aide de son voisin, elle installe un prélart sur sa petite maison en tôle pour parer aux averses.
Premnath Poorun, un habitant de Poste-de-Flacq, a, lui, gardé une frayeur des cyclones. Il y a une trentaine d?années, sa maison en tôle avait été rasée par Gervaise. Depuis, il a remplacé la tôle par du béton. «Mo lacaz solid aster. Me mem sa mo ti prefer siclonn pa vinn ditou.» Quoi qu?il advienne, il entend s?assurer cette fois-ci que sa famille ne manque de rien. Au Deluxe Supermarket, il fait le plein de bougies, allumettes, poulet, farine, piles pour les torches?
<B>Mariage par temps de cyclone ? </B>
« Nu pe prepar nou me pou le moment pena narien, la pli mem pa pe tombe. Ena nek divan.» Constat d?une habitante du Sud, Surekha Lutchmun, alors que le pays était en alerte II hier. Mais c?était sans compter une intensification du cyclone Gamede.
Du coup, aux alentours des plages, les pêcheurs ont déjà amarré leurs embarcations. «Pa kone komye zour nou pa pou travay la. La mer move terib sirtout depi gramatin», explique Rajen Channoo, pêcheur.
A Pointe-aux-Feuilles, chez Beeptee Sookur, âgée de 81 ans, vit seule dans une maison en tôle et en bois à quelques pas de la mer. «Mem syklonn mo pa kit mo lakaz, kot mo pou ale ? Bann centre la tro loin. Parfwa mo pense vo mie syklonn pran mwa ale.»
Dans les boutiques et supermarchés, c?était déjà l?affluence hier après-midi. «Kouma inn dir pou met klas III, bann dimoun kumens vinn rod la bouzi, zalimet, la farin», raconte Soubash Bostom, boutiquier.
Un mariage par temps cyclonique ? Chez les Jaddoo à La Flora, l?inquiétude est de mise. Aarti Jaddoo doit se marier dimanche et toute la famille est dans l?incertitude. «Si dimans classe III mem, nou pou fer mariaz lindi», confie Rakesh, le frère de la mariée.
Mais la mariée garde le moral. «Syklonn pa syklonn, mo pou marie», lance-t-elle, déterminée, sous le regard inquiet de son frère.
Au centre social de Grand-Bois, tout est fin prêt pour accueillir des habitants qui y trouveront refuge.
Les plus heureux sont les enfants qui ont profité d?une journée de congé forcé pour une partie de foot ou une petite balade à vélo. L?annonce de l?alerte II a été accueillie avec beaucoup de joie par Tracy David. Pas d?école hier et les grosses vagues sur la plage de Grand-Gaube lui permettront quelques heures de surf avec les cousins. «On vient à la plage quasiment tous les jours, mais aujourd?hui avec ces vagues, c?est beaucoup plus fun.» Mais une fois l?alerte III passée dans l?après-midi d?hier, il a fallu rentrer au bercail...
<B>Sauver les légumes tant qu?il est encore temps</B>
Qui dit cyclone, dit consolidation des maisons et achats de dernière heure. Mais pour les planteurs, l?heure est à la récolte avant que les légumes soient abîmés par le passage de Gamede.
Gyan Askoorum fait partie de ceux-là. Il a passé deux heures à récolter les légumes tout en faisant le va-et-vient entre ses champs à Mare- Longue et Bonne-Terre. Avec réalisme, il explique que ses semences de concombres sont déjà perdues, que ses haricots ont pourri et que tout est à recommencer.
Aujourd?hui il espère simplement que le temps lui permettra d?aller à la foire de Quatre-Bornes afin de vendre les légumes qu?il a pu sauver. Les seuls ayant survécu sont les chou-chou.
«La se dan de semen ki nu pu mank legim pars ki nu pu gagne rapor zis apre enn semen soleil. Enn bann zafer couma cotomili ek leti deja inn fini aret gagne», explique-t-il. Ce planteur estime que 75 % à 80 % de sa plantation sont ruinés.
L?Agricultural Research Extension Unit s?apprête déjà, elle, à mettre en route les procédures habituelles. «Dès que les avertissements de cyclone seront enlevés, nous ferons un constat sur le terrain. Nous pourrons alors décider du plan à mettre en place pour rétablir la production», explique Ramesh Rajcumar, l?assistant directeur.
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