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Des ?uvres en perte de vitesse
Une ?uvre penchée sur le fantastique. Ecrasant des maux de la société sous les coups de pinceau. L?artiste cède libre court à ses appréhensions. Le point d?interrogation se pose : Où va-t-on ? Tel est le thème de cette exposition de Vijayluxmi Beeharry-Panray. Un appel à l?humain. Un cri à la société.
?C?est du postmodernisme?, confie l?artiste. Pour faire plus simple, Vijayluxmi Beeharry-Panray propose une série de toiles qui se dépeignent dans une liberté absolue. Il se dégage de ces travaux un style résolument moderne mais loin des règles. Quand la peintre expose ses vues sur la dégradation de la société, sur la toile, le résultat déroute.
Créer son propre univers
?Ce qui m?a poussé vers cette exposition, c?est quand j?ai assisté à la Biennale en Australie en 2000. J?y ai vu des gens avec zot prop identité culturelle. Zot inn vini pou montre zot ban performans a bann lezot dimounn?. C?était des Cambodgiens, venus faire une démonstration de danse de leur pays. ?Zot ti pe pile, danse lor dife. C?est ça qu?on appelle body art !? Eblouie. C?est dans ce pays qu?elle a appris à libérer son identité culturelle.
Où va-t-on ? mettra en lumière une technique d?art moderne rarement privilégiée : l?installation. En sus de tableaux, l?artiste ose se créer son propre univers dans un espace. Elle fait du volume environnant, une ?uvre d?art. L?artiste va même jusqu?à entreposer des sculptures ça et là.
Certaines d?entre elles sont assez sombres. Vijayluxmi Beeharry-Panray s?adonne à jouer entre les mailles du mystère. Comme cette toile en acrylique, saupoudrée d?une fine couche de brillance. L?artiste y glisse de multiples planètes qui se succèdent.
Ou encore ce saisissant travail de cette femme à la silhouette effilée et bleutée. Cette forme efféminée jette comme une sorte de voile sur cette ville. Une ville qui respire dans un monde sombre et qui semble être envoûtée. Des gratte-ciel se dressent dans diverses teintes mauves et orangées. Le point d?attraction vient de ces deux tours. Cette toile renvoie tant de mystère qu?il finit par troubler le regardeur. C?est une certaine fascination aussi qui l?assaille. L??uvre cultive la curiosité.
De ses maux de société l?on retiendra quelques-uns les plus frappants. Une population qui brûle ses arbres. Insouciante et rebelle. Ivre parfois d?alcool et de mauvais comportement. L?artiste n?hésite pas à entreposer des contrastes poignants face à ce monde en décadence.
Voguant entre réalisme et surréalisme, il existe encore des abstraits. Celui qui nous touche au plus profond, c?est ce tableau confus. Le rouge et le noir témoignent de toute la panique et de la détresse de l?artiste. Ce sont des multiples lignes qui s?entrecroisent et s?entrelacent dans une urgence. Nous y percevons de la souffrance. Vijayluxmi gifle.
La première exposition en solo de Vijayluxmi promet. L?education officer de la Mahatma Gandhi Institute en est à sa troisième année de doctorat en Beaux-Arts à Bangalore. Son travail mérite le détour. Car quand un artiste laisse éclater ses préoccupations sociales, un moment d?arrêt s?impose.
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